De l'autre coté du miroir

J'aime prendre un beau livre, le regarder sous tous les angles, m'attarder sur les illustrations et le texte. Ce profond intérêt a donné lieu à une collection, puis plus tard à ce blog.

De l'autre côté du miroir

est un lieu où je partage mes découvertes, où je parle de mes coups de coeur, où j'interviewe des artistes et des auteurs dont j'aime les créations.

Au détour des pages, vous découvrirez des beaux-livres, des romans, des bandes dessinées, le tout portant sur des univers que je chéris : la féerie, la fantasy, le merveilleux et la littérature jeunesse.

Simulacron 3

Je ne suis pas particulièrement fan de science-fiction ( dixit la fille qui vénère Doctor Who, ne rate aucun épisode et se les regarde plusieurs fois jusqu’à en connaître la moindre réplique par coeur, mais passons), je n’en lis presque jamais, pour ne pas dire jamais, mais comme j’avais lu d’excellent échos sur Simulacron 3, j’ai voulu tenter et je me suis jetée à l’eau.

Douglas Hall travaille sur Simulacron 3, une grosse machine simulatrice d’environnement total. En gros dans la machine, il y a des gens qui vivent une vie tout à fait normale sans se douter une seule seconde qu’ils n’existent pas vraiment et que leurs vies, leurs travailles, leurs familles ont été inventés par une bande d’ingénieurs. Mais voilà que le génial inventeur de ce petit joujou meurt dans un accident, ce qui va déclencher pour notre petit héros Douglas Hall une chaîne d’événements de plus en plus bizarres : visions, personnes qui disparaissent sans laisser de trace et j’en passe. Il n’a pour seul indice qu’un dessin laissé par son mentor avant de mourir, dessin ayant lui-même disparu quelques minutes après sa découverte.

J’ai été quelques peu sceptique au début de ma lecture: ça débute avec pleins de mots étranges tels que plate-forme-anti-G, réaco, simulectronique et je devais être en mode screugneugneu, pis il faisait très chaud aussi parce que j’y comprenais rien, le brouillard complet. J’ai quand même continué parce que je me suis dit qu’il y a bien un moment où je finirai par comprendre quelque chose et qu’on ne peut pas lire autant de trucs positifs sur un livre sans raison. J’ai donc persisté, persisté et … je me suis retrouvée à 4 heures du matin la dernière page en main, tellement prise par ma lecture que je n’ai pas vu le temps passer.

Une fois les premières pages passées, l’histoire, bien qu’ écrite en 1964, se révèle d’une très grande fluidité, je me suis totalement laissée prendre par la recherche de la vérité de Douglas Hall où les événements s’enchaînent sans aucun temps mort. Cet homme est-il totalement fou, s’imagine-t-il toute cette histoire ou est-il en train de démanteler le plus grand subterfuge que l’humanité n’ait jamais connue? Daniel-Francis Galouye signe un roman d’une très grande richesse où la recherche de la vérité s’entremêle avec les doutes et la recherche de soi de Douglas Hall, devenu malgré lui héros d’une quête qui va définir l’avenir d’un monde .

Simulacron 3, Daniel-Francis Galouye, Editions Gallimard Folio SF, 2010

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec blog-o-book et les éditions Gallimard Folio SF

Instructions

Imaginez que vous ayez une soudaine envie de vous aventurer au Pays des Contes. Vous, vous ne voyez que la partie submersible de l’iceberg, la beauté du paysage, des créatures qui l’habitent, sans vous douter une seule fois des effroyables dangers qui vous guettent. Heureusement pour vous, Neil Gaiman a signé ce mode d’emploi, ce guide de survie à suivre scrupuleusement si vous souhaitez vous en sortir vivant et pas finir dans l’estomac d’un monstre de passage ou coincé dans un trou sans fond.

Je connaissais déjà très bien le texte d’Instructions, déjà parcouru dans Des choses Fragiles et le Monde de Faerie de Brian Froud (mais siiiiiii regardez donc à la fin du livre dans la cachette secrète), mais là il y a en plus les magnifiques illustrations de Charles Vess qui donnent vie aux mots de Gaiman. Charles Vess, qui avait déjà signé les images de Stardust, autre livre de Gaiman, y alterne des images aux tons rouge et vert nous plongeant dans une féerie délicieusement dangereuse où les mots poétiques de Monsieur Gaiman nous font traverser une porte en bois, puis un jardin, puis une autre porte nous ouvrant une maison plus grande à l’intérieur qu’à l’extérieur (et non elle n’est pas bleue et ne fait pas woush woush), avant de pénétrer dans le monde des fées, des contes, et de toutes les créatures plus extraordinaires les unes que les autres.

On y croise des allusions à des contes plus ou moins connus, à d’autres oeuvres de Gaiman aussi. C’est un vrai plaisir à parcourir et de marcher aux côtés du héros, sorte de Chat Botté, félin marchant sur ses deux pattes arrière et habillé comme un riche souverain. Un très beau texte, accessible même si vous parlez peu la langue de Shakespeare.

Et vu que je suis super sympa et tout et tout je vous met la bande annonce du livre, qui est très chouette car elle montre en même temps le making-off des illustrations, le tout sous la lecture du texte par Neil Gaiman himself, si ça c’est pas un truc sympa !

Instructions, Neil Gaiman, Charles Vess, éditions HarperCollins, 2010

Toutes les images ©Copyright Neil Gaiman/Charles Vess/éditions HarperCollins

Programme du week-end du 24-25 juillet de l’exposition Lanval

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Voilà le tant attendu programme du week-end du 24-25 juillet, week-end un peu particulier vu que l’on pourra y croiser certains artistes exposant à l’ exposition Lanval (qui je vous le rappelle est visible durant tout l’été au château de Comper).

Les artistes présents pour commencer. Nous pourrons y croiser de très grands artistes très talentueux ( et vu que j’ai la flemme de les copier -bah vi il fait très chaud là-, je vous invite à lire la liste ci-dessous ;) – je précise que je fais des petits bons devant mon ordi en découvrant cette liste – ) :

Et maintenant le programme:

-Samedi 24 juillet:

- à partir de 14 h 30, rencontres informelles et dédicaces
- à 15 h 30, visite de l’exposition Lanval en compagnie des artistes qui le souhaitent.
- 16 h 30, conférence-lecture par Claudine Glot et Jacques Courtès, comédien.
- 17 h à 18 heures, concours de dessins d’enfants sur le thème de Lanval, avec un jury de 4 artistes.
- à 19 heures, à l’église de Tréhorenteuc, concert Crista Galli.

-Dimanche 25 juillet:

-Vernissage à 11 heures 30.
-A 14 heures, visite de l’expostion Lanval.
-À partir de 14 heures, dédicaces, en fonction de la disponibilité des artistes.
-de 15 h à 16 h : concours de dessins d’enfants sur le thème de Lanval, avec un jury de 4 artistes
-15 heures 30 lecture de textes en français et anglais (avec Maxine Fone, actrice, Jacques Courtès, accompagnés par Elizabeth-Jane Baldry, la harpiste des fées).
-16 h 30, spectacle équestre de Equ’Arts.
-18 h, visite de l’exposition Lanval.

Information complémentaires:

Pour toutes questions relatives à l’événement : http://www.centre-arthurien-broceliande.com/
Le château de Comper est ouvert de 10 heures à 19 heures en continu.

Entrées :
5,50 € (adultes). Billet deux jours : 8 euros.
4 € (étudiants). Billet deux jours : 6 euros

La Dame pâle

1825.  La guerre entre la Russie et la Pologne faisant rage, la belle Hedwige doit fuir le château familial pour chercher refuge dans le monastère de Sahastru situé au milieu des monts Carpathes. Elle est attaquée au cours de son voyage par une bande de brigands et sauvée in extrémis par le Prince des lieux, Grégoriska. Evidemment, entre la belle et le Prince, c’est rapidement l’amour fou, mais voilà il y a un point noir dans leurs sentiments: Kostaki, le chef des brigands, qui se trouve être le frère de Grégoriska et qui est bien entendu, tombé également fou amoureux d’Hedwige. La dualité des deux frères va mener à la mort de l’un d’entre eux, qui reviendra ensuite chaque nuit assouvir sa soif de sang auprès de la belle demoiselle.

Alexandre Dumas nous plonge dans une atmosphère à huit clos au coeur des Carpathes, où une jeune femme polonaise se voit cloîtrer dans une maison loin de chez elle. Personne ne parle sa langue excepté Grégoriska, et c’est sans doute pour cela qu’un lien particulier se tisse entre eux. Ils l’ignorent encore, mais une terrible malédiction pèse sur la famille, il semblerait que parfois les morts se relèvent pour venir se nourrir d’hémoglobine. Justement, Kostaki trouve la mort de façon mystérieuse et Hedwige ressent une étrange torpeur quand vient la nuit et se réveille au matin épuisée avec une marque insolite dans le cou.

L’auteur nous plonge dans une nouvelle trouvant sa source au coeur des Carpathes, une histoire intrigante où le fantastique côtoie  le romantisme, où l’amour d’une femme s’entrelace à la haine de deux frères très différents n’ayant pour point commun que d’avoir donner leur coeur à la même dame. Un conflit qui va se résoudre aux portes de la mort où le bien et le mal, la lumière et l’ombre, incarnés par le blond Grégoriska et le brun Kostaki vont se battre pour remporter l’âme de la belle polonaise.

La Dame pâle, Alexandre Dumas, Editions Gallimard Folio 2€ E, 2006

Wonderful

Vous avez peut-être entendu parlé de la collection 10 ans 10 euros lancé par les éditions Bragelonne pour leur 10 ans. Bref, j’en ai acheté un certain nombre et Wonderful a été mon tout premier. Je suis tombée en exaltation devant la couverture que j’ai trouvé très jolie avec cette belle lune rappelant celle de Méliès ( et il est de fait maintenant fort connu que quand une couverture est jolie, le livre fini immanquablement dans le panier, manque plus que le résumé soit aguicheur ou que j’aime particulièrement l’auteur et là je fais des petits bons sur place, mais bon passons …).

Wonderful, donc, un titre plutôt original pour un livre qui traite de la fin du monde (petit rappel pour les non anglicistes s’il y en a dans la salle, wonderful ça veut dire magnifique, excellent), bref c’est un mot qu’on utilise quand on est super content, donc à première vu un peu hors texte pour le sujet, non ?

Notre histoire débute à Londres où un gentil animateur de Blue Fm nous souhaite une bonne journée, et indique que le ciel ne nous est pas encore tombé sur la tête, et ça c’est cool, voyez-vous, car loin d’ être une jolie forme littéraire, le ciel menace réellement de tomber sur la tête des habitants de la Terre, littéralement, car le petit astre lunaire part en morceaux, morceaux qui pour l’instant tiennent encore, mais pour combien de temps?

La Reine et la famille royale ayant quitté le navire, les londoniens se sont accaparés leur ville, recréant la géographie et les quartiers: nous avons donc des quartiers, qui à première vue paressent normaux, un quartier victorien où les habitants vivent comme au XIX ème siècle, avec grandes robes et tout le tralàlà et ont même une Reine, digne descendante de la Reine Victoria. Il y a même un quartier de colons où les heureux élus vivent comme à la grande époque où l’Angleterre colonisait le monde, un autre où les fées ont pris le pouvoir sous l’autorité de la reine Mab,  il y a aussi un Roi de Londres, une ville souterraine que peuplent des taupes humaines et un marathon de danse qui se prépare sur Trafalgar Square, où une bande d’infatigables se prépare à bouger les fesses jusqu’au dernier instant.

C’est dans ce contexte légèrement perturbant que nous faisons la connaissance du docteur Loom, qui porte bien son nom, puisqu’amis anglicistes ou pas, loom signifie menacer, être imminent, bien plus en rapport avec notre fin du monde qui approche à grands pas que le titre figurant sur la couverture. Notre cher docteur s’efforce donc de rassurer et sauver des vies pendant les quelques jours qui lui restent à arpenter la terre ferme. Il se retrouve par hasard sur les traces d’un mystérieux film qui intéresse beaucoup de monde, sans que personne ne sache exactement ce qu’il y a dessus. Une vraie chasse au trésor à travers Londres où notre ami Loom va se faire pas mal d’amis et d’ennemis et le mener sur les traces de nos voisines du système solaire.

Avec Wonderful, nous pénétrons dans un labyrinthe verbal, un lieu étrange où des planètes humanisées complotent un noir dessein. L’intrigue est rythmée par la voix de l’animateur de Blue FM, personnage désincarné qui guide le lecteur entre les pages, lui confiant la problématique du récit, lui soufflant les secrets de l’univers. J’ai trouvé que par bien des aspects, Wonderful me faisait pensé à Neverwhere de Gaiman (notamment les deux détectives Jetsam et Floatsam qui ressemblent étonnamment à Croup et Vandemar), mais côpine AcrO m’a ensuite glissée dans l’oreillette que Calvo en aurait fait un hommage à l’univers de Gaiman.

J’avoue qu’au début je n’ai pas trop su par quel bout prendre ce roman de David Calvo, tant son univers est déconcertant, et j’ irai même jusqu’à dire bizarre. Le lecteur est volontairement dérouté, paumé et devient en quelque sorte aussi lunatique que les londoniens: on ne sait pas trop ce qui se passe, mais après tout on s’en fou, continuons à lire et à découvrir l’histoire, et en plus c’est bien écrit pour ne rien gâcher, donc savourons ;). Pour ceux qui auraient peur, sachez toutefois que cette histoire tient tout à fait la route finalement et présente une fin du monde poétique, festive et joyeuse sur fond de musique, de danse et d’enquête, investigation très bien menée d’où on n’a qu’une envie, celle de savoir le dernier mot.

Wonderful, David Calvo, éditions Bragelonne, 2010

Cette lecture a été réalisée dans le cadre d’une lecture commune avec Lhisbei, grande investigatrice de cette LC, AcrO, qu’on ne présente plus ;), Cachou et Gaëtanallons voir ce qu’ils en ont pensé …