Petites questions à … Krystal Camprubi

Après « Toi lumière de ma nuit », Krystal Camprubi nous invite une fois de plus à pénétrer dans son univers merveilleux, riche en beauté et en poésie. Oghams, le temps des elfes, paru il y a quelques semaines chez Au Bord des Continents (vous pouvez lire ma chronique ici ) nous transporte en Elfirie sur les traces des treize arbres constituant le calendrier celtique…

-Oghams vient de paraître chez les éditions Au bord des Continents, pouvez- vous nous le présenter ?

Oghams rassemble, en deux parties, publiées sous la direction du folkloriste ardennais Edouard Waroquier, le journal d’Eleanor Blacksmith, une jeune galloise née au début du vingtième siècle, dont l’histoire a fortement marqué les mémoires, après sa disparition pour le moins mystérieuse.

Au fil de sa plume, on la suit dans sa quête de vérité, sur les traces de sa petite sœur qu’elle croit être passée à travers les portes de féérie. Son itinéraire se jalonne par la découverte des Oghams – ces symboles sacrés utilisés par les celtes – et de leurs mystères, qu’elle doit percer à jour … J’ai souhaité écrire une quête initiatique, qui comme il se doit, comporte un apprentissage pour le lecteur. Ainsi, sous couvert d’une histoire féérique, c’est une réflexion sur le temps et sa subjectivité, sur l’amour aussi, qui nous permet d’ouvrir des portes insoupçonnées, sur la nature et son aspect sacré, sur les ravages causés par l’humanité. C’est avant tout, je l’espère, une histoire qui nous invite à ne pas passer à côté de la magie et de l’enchantement du monde..

- En couverture vous ne signez Oghams que de votre prénom, Krystal, pourquoi ce choix ?

Depuis le tout début de mon activité artistique, j’ai décidé de ne pas prendre de pseudonyme – sans doute parce que c’est dans l’art que je suis le plus « moi-même ». C’est donc tout naturellement que j’ai signé mes premières publications de mon prénom usuel et patronyme.

Cependant, je me suis rendue compte avec les années que tous deux constituaient un frein pour le public : un prénom à l’orthographe compliquée (je peux vous assurer qu’il est très rare que je reçoive un courrier avec la bonne graphie, même de gens proches !) et un nom de famille à consonnance étrangère (d’origine catalane). Les deux, couplés, constituaient apparemment un problème de mémorisation. J’ai pu noter ainsi que certaines personnes reconnaissaient mes images, sans être toutefois capable de se souvenir du nom. Ou bien qu’elles s’en souvenaient de manière tellement approximatives qu’elles ne pouvaient trouver mon site Internet. J’ai donc opté pour continuer mes travaux d’éditions dorénavant avec mon seul prénom sur la couverture, dans un but communicatif – le nom complet figurant à l’intérieur.

-C’est le premier livre dont vous signez le texte, en quoi l’écriture différe-t-elle de l’illustration ?

En réalité, j’ai toujours associé différents arts, dans mon quotidien, avec l’impression persistante qu’il s’agissait simplement de différents langages pour exprimer une même sensibilité. C’est comme de jouer du violon et de la harpe. Les deux ont leur technique propres, mais il s’agit bien toujours de musique…

Choisir l’illustration plutôt que la peinture accadémique, c’est déjà s’inscrire dans une démarche où la narration est omniprésente. Un illustrateur ne présente pas seulement des images qui touchent, ou qui le reflètent. Il doit tenir compte d’un texte. Et quand il peint pour lui-même, l’image est souvent sous-tendue d’une histoire personnelle. La plupart de mes tableaux d’inspiration personnelle comprenaient déjà des histoires : les anglophones appellent cela le storytelling. C’est un des axes importants de notre métier, à tel point qu’il est enseigné parfois pour lui-même. Citons Iain Mac Caig, par exemple – un de mes tuteurs préférés !

Dès lors, la vraie différence entre les deux arts, c’est la façon dont la charge émotionnelle est transmise. Pour l’écriture, elle passe par une forme d’empathie. Le lecteur doit pouvoir s’identifier au personnage, comprendre sa peine, se sentir tour à tour chagrin, intrigué, ou plein d’espoir. Curieux d’aller lui aussi au bout de la quête. Au-delà de la narration, c’est ce fil qu’on cherche à tisser au travers des mots. Pour la peinture, c’est l’impact visuel pur, faisant peut-être appel à une mémoire plus instinctive, moins rationnelle. Les camaieux de couleurs agissent directement sur notre émotion. La beauté nous touche ; c’est une vérité universelle et intemporelle, même si celle-ci est tributaire des modes et des cultures…

-La suite d’ Oghams le temps des Elfes, la porte d’ or paraîtra fin d’année 2010, pourquoi avoir opté pour une histoire en plusieurs volumes ?

Dès lors que l’histoire s’est orientée vers un parcours initiatique au travers du calendrier celte, j’ai effectué une première intention de découpage sur un livre de 96. Mais très vite, je me suis rendue compte que j’étais à l’étroit dans ce format. Il y avait trop d’élements importants : la mise en abîme de l’histoire dans le temps présent, via le folkloriste qui présente l’ouvrage aux lecteurs, les premières pages de la main d’Eléanor, permettant de comprendre son état d’esprit et les motivations profondes de son périple, l’exposé tout à fait incontournable du calendrier elfique et des oghams, permettant au lecteur de s’y retrouver, un moment de flottement quand Eleanor entre en elfirie, avant sa prise de conscience (élément obligatoire pour la vraisemblance) et ensuite, pas moins de 13 arbres, présentant chacun une enigme à résoudre, un schéma à comprendre …. puis l’épilogue, la révélation finale, le pourquoi du comment. En rédigeant une première mouture de l’histoire, et en procédant à un découpage plus objectif, je m’approchais déjà des 180 pages… Nous avons longuement tergiversé avec mon éditeur, sur la forme que prendrait l’ouvrage final. Il nous a semblé important de ne pas procéder à des coupes drastiques qui auraient appauvri le texte. Je souhaitais en effet que le texte ne soit pas un prétexte aux images, comme cela arrive parfois dans le milieu de l’illustration, mais bien une intrigue indépendante, soutenue et complétée par les visions graphiques. Sur le plan commercial, un premier titre chez cet éditeur, ne pouvait guère faire 180 pages. C’était un risque trop important, et le prix public aurait été trop conséquent. C’est donc pour des raisons pratiques que l’ouvrage a été scindé en deux tomes. Mais je ne désespère pas de voir, un jour peut-être, les deux tomes réunis en un tirage spécial, car c’est ainsi qu’il a été pensé tout d’abord !

-Avec ce livre, vous partagez avec nous votre intérêt pour les oghams et la culture celte, comment est née cette passion ?

C’est un intérêt qui n’a cessé de grandir, mais en prenant son temps. Tout d’abord, un intérêt plus « superficiel » pour l’esthétique, en particulier les entrelacs. Adolescente, j’adorais la calligraphie : la découverte du livre de Kells a été une révélation. Mes premiers tableaux comprennent d’ailleurs beaucoup d’éléments graphiques en entrelacs et calligraphies onciales. Plus tard, j’ai découvert au travers de lectures la richesse de la culture druidique : une culture bousculée par l’arrivée de Rome puis du christianisme. La culture druidique étant non dogmatique et orale a laissé peu de traces, mais on se rend compte à présent qu’elle était d’une incroyable profondeur. Leur calendrier, sur lequel j’appuie ma narration, a d’ailleurs de quoi laisser pensif, tant le système est fin et précis… Ensuite, j’ai découvert le Mabinogion. Cela m’a ramené tout droit à mes études de médiévisme, quelques années plus tôt, et à ma passion pour la littérature arthurienne en particulier. Sauf que le Mabinogion m’a semblé infiniment plus trouble, plus mystérieux, plus porteur. Il est encore emprunt de cet esprit des trouvères que j’aimais tant aussi dans les versions primitives des grands mythes médiévaux, comme Tristan et Yseult… Plus de passion, plus de paradoxe, moins de naïveté, peut-être.

Mais je n’en suis cependant qu’au début de ma découverte, car il y a encore des monceaux de livres qui attendent dans ma bibliothèque que je trouve le temps de les lire !

-Le cahier d’ Eleanor nous est dévoilé  par Edouard J. Waroquier, folkloriste de son état. Comment est née l’idée de ce personnage servant en quelque sorte de passerelle entre notre monde et celui d’ Elfirie ?

Il y a deux raisons à  cela : a propos de la première, je ne pourrai pas beaucoup m’étendre, car l’intervention de Waroquier, comme le découvreur du journal, est aussi liée à l’intrigue du deuxième tome. Le livre étant une réflexion sur le temps, il était indispensable qu’on puisse faire une boucle entre deux strates d’histoire : une histoire contemporaine et une autre vieille de plusieurs générations.

Mais, au-delà de cet aspect, la présentation du folkloriste apporte aussi une vraisemblance à l’histoire. J’aimerais qu’on se pose la question de savoir si cette Eleanor a réellement vécu… D’où également, le fait d’avoir travaillé à créer de fausses photographies et un « faux certificat de naissance » en pages de garde. J’ai fait des recherches pour voir à quoi ressemblait un vrai certificat de naissance en Angleterre, au début du XXème siècle et j’ai dû faire plusieurs essais pour arriver à immiter un faux tampon, avec les noms un peu exotiques des villes du pays de Galles entourant la vallée du Gaun où Eleanor est sensée avoir vécue. Le tout devait être assez crédible pour attester de l’existence réelle d’Eléanor, et Waroquier joue ici le rôle de garant, en se portant caution de l’authenticité du journal.

-La quête d’ Eleanor nous est présentée sous forme de carnet de bord, de journal intime, pourquoi avoir choisi ce format de narration ?

D’une part, je souhaitais que le lecteur découvre la symbolique des Oghams au fur et à mesure, de façon plus subjective que rationnelle, ce qui amène assez naturellement a utiliser la première personne pour la narration. D’autre part, tout étant fondé sur le temps en Elfirie, le journal intime, par ses datations, son écriture en épisodes, se prêtait tout à fait à l’intrigue. En dernier lieu, cela permet, comme je l’écrivais ci-dessus, d’apporter une forme d’authenticité au récit. Le lecteur peut se laisser aller au jeu de croire qu’il a dans les mains la publication d’un témoignage direct. Le message que je souhaite y faire passer, en particulier dans le deuxième tome, devrait n’en avoir que plus d’impact.

-Comment concevez-vous une illustration, quelle est votre démarche pour créer le physique d’un personnage ? Travaillez-vous essentiellement d’après photographie ou d’après modèle vivant ?

Ni l’un ni l’autre ! En règle générale, j’ai une idée bien précise dans la tête, un peu comme un responsable de casting dans un film. Je ressens l’intuition de quel type de physique va être à même de véhiculer telle ou telle sensibilité. Partant de là, je travaille d’abord en digital, en couleur directe. Pas de croquis préparatoire, du moins, pour ce qui est de fixer le physique du personnage. Plutôt que de travailler en traits, (supposant des contours), je travaille par taches : des taches de lumière et des taches d’ombre viennent progressivement modeler le personnage en 2D, comme on le ferait en volume, avec des boulettes de glaise. Je remodèle souvent les traits avant d’arriver à quelque chose que je souhaite.

La photographie n’intervient qu’à titre de référence, en cours de travail, pour approcher un détail plus fin et plus authentique. Il s’agit alors, non pas de copier telle ou telle bouche, tel ou tel œil, mais de voir le détail d’une bouche ou d’un œil afin d’approcher plus de réalisme dans mon personnage. Il m’arrive de compléter mes références, glanées années après années, si je ressens le besoin d’analyser quelque chose qui m’est compliqué à visualiser spontanément : par exemple, j’ai pris de nombreuses photos de bijoux en cristaux de roche, pour analyser comment dansaient les éclats, afin de rendre le portrait de Beith plus crédible. Pour les drapés, il m’arrive aussi de chiffonner un tissus souple devant moi, ou même d’habiller un petit mannequin, pour comprendre leur tombé, et l’adapter à toutes mes fantaisies (comme le cadre en drapé de la fée du roseau).

Mais pour qu’un physique soit percutant, je suis convaincue qu’il est souvent mieux de le laisser naître dans sa tête.

Le livre contient cependant une exception : ma petite nièce, à qui j’avais fait la promesse de la glisser un jour dans les pages d’un livre. Les deux trois représentations de la petite Kathy sont grandement inspirées d’elle et pour ce faire, j’ai eu recours aux photos que m’avait envoyées sa maman.

Quant aux dessins sur modèle vivant, j’en pratique beaucoup, mais à titre d’exercice ! Ingres disait très justement « le dessin est la probité de l’art ». On n’en fait jamais assez…

-Les créatures mythiques et féeriques hantent beaucoup vos créations,mais quelle est votre créature préférée ?

J’aime les êtres hybrides, ceux qui ont encore une part obscure, trouble. Les êtres qui sont à mi-chemin entre le végétal, et l’animal. Ou l’animal et le minéral. J’aime l’éternelle figure de Kernunos et ses dérivés (j’ai peint beaucoup d’être aux bois de cerf !). Les elfes, bien sûr… Mais plus encore lorsque leur part de mystère égale leur part de lumière. En conclusion, j’oserais dire que je suis attirée par l’étrangeté qui se glisse derrière le familier…

-Quels sont vos projets ?

A part le deuxième tome d’Oghams, je travaille à un livre sur Tolkien destiné à un public jeunesse, aux éditions Auzou – dans la même collection que Légendes, et le plus récent livre sur les chevaliers de la table ronde. Ces deux projets devraient déjà me tenir bien occupée pendant 2010. Mais j’ai déjà de multiples autres choses en tête, pour la suite… Un de mes projets les plus chers concerne un ouvrage pédagogique sur l’illustration, mais ne sortira pas avant quelques années car il demande encore a être sérieusement alimenté et mûri…

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Je remercie encore une fois Krystal d’avoir accepté de participer à cette rubrique. Poursuivez le voyage en visitant son site http://www.krystal-camprubi.com/ .

© Toutes les images Copyright Krystal Camprubi / Editions Au bord des Continents

Sanguine

Allez encore une ‘tite histoire de midinette pour la route, j’en suis devenue très friande ces derniers temps … rien de mieux pour se vider la tête et lire sans trop réfléchir ^^.
Sanguine c’est l’histoire de Quincie, jeune demoiselle de 17 ans ayant pour particularité d’être follement amoureuse de son meilleur ami, loup garou de son état. Autre particularité : la pauvre orpheline a également hérité du restaurant familial lors de la mort de ses parents. Le dit- restaurant ayant de sérieux problèmes financiers, il est décidé de lui appliquer une nouvelle formule : le petit resto ne sera plus un simple lieu où l’on propose de la cuisine italienne, il va devenir un lieu sympa et chic à thématique vampirique et son nouveau nom sera le Sanguini. De là les problèmes commencent. Le chef est retrouvé assassiné dans la cuisine et tout porte à croire que le meurtre a été perpétué par un mutant, nom désignant les nombreux garous vivant dans les environs. Et évidemment, les soupçons de la police se tournent vers le jeune, beau, fort et ténébreux Kieren, le meilleur ami ( et accessoirement l’ amoureux secret) de Quincie.
C’est dans ce climat tendu qu’arrive le nouveau chef, Henry Johnson. Suivant la thématique du restaurant, il aime se balader avec des lentilles rouges et des fausses dents, car il doit passer pour un Prince des Ténèbres auprès des clients, Quincie lui a donc trouvé un surnom qui lui sied à merveille : Brad l’ Empaleur…
Cynthia Leitich Smith reprend une thématique qui marche vraiment bien ces derniers temps : celle d’une jeune fille en émoi devant un être surnaturel qui se trouve être beau, fort, intelligent et tout le pack qui va avec. L’originalité de ce roman tient dans son arrière plan : un restaurant où les protagonistes doivent se déguiser en buveurs de sang et où un vrai vampire a élu domicile, profitant de la thématique du lieu.
Sanguine est un roman sympathique, mais sans plus. Il y a trop de déjà-vu, trop de « on s’y attend depuis cinquante pages, mais c’est pas grave ». Néanmoins on passe un bon moment en sa compagnie et il faut le souligner, les personnages ont un peu plus de charisme que les héros d’un certain autre roman du même genre .

Les contes macabres

Je me souviens de la première fois où j’ai lu du Poe : j’avais douze ou treize ans et étais dans ma période où j’aimais lire des choses qui faisaient peur. Ma professeur de français m’avait chaudement recommandée de lire des nouvelles de Poe et je m’étais donc empressée de me procurer un recueil. Je me rappelle avoir en avoir lu deux pages et l’avoir refermé aussi sec en me demandant ce que ce livre avait d’effrayant, il me paraissait juste très longué et lourd.
Les années ont passé et la petite Laure s’est retrouvée en fac d’anglais, plus précisément en LLCE, Lettres, Langue, Littérature et Civilisation. Nous sommes en deuxième année de Deug ( et oui, de mon temps le Deug existait encore …) et « The fall of the House of Usher » est au programme. Pendant près de six semaines nous avons donc décortiqué, analysé, commenté, disserté sur Poe et son écriture, et vous savez quoi ? J’ai trouvé ça rudement intéressant ! Depuis j’aime lire et relire de temps en temps une de ses nouvelles, me plonger dans ses ambiances angoissantes, noires, où la peur, le doute et la folie montent à crescendo.
Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis archi-fan des histoires de Poe, mais je trouve que ses textes ont une profondeur et une beauté que l’on retrouve rarement chez un auteur. Il arrive à faire monter les émotions en quelques mots, tout comme Benjamin Lacombe sait nous transmettre ses émotions en quelques coups de pinceaux. Aussi devait-il être écrit quelque part que ces deux-là devaient se retrouver ensemble dans un seul et même ouvrage.
Il n’existe pas vraiment de mot en français pour définir ses histoires, mais il y en a un en anglais qui les résume parfaitement, c’est l’adjectif « gloomy ». Cet adjectif définit à lui tout seul : 1/une luminosité sombre, 2/qui cause un sentiment de morosité, de déprime, 3/ qui provoque un sentiment de tristesse, de mélancolie, d’accablement, 4/être sans aucun espoir, désespéré .
C’est un peu tous ces sentiments qui transpercent des illustrations de Benjamin Lacombe. Benjamin a su créer une ambiance sombre, unique, qui sied à merveille aux nouvelles de Poe. On découvre des personnages aux regards gagnés par la folie, la peur, l’incompréhension. Les tons sont sombres, envoûtants, mélanges de noir et de rouge, de mort et de sang. On ne peut qu’applaudir le choix des images, des techniques : gouaches, huiles, crayons graphites, collages de daguerréotypes, … Les illustrations sont pour la plupart du temps en pleines pages ( il y en a même quelques unes en double-pages), encadrées d’ornements également réalisés par Benjamin. Il en résulte un aspect vieux livre d’illustration, qui rappelle les beaux livres illustrés du XIX ème siècle .
Côté nouvelles, on peut découvrir les sept nouvelles préférées de Benjamin : Bérénice, le Chat noir, L’ile de la Fée, Le Coeur Révélateur, La Chute de la Maison Usher, Le Portrait Ovale et Morella . Elles sont suivies d’une présentation de la vie et des oeuvres de Poe écrite par Charles Baudelaire au XIX ème siècle.
Ces « Contes Macabres » sont une oeuvre unique, magistrale, qui célèbre dignement le bicentenaire de la naissance de l’un des plus grands écrivains du XIX ème siècle. Benjamin Lacombe nous éblouit une fois de plus dans cet ouvrage qui nous révèle toute l’étendue de son talent. Un trésor à se procurer sans hésitations !

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© Toutes les images Copyright Benjamin Lacombe / Editions Soleil

La bande annonce :

La malédiction d’Old Haven

1723, Gotham. Mary Wickford est une orpheline sans histoires. Totalement ignorante de ses origines, elle ne possède pour seul indice qu’un médaillon aux signes étranges. La jeune fille vient d’avoir 17 ans et doit quitter, comme il est de coutume, le couvent où les soeurs l’ont vues grandir. Mary doit parcourir de nouveaux territoires et découvrir le monde, rencontrer de nouvelles personnes, afin de trouver le lieu où elle aimerait vivre, son nouveau chez-soi. Le destin la conduit vers Old Haven, petite bourgade située en bord de mer. Un sentiment de déjà-vu, d’être déjà venue à cet endroit en rêve la convainquent de s’y installer. Mais Old Haven cachent bien des secrets et la jeune Mary va découvrir qu’elle est l’héritière d’un puissant pouvoir, la dernière d’une longue lignée de sorcières, seule barrière contre les sombres desseins de l’ Empereur.
Toutefois elle ne sera jamais seule face au danger : elle trouvera assistance et conseils auprès de la Fraternité d York, société secrète composée de magiciens, derniers résistants contre l’ Empire et ses troupes d’Inquisiteurs chargés de trouver et punir les hérétiques et auprès d’un pirate, maître des dragons, Thomas Goodwill…
En comptant la bande dessinée Tir Nan Og, c’est la troisième fois que je me tâte à du Fabrice Colin et c’est un auteur dont j’apprécie de plus en plus les écrits. Il signe ici un roman surprenant où faits historiques se mêlent à trouvailles fantaisistes. Loin de paraître lourd et indigeste, ce mélange se révèle explosif et très intéressant : dragons, démons et créatures féeriques aquatiques côtoient église catholique, inquisiteurs et indiens dans une Amérique jeune et dangereuse où les nouveaux arrivants cherchent refuge dans l’une des treize colonies.
Une histoire palpitante à découvrir absolument !!!

Oghams le temps des elfes

Oghams, c’est le récit d’un mythe, d’une légende, de l’ histoire populaire d’ Eleanor Blacksmith que se transmettent les gallois de générations en générations . Edouard J.Waroquier, folkloriste de son état, est passionné par toutes ces inventions, ces souvenirs de rencontres avec le Petit Peuple et les recueille avec fébrilité. On lui remet un jour un cahier: l’objet est vieux, détrempé, mais recèle un véritable trésor … car ce livret n’est autre que le journal de bord de la mythique Eleanor Blacksmith, jeune femme solitaire ayant mystérieusement disparue quelques décennies plus tôt.
C’est ce témoignage unique que je tiens entre les mains, empreinte féerique que nous pouvons à notre tour découvrir grâce aux Editions Au Bord des Continents que je ne vous présente même plus.
L’histoire d’ Eleanor Blacksmith est celle d’une quête solitaire, de la volonté de ne pas croire à la disparition de sa jeune soeur, noyée  quelques années plus tôt. Suite à la découverte d’un livre sur Elfirie, celle-ci pense que sa petite Kathy est passée à travers une porte féerique et s’est perdue de l’autre côté . Aussi décide-t-elle de partir à la recherche de la petite disparue, mais le chemin jusqu’au coeur de Féerie est long et semé d’embûches. Eleanor doit prouver sa valeur et sa volonté en marchant sur les traces des treize Oghams, les treize mois de l’année du calendrier celtique représenté par treize arbres de différentes essences,  pour ainsi peut-être atteindre le but final de son voyage.
Après « Toi lumière de ma nuit », Krystal Camprubi nous mène une fois de plus sur les traces du merveilleux,de la beauté et de la poésie. Elle signe ici un livre personnel où mots et images se répondent, s’emmêlent, se mélangent. Ce premier tome d’ Oghams est une pure réussite, un doux voyage lyrique qui nous conduit sur les traces de ces signes sacrés … J’en redemande !

© Toutes les images Copyright Krystal Camprubi / Editions Au bord des Continents