

Au coeur du domaine de Septenaigue à l’est de l’Irlande grandit une fratrie de sept frères et soeur. Sorcha, la petite dernière a été élevée par ses grands frères depuis la mort de sa mère advenue peu après sa naissance. Leur père, Lord Colum, est un puissant chef de domaine, qui n’a de cesse de partir en campagne militaire contre les Britons.
Ils sont tous les sept très proches, ressentent leurs sentiments mutuels et peuvent parfois entendre leurs pensées. Mais leur petit vie tranquille change du tout au tout le jour où Lord Colum revient avec une fiancée. Cette femme semble manipuler leur père, prenant peu à peu les rênes du domaine de Septenaigue … puis la malédiction tombe, affreuse, cruelle: la sorcière change les six frères en cygnes, abandonnant Sorcha seule à son sort.
La jeune fille demande alors de l’aide au Peuple des Fées, la Reine lui confirme qu’elle peut sauver ses frères, mais que cela a un prix: Sorcha devra tisser et coudre six chemises en fleur d’étoile, jolie fleur en forme d’étoile d’un vert pâle délicat, mais dont les tiges et les feuilles renferment un douloureux poison. Ce travail devra être fait dans le mutisme le plus total, malgré la douleur, malgré le chagrin, malgré la peur, car si l’enfant venait à prononcer un seul son, alors ses frères seraient perdus pour toujours, condamnés à vivre à jamais sous l’apparence d’un cygne.
Cette longue quête va durer des mois, des saisons, des années. Un travail laborieux rythmé par les Solstices, car durant ces deux nuits, les quelques heures séparant le soir de l’aube verront les six frères reprendre forme humaine, le temps d’échanger quelques gestes, de passer quelques heures heureuses.
Le chemin de la jeune irlandaise croise un jour le chemin de Red, jeune Seigneur Briton. Celui-ci l’emmène loin de ses frères, loin de sa patrie, de l’autre côté de la mer. Mais là encore, elle doit se taire, continuer à travailler dans le silence, jusqu’à ce qu’un jour, peut-être elle réussisse sa mission…
Vous l’aurez sans doute reconnu, Juliet Marillier s’est fortement inspirée du conte les cygnes sauvages d’ Andersen et des frères Grimm. L’auteure nous offre un magnifique voyage en terre d’ Eire, en un temps où les attaques des envahisseurs rythmaient les saisons, où la Foi Catholique prenait peu à peu le pas sur la vieille religion, où le Peuple des Fées faisait encore parti intégrante de la vie courante des hommes, les manipulant, les enlevant parfois dans leur monde pour les relâcher quelques années plus tard.
J’ai trouvé le récit très beau, très poétique, le seul point noir étant la sensation de fin bâclée, comme si une fois les frères libérés de leur sort, l’auteur ne savait plus trop quoi écrire. Néanmoins Soeur des Cygnes reste une très belle histoire que j’ai vraiment apprécié, savourant chaque phrase, trépignant de savoir la suite à chaque fois que je devais lâcher le livre.
Soeur des cygnes, tomes 1 et 2, Juliet Marillier, éditions L’ Atalante



