Wonderful

Vous avez peut-être entendu parlé de la collection 10 ans 10 euros lancé par les éditions Bragelonne pour leur 10 ans. Bref, j’en ai acheté un certain nombre et Wonderful a été mon tout premier. Je suis tombée en exaltation devant la couverture que j’ai trouvé très jolie avec cette belle lune rappelant celle de Méliès ( et il est de fait maintenant fort connu que quand une couverture est jolie, le livre fini immanquablement dans le panier, manque plus que le résumé soit aguicheur ou que j’aime particulièrement l’auteur et là je fais des petits bons sur place, mais bon passons …).

Wonderful, donc, un titre plutôt original pour un livre qui traite de la fin du monde (petit rappel pour les non anglicistes s’il y en a dans la salle, wonderful ça veut dire magnifique, excellent), bref c’est un mot qu’on utilise quand on est super content, donc à première vu un peu hors texte pour le sujet, non ?

Notre histoire débute à Londres où un gentil animateur de Blue Fm nous souhaite une bonne journée, et indique que le ciel ne nous est pas encore tombé sur la tête, et ça c’est cool, voyez-vous, car loin d’ être une jolie forme littéraire, le ciel menace réellement de tomber sur la tête des habitants de la Terre, littéralement, car le petit astre lunaire part en morceaux, morceaux qui pour l’instant tiennent encore, mais pour combien de temps?

La Reine et la famille royale ayant quitté le navire, les londoniens se sont accaparés leur ville, recréant la géographie et les quartiers: nous avons donc des quartiers, qui à première vue paressent normaux, un quartier victorien où les habitants vivent comme au XIX ème siècle, avec grandes robes et tout le tralàlà et ont même une Reine, digne descendante de la Reine Victoria. Il y a même un quartier de colons où les heureux élus vivent comme à la grande époque où l’Angleterre colonisait le monde, un autre où les fées ont pris le pouvoir sous l’autorité de la reine Mab,  il y a aussi un Roi de Londres, une ville souterraine que peuplent des taupes humaines et un marathon de danse qui se prépare sur Trafalgar Square, où une bande d’infatigables se prépare à bouger les fesses jusqu’au dernier instant.

C’est dans ce contexte légèrement perturbant que nous faisons la connaissance du docteur Loom, qui porte bien son nom, puisqu’amis anglicistes ou pas, loom signifie menacer, être imminent, bien plus en rapport avec notre fin du monde qui approche à grands pas que le titre figurant sur la couverture. Notre cher docteur s’efforce donc de rassurer et sauver des vies pendant les quelques jours qui lui restent à arpenter la terre ferme. Il se retrouve par hasard sur les traces d’un mystérieux film qui intéresse beaucoup de monde, sans que personne ne sache exactement ce qu’il y a dessus. Une vraie chasse au trésor à travers Londres où notre ami Loom va se faire pas mal d’amis et d’ennemis et le mener sur les traces de nos voisines du système solaire.

Avec Wonderful, nous pénétrons dans un labyrinthe verbal, un lieu étrange où des planètes humanisées complotent un noir dessein. L’intrigue est rythmée par la voix de l’animateur de Blue FM, personnage désincarné qui guide le lecteur entre les pages, lui confiant la problématique du récit, lui soufflant les secrets de l’univers. J’ai trouvé que par bien des aspects, Wonderful me faisait pensé à Neverwhere de Gaiman (notamment les deux détectives Jetsam et Floatsam qui ressemblent étonnamment à Croup et Vandemar), mais côpine AcrO m’a ensuite glissée dans l’oreillette que Calvo en aurait fait un hommage à l’univers de Gaiman.

J’avoue qu’au début je n’ai pas trop su par quel bout prendre ce roman de David Calvo, tant son univers est déconcertant, et j’ irai même jusqu’à dire bizarre. Le lecteur est volontairement dérouté, paumé et devient en quelque sorte aussi lunatique que les londoniens: on ne sait pas trop ce qui se passe, mais après tout on s’en fou, continuons à lire et à découvrir l’histoire, et en plus c’est bien écrit pour ne rien gâcher, donc savourons ;). Pour ceux qui auraient peur, sachez toutefois que cette histoire tient tout à fait la route finalement et présente une fin du monde poétique, festive et joyeuse sur fond de musique, de danse et d’enquête, investigation très bien menée d’où on n’a qu’une envie, celle de savoir le dernier mot.

Wonderful, David Calvo, éditions Bragelonne, 2010

Cette lecture a été réalisée dans le cadre d’une lecture commune avec Lhisbei, grande investigatrice de cette LC, AcrO, qu’on ne présente plus ;), Cachou et Gaëtanallons voir ce qu’ils en ont pensé …

À propos de Laure

Etudiante en métiers du Livre à la recherche d'un poste en bibliothèque à partir de septembre 2012. Amoureuse des beaux livres et des belles images. Adepte des littératures de l'imaginaire et de la littérature jeunesse.Signe particulier ? Possède un chat garou et est secrètement amoureuse du Docteur et de Neil Gaiman.

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11 réponses à Wonderful

  1. C’est vrai que le roman est déconcertant (et ce jusqu’au bout, mais on l’apprivoise petit à petit). J’ai pourtant beaucoup aimé cette sorte de valse planétaire ;)

  2. Je l’ai acheté quand j’ai vu qu’Acr0 aimait bien. Je note qu’il faut que je le lise sans trop chercher à comprendre, en me laissant embarquer ^^
    Par contre comme tu le mentionnes, la références à Neverwhere fait que j’attendrai un peu avant de le lire, vu que la lecture de l’autre est trop récente ;)

  3. Comme toi, pendant un bon moment, je n’ai pas su par quel bout prendre ce roman et je me suis aussi laissé porter … ;)
    chouette expérience de lecture en tout cas (et s’il n’y avait pas eu une lecture commune j’aurais abandonné je pense…)

  4. Ah ça a l’air bien ! Non j’ai pas vu cette collection… on l’a trouve en librairie ?? j’ai pas vu ça !! *se mouche*

  5. « mais côpine AcrO m’a ensuite glissée dans l’oreillette que Calvo en aurait fait un hommage à l’univers de Gaiman. »

    Oh, je ne savais pas! Dis donc, je ne l’en aime que plus ce roman (et cet auteur!).

  6. Ca me rassure quand même de voir que même si on a apprécié ou pas le roman, le début est difficile pour tout le monde :D. C’est dommage d’ailleurs, certains lecteur risquent de ne pas continuer alors qu’ils auraient pu apprécier le roman (ou pas).

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