J’ai lu ce livre pour la première fois il doit bien y avoir une quinzaine d’années et je n’en gardais qu’un vague souvenir. Évidement je me souvenais en gros de l’histoire -qui ne connaît pas l’histoire de Peter Pan ? - mais j’avais envie depuis quelques temps de me replonger dans ce récit, de savourer l’ écriture de James M. Barrie et surtout de me rafraîchir la mémoire, histoire de quand j’entends parler du personnage, ça ne soit pas l’image de Disney qui me vienne à l’esprit ! Heureusement copine Acro était dans le coin et allait justement se plonger dans le fameux livre, il ne manquait que ça pour me motiver à m’y replonger et à relire les fameuses aventures de Peter Pan !
Bon, je ne vais pas vous faire l’affront de vous résumer Peter Pan, mais pour ceux qui viendraient de la planète Gallifrey ou qui sortirait d’une longue hibernation au choix sachez que ce livre nous conte les aventures de trois enfants, Wendy, John et Michael qui croisent un soir la route de Peter Pan, enfant venant du Pays Imaginaire et que nos trois comparses vont s’empresser de suivre en volant évidemment. Ensemble, ils vont vivre d’incroyables aventures où il sera question d’enfants perdus, d’ indiens et évidemment de pirates …
J’ai vraiment beaucoup aimé la plume de James M. Barrie, emplie d’humour, de remarques et de rêves. Il interagit sans cesse avec le lecteur, l’incluant dans le récit, le prenant à témoin au cours de certaines scènes : ainsi, il n’hésite pas à sacrifier un pirate pour nous montrer les techniques de combat du Capitaine Crochet, ou n’ hésite pas à laisser pleurer une mère éplorée sous prétexte de ne pas vouloir gâcher la surprise du retour des enfants. Cette technique de narration est vraiment plaisante, on se sent complètement imprégné par le récit, le lecteur n’est plus simplement spectateur, mais le complice du narrateur, il sait des choses que les acteurs de l’histoire ignorent.
Les personnages imaginés par Barrie sont attachants, et recherchés : loin de l’image donnée par Disney, le véritable Peter Pan est un personnage très complexe. On ressent une immense tristesse et solitude, enfant se sentant trahi par les adultes,il les rejettent. Il se montre tout sauf sympathique : il est coléreux, orgueilleux, n’ écoute que son avis et joue au « petit chef », refusant toute rébellion. Toutefois, il possède un grand sens des valeurs, proche de l’honneur chevaleresque, respectant ses adversaires lors des combats, aidant toujours les plus faibles, son attitude avec Wendy m’a même rappelé les relations que les chevaliers entretenaient avec leur Dame, l’ Amour Courtois. Bien que considéré comme enfant sauvage, ses valeurs sont beaucoup plus fortes que celles des adultes éduqués de l’île, les pirates, qui eux n’hésitent pas à aligner pièges et coups bas, au contraire de Peter et des enfants perdus.
Et les adultes respectables dans tout ça ? On peut s’imaginer qu’ils sont représentés par les parents de Wendy et de ses frères, monsieur et madame Darling, mais là encore, James M. Barrie aime à égarer le lecteur, lui présentant un père de famille menteur, tricheur et bluffeur. L’image parfaite de respectabilité est détenue par Wendy, enfant sage et innocente croyant dure comme fer ce que lui disent les adultes. De même, l’image de la mère de Wendy n’est entachée d’aucun défaut: celle-ci est douce, aimante, sage et digne de confiante.
L’ île du Pays Imaginaire où se rendent les enfants est un endroit merveilleux: on y croise créatures féeriques (sirènes, fées – dont Clochette, Clo la Rétameuse qu’on ne présente plus- une place où l’imagination est reine, rythmant chaque instant de la journée, où jeux et aventures ne cessent de se présenter. Toutefois, le danger est présent en la personne des pirates, adultes impitoyables et sans lois, ne cherchant qu’à mettre fin à la vie de nos amis. Mais même ici, il est difficile de prendre leur tentative au sérieux ! En effet, que penser d’un plan où il est question d’un énorme gâteau disposé à l’attention des enfants perdus, plan diabolique destiné à les faire mourir à petits feux, car il est bien connu qu’un gâteau est plein de graisse et que les enfants, n’ayant pas de maman, l’ignorent forcément et vont donc s’en goinfrer jusqu’à trépas !
Peter Pan est une petite merveille à lire et à relire, à savourer sans hésitation, où l’on peut se plonger sans hésitation. Pour poursuivre le voyage vers le Pays Imaginaire, vous pouvez également découvrir le journal de Peter de Sébastien Perez et Martin Maniez, une découverte de la genèse de ce personnage intemporel …
Peter Pan, James M. Barrie, éditions J’ai lu Librio imaginaire, 2010
Cette lecture a été réalisée dans le cadre d’une lecture commune avec copine Acro, allons voir ce qu’elle en a pensé …
Chronique remise à l’honneur pour




