Petites questions à … Xavier Collette (2)


Les illustrations de Xavier Collette sont empreintes de beauté et de poésie. Chacune d’entre elles nous fait rêver, nous transporte, nous fait voyager dans un autre monde … jusqu’à atteindre le Pays des Merveilles.
L’actualité de Xavier est très riche en ce début d’année : vous pouvez tout d’abord découvrir le magnifique livre Seigneur Puma dont il a signé les illustrations (j’en ai parlé
ici) et vous préparer à vous jeter sur son Alice au Pays des Merveilles qui paraîtra le 10 mars chez Drugstore !

xaviercollette2 1-Seigneur Puma est paru il y a quelques mois aux éditions Mic-Mac, peux-tu nous le présenter ?

Et bien c’est mon tout premier bouquin jeunesse (et premier bouquin tout court, finalement!).
C’est un conte moderne ayant pour personnages principaux un chasseur indien et un puma, qui va nous faire vivre la « chasse », et la dualité qui se crée entre les deux personnages.

- Quelle a été ta démarche pour la création des personnages ?

Je n’ai pas vraiment eu de démarche pour la création des personnages… d’ailleurs, à moins qu’un travail en amont ne soit vraiment nécessaire, j’aime y aller « au feeling ». Je pense qu’il est vraiment important de pouvoir se lâcher dans un premier temps, et puis revenir sur un détail ou l’autre pour coller parfaitement au personnage. Ici, il fallait juste un chasseur sombre… menaçant, sans être effrayant, pour que les plus petits puissent avoir une certaine empathie avec le héros de l’histoire.

-J’ai remarqué que tu as beaucoup utilisé de tons noir, gris et blanc dans le livre, pourquoi avoir fait ce choix artistique?

Le noir et le blanc… sont les couleurs des deux personnages principaux, il était normal de les retrouver tout au long de l’histoire, se mélangeant, au fil des pages, comme les rôles de chasseur et proie.

Donc le début du livre est plus coloré, puis les teintes perdent en intensité, tandis que le flou grandit entre les deux acteurs de cette histoire.

-Est-ce qu’illustrer un livre destiné à un jeune public demande un travail particulier par rapport à tes autres créations?

Personnellement, je ne pense pas. Les enfants ne sont pas plus idiots que les adultes, il ne faut donc pas les prendre pour ce qu’ils ne sont pas. Ils sont assez grands pour comprendre l’histoire qu’on leur met sous les yeux. Il faut bien sûr faire attention à ne pas montrer de choses trop crues, ou trop cruelles, mais il ne faut pas « se limiter » parce qu’on fait un livre jeunesse, juste être en harmonie avec le texte qu’on illustre.

-Peux-tu nous décrire ta façon de travailler ? Comment passes-tu d’un petit croquis à une illustration finie ?

Et bien… comme pour tout projet d’une certaine ampleur, on commence par faire le « chemin de fer », donc déterminer toutes les mises en page de l’histoire, la façon dont on va représenter les scènes, les point de vue.. afin d’avoir une vision d’ensemble du livre. Puis pour ce bouquin, je n’ai pas poussé les croquis. J’ai donc repris les « petits croquis »- pour te citer- du storyboard, et puis je les ai scanné, et ai directement peint par dessus. Comme souvent dans mon travail, il s’agit de peinture digitale, ce n’est donc pas difficile d’agrandir ces petits croquis, et de m’en servir comme guide pour peindre les illustrations finales. Cette façon de faire me laisse plus de place pour changer des petits détails, en ajouter, changer la position d’un personnage, etc. Je n’aime pas trop me sentir « enfermé » par un croquis trop défini.

-On ne peut parler de ton actualité sans évoquer ton Alice in Wonderland à paraître en 2010 chez Drugstore, qu’est-ce qui t’a donné envie de t’attaquer à cette histoire mythique de la littérature ?

Aah… Alice ^^.

Il faut avouer que c’est plus le hasard qu’autre chose qui m’a amené à travailler sur cette histoire mythique. Je travaillais sur un autre projet de bande dessinée. Projet qui fût refusé à l’époque. Le scénariste avec qui je travaillais à l’époque avait comme conseiller un certain David Chauvel, qui, curieux comme il peut l’être, a vu dans mon portfolio une illustration du Cheshire cat (qui avait été réalisée par pur délire, pour m’amuser), et il se trouve qu’il cherchait un illustrateur pour bosser avec lui sur une adaptation fidèle au livre. Projet qu’il avait depuis quelques temps, mais il n’avait pas trouver… chaussure à son pied. Suite à cela, il a pris contact avec moi directement, puis on a fait quelques essais sur les personnages, quelques planches, puis nous avons présenté le dossier chez quelques éditeurs… et la petite Alice a finalement trouvé son pays des merveilles chez Drugstore :)

-Tu as révélé quelques images de cette prochaine sortie sur ton blog, en quoi penses-tu t’être différencié par rapport aux autres représentations faites par des illustrateurs tels que Tenniel,Rackham ou la version de Disney?

Je n’aurai jamais la prétention de dire que je SUIS différent de ces représentations. Je tente juste de donner une version personnelle à ce pays des merveilles. Il est difficile de ne pas être influencé par toutes ces références. Ma méthode… même si elle parait un peu simpliste, est de ne quasiment rien regarder de ce qui a été fait! Je me base uniquement sur les petites descriptions des personnages que l’on peut trouver dans le livre, qui ne sont, finalement, pas très poussées, puis, comme je l’ai dit quand ci-dessus pour Seigneur Puma, je me « laisse aller », au feeling. Il y aura bien sûr des petites références à certains illustrateurs qui m’ont bercé, m’ont fait voyager, mais ça… ce sera à vous de les trouver!

-Alice in Wonderland va sortir en bandes-dessinées, pourquoi avoir fait le choix de ce format?

Difficile de ne pas être légèrement redondant avec ta question précédente sur l’envie de m’attaquer à cette histoire. C’est la naissance du projet en lui-même qui a choisi le format. Si cela n’avait pas été une bd, il n’y aurait pas eu d’Alice, simplement!

Je ne dis pas qu’en faire un livre illustré m’aurait déplu… mais c’est la bd qui est arrivée!

-Quels sont tes autres projets ?

Ouch… beaucoup de choses!

Je continue l’aventure avec MiCMaC, avec pas mal de projets… je change cependant de partenaire… car ce n’est nulle autre que ma compagne à la vie (la douce Rozenn… au cas où certains ne le sauraient pas!) qui est l’auteur de plusieurs de ces projets ^^. Ca parlera de chats, de lumières, d’ombres…. tic tac, tic tac…. je ne peux pas en dire plus! J’aimerais également travailler sur des contes classiques, et peut-être m’essayer à l’écriture, et inverser les rôles, et avoir une histoire illustrée par ma Dame :)

Sinon, il y aura toujours des couvertures de romans bien sûr… chez MiCMaC, mais aussi Pocket.

L’année 2010 va être très très chargée…   et 2011 aussi… :)

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Je remercie encore une fois Xavier d’avoir accepté de participer une nouvelle fois à cette rubrique ( vous pouvez retrouver son autre interview ici ). Poursuivez le voyage en visitant son site http://coliandre.acerb.be/ .

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© Toutes les images Copyright Xavier Collette

Les sombres romantiques

lessombresromantiquesCette anthologie c’est l’histoire d’une rencontre, d’un étrange mélange de six tableaux et de six histoires sombres et envoûtantes. Il était une fois une histoire d’amour, deux êtres séparés par le destin, séparés par la mort, perdus entre Enfer et le Paradis. Cette histoire, c’est celle que nous conte les images de Mathieu Coudray, réalisée à l’occasion de l’exposition Le fantastique dévoilé en 2008.
Confions maintenant chacune de ces images à un auteur de talent, les séparant quelques temps pour mieux les réunir ensuite dans un seul et même ouvrage. C’est à ce petit jeu que c’est adonné Mathieu Coudray, demandant à quelques amis écrivains d’imaginer une histoire à partir d’un des six tableaux. Il en résulte une anthologie assez surprenante où les textes illustrent les images, nous faisant pénétrer dans six différents univers, nous faisant vivre six histoires qui à première vue n’ont rien en communs.
Après en avoir appris un peu plus sur la conception de cette anthologie grâce à la préface de Nathalie Dau, on découvre la première illustration nous ouvrant les portes de cet étrange voyage : un oeil immense, immobile où perlent des larmes, un regard où se reflète la première nouvelle,  Tête de Mort de Philippe Halvick … On y découvre un homme assez décontenancé après son réveil dans la cave d’une maison inconnue, une demeure assez étrange où sont entreposées une ribambelle de modèles de télévisions et de radios, et où un dessert des plus appétissants cuit lentement dans le four, attendant le retour des habitants du lieu.
C’est la dernière fois que les amoureux se rencontrent… Jess Kaan signe dans Objet de mon Amour l’histoire d’une jeune femme prête à tout pour retrouver son amour perdu, quitte à braver les interdits et à utiliser le sablier de Chronos pour remonter le temps et éviter la mort de l’être aimé.
C ‘est l’heure des adieux, tandis que la jeune femme se penche sur la tombe le temps d’un dernier au revoir… Une image auquelle Céline Guillaume répond par Ad Vitam Aeternam, une histoire où une autre jeune femme va elle aussi apprendre à dire adieu à son amour perdu et comprendre que la vie peut se poursuivre après la mort.
Mais peu à peu le désespoir s’empare de la jeune femme, et celle-ci choisi de mettre fin à ses jours pour le rejoindre … Le destin tragique de la fille-sève marque le Corset de sang de Vanessa Terral, le récit d’une rencontre entre une jeune femme solitaire amie des fées et une jeune domestique. Une amitié qui va mettre à jour de sombres secrets, un complot contre les Féeries et le pouvoir de la dernière goutte de sang de fille-sève.
C’est en Enfer que la jeune femme se retrouve, loin de celui qu’elle aime … Cyril Carau nous accompagne au coeur de l’Italie dans Le Choix de Fausta, un voyage au cours duquel on croisera une jeune femme hantée par d’affreux cauchemars, une jeune femme qui devra choisir entre écouter ses origines démoniaques ou suivre les sentiments dictés par son coeur.
C’est entre Ombres et Lumières que l’histoire trouve sa conclusion … Jacques Fuentealba conclut cette anthologie par Araf, récit où l’amour éternel entre Orphée et Eurydice trouve également une conclusion.
Il est assez étrange de poser les yeux sur les oeuvres de Mathieu Coudray après avoir lu les différents récits, car tout en restant les mêmes, elles nous apparaissent sous un angle nouveau. Les différents récits imaginés par les auteurs leur ont transmises une essence différence, on continue à voir la tragique histoire de cet homme et de cette femme séparés par la mort, mais celle-ci  se trouve enrichie par les différentes nouvelles. De ce fait, les sombres romantiques est une anthologie originale, nous offrant un voyage unique à travers une oeuvre et les différents regards que celle-ci peut renvoyer.

Les Sombres Romantiques, recueil de nouvelles dirigé et illustré par Mathieu Coudray, éditions du Riez

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© Toutes les images Copyright Mathieu Coudray / Editions du Riez