Je suis les travaux d’Agata Kawa depuis près de deux ans . Découverte un jour par le plus grand des hasards en tombant sur sa page myspace, j’ai de suite été subjuguée par son style et son talent. Cela faisait de longs mois que j’attendais avec impatience la sortie de son premier livre illustré et chaque révélation d’image sur son blog ne faisaient que confirmer quelque chose dont je me doutais déjà, que ce livre serait quelque chose de magnifique et de magique.
J’ai le précieux en main depuis mardi et je ne vous décris pas le grand sourire affiché lorsque je suis tombée sur la pile à la librairie . C’était Noël avant l’heure et je n’avais plus qu’une hâte, rentrer pour pouvoir dévorer cette sucrerie correctement …
Première impression : très belle couverture, le médaillon renfermant le couple atypique est bordé d’or , sur fond d’un rouge – bordeaux uni rappelant les vieux ouvrages de début de siècle et le dos est mise en valeur par de petits éléments en relief . La double page d’avant garde est très original : elle est en effet illustrée d’un emboitement reprenant la jeune fille et le tigre répété sur les deux pages à la façon d’une frise. On y retrouve les tons de couleurs chers à Agata, un mélange de couleurs passées que l’on retrouve dans bons nombres de ses illustrations.
Passons maintenant à l’ histoire avant de se replonger dans les images d’Agata : Tigre le Dévoué est une traduction en langue moderne d’un texte écrit en chinois classique par Shen Qifeng au XVIII ème siècle. Après la mort tragique de son père, Xiaoying, sa fille, fait voeu d’épouser celui qui le vengera. Son souhait est réalisé par un tigre et la jeune fille choisit d’honorer sa promesse contre l’avis de sa mère. S’en suit une étrange relation où l’animal révéle des sentiments humains, une sorte de Belle et la Bête à la sauce asiatique où les bêtes ne sont pas forcément ceux que l’on croit.
Que dire des illustrations de Dame Agatha, sinon qu’elles se révélent uniques et éblouissantes de beauté ? Elle a sû aposer sa patte, son style, tout en respectant la tradition chinoise. On retrouve dans les quatorze illustrations son univers, imprégnié d’ un mélange d’ « Old Fairy Tales » et d’Art Nouveau. Elles font penser aux images de Dulac, Rakham ou Bilibine, c’est beau, très beau même . Chacune d’entre-elles est minutieusement travaillé, révélant moultes détails et dégagent un bonheur paisible ou une douce tristesse au rythme des événements de l’histoire…
Un premier album vraiment très réussi qui ne donne qu’une envie, se plonger dans une prochaine production d’Agata, qui j’ai ouïe dire devrait paraître à la fin de l’année …
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© Toutes les images Copyright Agata Kawa



