La funeste nuit d’Ernest, Ouki et le mystère de la nuit, Généalogie d’une sorcière et dernièrement Le journal de Peter, autant de titres lus et relus, qui m’ont fait voyager, rêver. Sébastien Perez nous fait pénétrer dans des contrées littéraires à la fois poétiques et mystérieuses où l’on croise quelques fantômes, une petite danseuse, une poignée de chiens malchanceux, une petite sorcière et même Peter Pan ! Des mondes imaginaires d’une grande beauté que je vous propose de découvrir à travers cette interview …
-Bonjour Sébastien, peux-tu te présenter ?
Ah, c’est un premier exercice difficile… ^__^
Que dire sinon que je suis un grand rêveur, un éternel enfant qui livre ses souvenirs, ses révoltes et ses peurs, habillés des belles illustrations de ses amis dessinateurs.
- « Le journal de Peter » est paru il y a quelques semaines, pourquoi avoir choisi le thème de Peter Pan ?
« Le journal de Peter » est un projet qui a débuté en 2007. Je venais, à l’époque, de finir deux collaborations avec Benjamin Lacombe (« Destins de Chiens » aux éditions Max Milo et « La funeste nuit d’Ernest » aux éditions Sarbacane) et nous entamions « Généalogie d’une sorcière ».
Benjamin a proposé de me présenter Martin Maniez qui était dans la même promotion que lui aux Arts Décoratifs de Paris. Et sous ses conseils avisés, nous sommes partis avec l’idée de réaliser un journal intime, pour exploiter au mieux les qualités graphiques de Martin. Pour que le lecteur se prenne au jeu et s’y intéresse un maximum, il fallait que l’auteur du carnet soit un enfant et un personnage connu. Nous sommes partis sur le fameux Peter Pan, pour son ambiguïté et sa richesse.
-Ecrire sur un personnage aussi connu ne met-il pas la pression ?
Le fait qu’il soit connu, pas forcément, mais qu’il soit si complexe, oui. ^__^
J’ai essayé au mieux de le comprendre lui et son auteur, James Matthew Barrie. On ressent dans son œuvre toute la souffrance de sa jeunesse (la mort de son frère, la quête de l’amour de sa mère, etc… ).
Et c’est ce cheminement psychologique et les liens entre les faits et l’imaginaire qui m’ont le plus intéressé.
D’où l’idée de travailler sur l’avant Peter Pan, créer la genèse de l’éternel enfant.
-Tu as réalisé « Le journal de Peter » avec Martin Maniez, comment s’est passée cette première collaboration avec cet illustrateur ?
Très très bien. Martin est quelqu’un de talentueux dans l’image et de très cultivé dans la littérature. Il avait un regard très juste sur ce que j’écrivais et nous avons travaillé ensemble jusqu’à ce que le livre parte à l’impression. C’était un véritable échange et une incroyable implication !
-As-tu participé au choix de l’illustrateur ou l’éditeur s’est-il chargé de faire le lien entre tes textes et ses pinceaux ?
Le concept du projet était déjà posé quand nous l’avons proposé à Milan. Nous les avons rencontrés au salon du livre de Montreuil 2007. Milan a un savoir-faire incroyable dans la fabrication des livres animés et nous voulions absolument travailler avec eux. Ils ont été formidables dans leur soutien, leurs conseils et leur bonne humeur. Je suis très content du résultat final.
-Ce livre a un format assez original, puisqu’il est écrit sous la forme d’un journal intime, pourquoi avoir fait ce choix ?
Peter est un personnage complexe et ambiguë…
Le fait d’avoir un journal intime permet de se mettre à sa place et de mieux le comprendre. Comme un témoignage !
Le côté carnet vieilli donne aussi une impression de réalisme à l’histoire.
Dans un registre plus tragique, j’avais souvent en tête « le journal d’Anne Frank », qui est si bouleversant.
-Tu as réalisé à deux reprises un duo d’auteurs avec Benjamin Lacombe , comment ça se passe exactement ? Quelles sont les grosses différences avec le fait de signer un livre seul ?
Le fait décrire à deux n’est pas facile. Il y a des conflits d’opinions et de style d’écriture mais ça permet aussi d’avancer et d’aller plus loin. Je n’aurai pas été capable d’écrire « Généalogie d’une sorcière » sans Benjamin. A deux, on est plus efficace. A condition d’aller dans le même sens. ^__^
Nous réfléchissions et nous écrivions chaque phrase ensemble pour vraiment combiner nos styles et ne faire plus qu’un. Nous ne voulions pas que le lecteur ressente deux écritures différentes.
Quand je signe seul, même si je travaille main dans la main avec l’illustrateur, je dois faire face aux pannes d’idées et me motiver moi-même. Alors j’ai tendance à prendre plus mon temps…
-Quelle est la lecture de jeunesse qui t’ as particulièrement marquée?
J’ai adoré « Un jour, un chien » de Gabrielle Vincent, un livre sans texte, qui est poignant… et qui ne peut que toucher l’amoureux des chiens que je suis…
« La vieille Chéchette » de Louise Michel et Stéphane Blanquet, un texte magnifique accompagné d’illustrations incroyables.
Et naturellement, le cultissime « Jésus Betz » de Fred Bernard et François Roca, qui reste ma référence !
-Quels sont tes projets ?
Je sors au Seuil en février 2010 un album illustré avec Clément Lefèvre, et au printemps 2010 un autre avec Benjamin Lacombe. Ce sont deux livres qui me ressemblent vraiment.
J’ai également un projet avec Sophie de la Villefromoit et quelques autres trop peu mûrs pour en parler maintenant…
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Je remercie encore une fois Sébastien d’avoir accepté de participer à cette rubrique. Poursuivez le voyage littéraire en visitant son blog http://sebastienperez.hautetfort.com/.



