Londres, 1838. Victoria vient d’être couronnée Reine et apprend par la même occasion que les Démons et les monstres existent, et qu’ils envahissent peu à peu le Royaume. Aidée de Lord Melbourne, Premier Ministre et conseillé et de Maggie Brown, dirigeante du Protektorat, elle va tout apprendre de ces créatures terrifiantes n’ayant qu’un seul but : celui de répendre le Mal et la Désolation à travers le monde.
Je connaissais un peu la jeunesse de Victoria pour avoir vu le film Victoria : les jeunes années d’une Reine. Heureuse de ma connaissance approfondie du sujet, je me suis donc jetée tête baissée dans le présent livre qui retrace une activité jusqu’alors insoupçonnée de la Souveraine : celle de chasseuse de Démons, loups-garous, succubes et autres joyeusetés.
C’est trash, visuellement décadent. C’est gore et dégoûtant. C’est glauque et jubilatoire. C’est une succession de meurtres, de bruits de succions, de lambeaux de chairs déchiquetées et de viande humaine digérée. Et vous savez quoi ? Et bien j’ai adoré ça ! Dés l’instant où la jeune Reine se retrouve nez-à nez avec une succube dans sa chambre, nous sommes pris dans les rouages de cette histoire complètement décalée, entraîné par l’humour noir très très noir omniprésent.
Deux histoires se croisent dans ce roman : celle bien entendue de Victoria, de son règne et de son histoire d’amour avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (et de son combat de tous les jours pour débarrasser le monde de la vile vermine) et celle de Lord Quimby, une espèce de savant fou pas vraiment méchant qui tente de redonner vie aux morts. Le problème, c’est qu’une fois revenu à la vie, les zombies n’ont plus qu’un but : manger de la chair humaine ! Son serviteur, Perkins, en fait d’ailleurs les frais. Dévoré, puis ramené à la vie par Quimby, cet incroyable duo nous offre des répliques et des faits incroyablement loufoques plongeant allégresse et bonne humeur dans cet étrange roman.
Même si comme moi la seule évocation d’un zombie vous fait tourner de l’oeil, si l’invasion de la Terre par une armée de morts vivants vous laisse indifférent, ce livre vous fera tout de même certainement passer un très bon moment. Le style est fluide et agréable, l’intrigue est plutôt bien construite et on se surprend à s’attacher à un zombie (sisisisi !) … God save the Queen !
Victoria Reine et Tueuse de Démons, A. E. Moorat, éditions Eclipse, 2011



