Ne pas avoir d’âme, est-ce un problème ? Pas vraiment pour miss Alexia Tarabotti. Cette tare a même quelques avantages puisqu’elle lui permet de neutraliser les pouvoirs des créatures surnaturelles, et ça tombe bien puisque la demoiselle s’est justement fait attaquer par un vampire. Celui-ci ne lui a même pas été présenté, quel manque d’éducation ! Miss Tarabotti était évidemment obligée de lui planter son pic à cheveux dans le coeur, même si Lord Maccon, loup-garou écossais à la tête du BUR, bureau d’investigation des affaires surnaturelles, est d’avis contraire. Sans le vouloir, la donzelle vient de mettre le doigt sur un complot machiavélique visant à bouter les créatures surnaturelles hors du royaume d’Angleterre … how shocking !
Alexia Tarabotti, c’est la super héroïne à laquelle on voudrait toutes ressembler. Comme le dit d’ailleurs si bien Acr0 : Moi, dans une prochaine vie, j’veux être une Mlle Tarabotti. Effrontée, culottée, intelligente et indépendante, la belle n’a pas sa langue dans sa poche. Cette qualité contribue d’ailleurs à l’un des points forts de ce roman : des dialogues croustillants, cocasses et inattendus. La vingtaine largement dépassée, elle est considérée par la société comme une vieille fille. Et oui, dure, dure d’être une femme indépendante et célibataire sous l’ère Victorienne. Toutefois, ce statut, elle ne l’a pas choisi : son père italien, sa beauté particulière et surtout son fort caractère font fuir tous les prétendants au grand damne de sa famille.
Et puis, il y a Lord Maccon. Je ne sais pas si c’est parce que je suis dans ma période Jane Austin, mais ce personnage me fait indubitablement penser à monsieur Darcy. Même air ténébreux, bourru et indifférent. Sauf que oui, monsieur Darcy n’est pas un loup-garou. Chacun ses défauts. Ce gentleman est un Alpha, chef de sa meute et est à la tête du BUR (Bureau of Unnatural Registry, en gros le bureau qui gère les affaires surnaturelles). En effet, dans le monde imaginé par Gail Carriger, vampires, loups-garous et fantômes vivent au grand jour et sont acceptés par la société. Entre Lord Maccon et miss Alexia Tarabotti, ce n’est qu’étincelles et joutes verbales. Ces deux là se détestent, c’est évident.
Mêlant habilement bit-lit et steampunk, j’ai tout de suite été charmée par les aventures peu conventionnelles de miss Alexia Tarabotti. Gros coup de coeur donc, pour ce premier tome du Protectorat de l’ombrelle. C’est frais, c’est drôle, c’est inventif, et c’est ma fois, fort agréable à lire.
Sans âme, Gail Carriger, Le livre de poche, 2012



