
A dix-sept ans, Manon vient de découvrir qu’elle a un anévrisme cérébral. Elle a le choix entre se faire opérer et être confrontée à de potentielles complications ou attendre sans savoir combien de temps il lui reste à vivre. Incapable de prendre une décision, elle fugue et prend un avion pour Las Vegas. Dans la ville du péché, son chemin croise celui de Dorian, un vampire. Et si l’immortalité était la solution à tous ses problèmes ?
Sous couvert d’une trame classique, celle d’une jeune fille condamnée qui voit dans une créature légendaire une chance de toucher l’immortalité, Fabrice Colin signe une histoire touchante et simple où une adolescente partage avec le lecteur sa difficile expérience : le récit à la première personne nous immerge au coeur des sentiments de Manon, gamine déboussolée par l’épée de Damoclès qui peut s’abattre sur elle à n’importe quel moment. Quant à Dorian, c’est un personnage difficile à cerner. Acteur raté qui utilise son statut de vampire pour gagner sa vie, c’est un homme torturé qui vit dans l’ombre loin de ceux de son espèce. Perçu par la jeune femme comme sa seule chance d’être sauvé, le vampire va accepter que celle-ci vive à ses côtés durant une semaine.
Avec ce roman très court (144 pages), Fabrice Colin plonge le lecteur dans une quête initiatique sur fond de vampirisme : ici, point d’amourette ou de vampire bisounours, les vampires sont violents et buveurs de sang. L’histoire de vampire n’est toutefois que secondaire dans le récit, c’est surtout deux personnages marqués par l’existence que nous suivons, sur fond de questionnement sur la vie, la mort et le prix de l’immortalité. On accroche facilement à ce couple inattendu formé par une gamine désœuvrée et un vampire dégoûté par sa condition ; Personne ne te sauvera est un roman agréable à lire, et ce principalement grâce à la plume juste et efficace de Fabrice Colin.
Personne ne te sauvera, Fabrice Colin, éditions Flammarion (Etonnantiss!mes), 2012



