Arianrhod, tome 1 : Les larmes de l’esprit

Il était une fois un monde lointain déserté par la magie. Les créatures féeriques en avaient totalement disparu, seul vestige de ce lointain passé, les dragons, maintenant prisonniers et esclaves des hommes. Sahasrara a grandi parmi les nains. Élevé par leur magicien, il est devenu son apprenti. Offert en cadeau aux hommes contre la promesse de liberté pour le peuple Nain, il devient l’héritier du dragon divin Fafnir et grand magicien de la famille royale. Seulement le jeune garçon cache une terrible tare, qui, si elle est découverte, lui vaudra une mort certaine.

Arianrhod, c’est d’abord l’histoire d’une quête d’identité. Sahasrara ne connaît rien de ses origines, de son passé. Il sait seulement qu’il est un dollan, et que ce mot lui vaut le rejet et le mépris des nains. Un mystère plane sur ce peuple maudit des centaines d’années auparavant, reconnaissable à une marque sur la visage. Le jeune homme est donc constamment conscient de cet héritage, se rabaisse et refuse de montrer son visage à quiconque: se considérant comme monstrueux et usurpateur, il pense ne pas mériter le titre d’héritier du dragon divin Fafnir.

Le monde dans lequel il évolue est un monde privé de magie depuis des siècles: les hommes, terrifiés par la magie, ont chassé et exécuté ceux qui étaient capables de l’utiliser. Ainsi les Elfes ont-ils totalement disparu de ce monde, ainsi que les magiciens. Ils ont toutefois aujourd’hui changé d’avis, et c’est ainsi que Sahasrara se retrouve offert comme cadeau d’anniversaire au prince: il devient du jour au lendemain l’un des personnages les plus influents de la cour et du monde humain.

On retrouve dans l’univers imaginé par Syveline Lemaire nombreux éléments classiques au monde de la fantasy: différentes races, créatures féeriques, magie, quête, … Toutefois, Syveline y a apposé sa patte avec poésie, créant une histoire originale bercée par de sombres mystères et de noirs complots. Ce premier tome est vraiment prometteur et j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à le lire, plus qu’une hâte, découvrir la suite !

Découvrez le prologue et les cinq premiers chapitres ici !

Arianrhod Les larmes de l’esprit, Syveline Lemaire, éditions Mars, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Mars.

Sanshodo

Les extraterrestres sont parmi nous ! Avec cette découverte viennent les questionnements, la peur de l’inconnu. Comment réagir ? Les gouvernements font comme si rien n’avait changé, comme si les Zitis n’avaient pas débarqué sur Terre. Il y a ceux qui voient en cette arrivée l’opportunité d’en apprendre plus sur l’immensité de l’espace, et puis ceux qui ne cherchent qu’à tirer profit des nouvelles technologies que les aliens sont prêt à mettre à la dispositions des humains.

En trois nouvelles, Jean Millemann va dépeindre une rencontre, une amitié, un amour. Il aborde avec beaucoup de philosophie et de justesse la peur de l’inconnu, la peur de la différence, physique et culturelle. Mais même ces barrières peuvent tomber et se transformer en une amitié durable.

C’est d’abord le héros de la première nouvelle qui en fait l’expérience: envoyé sur une navette comme émissaire humain, il va travailler main dans la main avec une Nagaï. Les deux êtres vont s’adonner à un jeu de questions-réponses, échangeant leurs points de vue, leurs émotions; longues discutions au cours duquel la vision du monde de l’humain va radicalement changer.

Nous nous retrouvons ensuite au coeur d’une enquête policière où toutes les preuves désignent l’un des visiteurs intergalactiques comme coupable. Leboeuf, un lieutenant grincheux et solitaire est mis sur l’enquête. On lui octroie évidemment une charmante co-équipière non humaine et les deux se lancent sur les traces de l’Araignée qui aurait fait le coup (oui, cette race a l’apparence d’une araignée géante, cool nan ?). Alternant humour, situations absurdes et doutes sur le devenir de l’humanité, cette enquête se termine sur un dénouement assez surprenant.

Ce recueil se termine sur une note de zénitude et de … choupitude ! Sean Destich est envoyé rencontrer l’être le plus ancien de l’univers. Celui-ci se révèle être un Dragon amateur de thé ayant une bande de Tanukis pour compagnons. A ses côtés, l’humain va apprendre à ouvrir son esprit et sa conscience, à simplement écouter. Beaucoup plus courte, cette nouvelle mélange habilement science-fiction et références à la culture asiatique.

Difficile de classer ce recueil, tant les nouvelles qu’il contient se révèlent hors-normes et originales. Elles ont pour fil conducteur une rencontre entre l’humanité et les créatures de l’espace à différents instants de l’Histoire: d’abord l’arrivée, surprenante révélation que les humains ne sont pas seuls, puis l’acceptation de l’idée, la mise en place durable des relations entre les races. Jean Millemann décrit ces contacts avec poésie et optimisme, invitant le lecteur à un voyage lointain à travers les étoiles.

Sanshodo la voie des trois vérités, Jean Millemann, éditions Ad Astra, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Ad Astra.

 

Le Lamento des Ombres

Après nous avoir ensorcelé avec leur première anthologie Sorcières et sortilèges, les enfants de Walpurgis reviennent en fanfare et en musique avec le Lamento des Ombres; huit nouvelles où le murmure des violons se mêle à celui de la magie et de la mort.

Premier musicien à faire son entrée, Stéphane Soutoul nous ouvre les portes de l’immortalité avec Maudite Sonate! La Mort, charmée par la mélodie jouée par un jeune virtuose lui offre l’immortalité en échange d’une malédiction: la maîtresse possessive fera en effet passer de vie à trépas quiconque entendra la sonate maudite. Seul depuis des siècles, il vient en aide à une jeune femme poursuivie par un tueur avide de chair fraîche… Stéphane Soutoul signe une fois de plus une histoire émouvante qui plonge le lecteur dans la noirceur de l’âme humaine en opposant deux hommes dotés de l’immortalité, mais que tout oppose.

Requiem pour un songe de Céline Guillaume nous fait pousser la porte interdite, celle qui se cache sous les combles. Elle nous fait rencontrer la plus grande violoniste du monde, garante d’un sombre secret… En quelques pages, Céline nous fait traverser le miroir et nous immerge dans son univers doux et poétique qui sombre lentement dans l’horreur.

Sexe, alcool et rock’n'Roll coulent à flot dans That’s a long Way to Hell, une uchronie mise en scène par Marianne Gellon où le lecteur suit la descente aux enfers d’un chanteur d’un groupe de rock. L’originalité de ce récit tient dans son cadre: une Europe occidentale dévastée où ne survit qu’un Néoberlin et une Russie qui a imposé la pensée communiste sur ce qui reste du monde.

Cécile Guillot rejoue le conte de la petite sirène avec Song to the Siren. Elle incorpore son univers et son amour pour le métal à chant féminin dans cette nouvelle délicate et mélancolique, nous rendant spectateur de l’ascension spectaculaire d’Aysun, une jeune fille mystérieuse à la voix d’or.

Le lecteur se lance dans une dangereuse enquête au coeur des légendes et des créatures féeriques avec Les flûtes enchantées de Vanessa Terral. Une aventure piquante et mouvementée où le son de flûte sème la mort sur son passage. L’univers de Vanessa est toujours aussi riche et envoûtant, plongeant le lecteur dans une nouvelle au parfum irrésistible de féerie urbaine.

Une vieille demeure, un hôte inquiétant amateur de musique, un jeune virtuose innocent … tels sont les ingrédients de la Chorale du Temps d’Ambre Dubois. Un lieu figé dans le temps, mausolée d’anciens instruments de musique dont le maître des lieux semble très friand, le tout sous le regard d’une inquiétante statue …

Salve Regna Stellarum d’Angélique Ferreira nous narre le destin fantastique d’un jeune elfe, destiné à devenir un grand guerrier. Sauf que cette vie, lui, il la refuse. Il veut par dessus tout être musicien, composer et jouer ses morceaux. Toutefois, ce chemin sera difficile, semé d’embûches et de malédictions, un chemin qui va le mener jusqu’au coeur des Enfer, au secours d’une belle demoiselle.

Le morceau se termine sur la Clef musicale de Bettina Nordet. Un très beau récit narrant l’amitié inattendue de Léonard de Vinci avec l’Ange de la Mort. Touchant et lyrique, il alterne deux rencontres, deux époques, deux rendez-vous avec l’Ange de la Mort, brisant ainsi son éternelle solitude.

Les auteurs ont chacun mis leur patte dans ce thème musical, créant une anthologie aux nouvelles hétérogènes et originales … horreur, fantasy, féerie urbaine, fantastique, les textes se succèdent et ne se ressemblent pas. Le Lamento des Ombres est un très beau recueil, riche de nouvelles fort bien écrites. On se laisse porter par les différentes musiques, chacune d’entres elles nous ouvrant les portes d’un univers, d’une époque. Si vous avez aimé Sorcières et sortilèges, vous aimerez sans doute ce Lamento . Si vous ne l’avez pas lu, et bien c’est l’occasion de vous plonger dans l’univers unique de ces jeunes auteurs francophones, dépaysement garanti !

Le Lamento des Ombres, Les Enfants de Walpurgis, éditions du Chat Noir, à paraître le 1er septembre 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions du Chat Noir.

Bientôt dans la bibliothèque #9

C’est bientôt la rentrée et pleins de belles sorties littéraires  se profilent à l’horizon … Oh oui ! Je me suis particulièrement penchée aujourd’hui sur deux petites maisons d’éditions indépendantes: l’une que j’aime beaucoup et qui revient très souvent dans ces pages, les éditions du Riez et l’autre dont je suis déjà fan du nom et du logo et dont je suis en train de dévorer le premier titre, les éditions du Chat Noir.

De Franck Ferric, je n’ai lu pour l’instant que des nouvelles rencontrées au grès d’anthologies ( Muséums, ou l’Emblèmes sur les Fées ) ou de son recueil Marches Nocturnes que je n’ai pas encore chroniqué. Après la Loi du Désert, premier titre paru chez les éditions du Riez, les Tangences Divines paraîtra en septembre.

Le topo :

Lorsque Théodule, égoutier à Paris, décide de lever le pied sur un job qui l’épuise et une vie de couple bancale, il espère pouvoir se la couler douce un moment. Mais c’est sans compter sur l’arrivée de deux vieilles gloires décaties persuadées que leur salut tient à la redécouverte d’un dieu antique, qui viennent frapper à sa porte pour le contraindre à leur prêter main forte.

Embringué dans une histoire qui le concerne sans doute plus qu’il ne l’imagine, l’égoutier croisera des nains ratatinés, des dieux amateurs de blues, des déchus à tête de chacal et des nymphes rapiécées. Autant de guides splendides et misérables, qui le conduiront aux confins des tangences divines.

Une chose est certaine : si les dieux de jadis ont salement perdu de leur superbe, ce sont toujours de fieffés escrocs.

Découverte dans l’anthologie Sorcière et Sortilège, je n’ai  pas encore eu l’occasion de lire de roman d’Ambre Dubois. Se sera sans doute chose faite avec Absinthes et Démons à paraître en octobre.

Le topo :

« Qui est réellement Lord Nermeryl ? Le diable, comme le laisse sous-entendre la rumeur ? Ou un jeune dandy un peu trop excentrique dont le passe-temps morbide est d’enquêter sur des affaires surnaturelles ?

Au fil des énigmes, en compagnie de sa fidèle compagne, la Corneille, le jeune homme goûte la saveur des âmes des êtres humains, découvrant les travers de l’humanité et y apportant sa propre justice… d’une manière bien singulière… »

Toujours chez les éditions du Riez à paraître en novembre: Contes du Monde, une anthologie d’une quinzaine de nouvelles (la liste complète ici).

Le Pantin sans Visage d’Aalehx sera le prochain titre à paraître dans la collection Graffics. Il paraîtra en décembre et sera accompagné d’un CD.

Présentation des éditions du Riez :

Il était une fois Aalehx.

Conteur polymorphe, Aalehx consacre sa musique et ses illustrations à l’univers sans frontière, sans époque et sans territoire du « Pantin sans visage ». Artiste visuel et sonore autodidacte, il redessine sur scène ce conte glacial par le biais d’un concept novateur de BD-Concert, alliant musique Indie Pop Rock, décors et projection d’animations tirées de sa bande dessinée.

Si ses illustrations aux allures de comic book « mangatisé » rappellent les ambiances des films de Tim Burton et d’Hayao Miyazaki, il s’est en outre façonné une identité musicale aux sonorités électro à l’écoute d’artistes tels que Radiohead, Björk, Noir Désir ou encore Portishead.

Les éditions du Riez vous proposent de découvrir à travers la BD et le CD d’Aalehx une échappée poétique et lunaire aux limites des mondes. Dans un univers industrialisé où les rêves sont prohibés et où les habitants dépourvus de bouches sont réduits au silence, un vieux créateur décide de défier l’oppression en offrant sa vie au Pantin sans visage. N’ayant pour seuls sens que l’ouïe et le toucher, le Pantin tentera de surmonter les multiples obstacles qui le conduiront à devenir le premier symbole de liberté de ce royaume soumis à la tyrannie…

Et très bientôt (je vous en dirai plus dés que j’aurai plus d’infos): L’héritage du serpent de Virginia Schilli, dernier tome de la trilogie Anders Sorcele et Mademoiselle Rose, que j’attends avec beaucoup beaucoup d’impatience, car on y retrouvera Estelle Valls De Gomis à la plume et Natalia Pierandrei  aux pinceaux .

Côté éditions du Chat Noir, on est pas en reste non plus. On commence par l’anthologie le Lamento des ombres à paraître le 1 er septembre. Je vous en dirai un peu plus très bientôt, car je suis plongée dedans … On y retrouve les enfants de Walpurgis, joyeux collectif d’auteurs francophones qui avait déjà signé l’anthologie Sorcières et Sortilèges dont j’ai déjà parlé quelques lignes plus haut (voui, je sais, je me répète. Mais cette antho vaut vraiment le détour ;) )

Le topo:

Tempo sourd ou pure envolée, trille innocente ou rugissement de haine, la musique vibre à nos oreilles de ses multiples identités. Tantôt berceuse, parfois fracassante, elle n’a pas de frontières, elle ignore les bornes. Ou plutôt, elle les refuse.
L’harmonie, ce fluide évanescent de cannelle et de myrrhe qui perce jusqu’aux palissades des cultures, marche aux confins de la mortalité. Elle transgresse les limites humaines. Elle apporte l’ailleurs jusqu’à nous, nous y transporte. Elle ouvre des passages vers des mondes imperceptibles et les créatures qui y vivent. Pour la beauté, pour la musique…

Huit auteurs se sont rencontrés autour d’une poignée de notes. Certains ont pris l’immortalité en Dot majeure, d’autres un chant Fa-erique aux accents tragiques. Les restants se sont partagé des partitions en clés de Sol afin de passer une porte, une épreuve… ou la muraille dont s’entoure un cœur.
Dans ce grand opéra à huit voix, l’Histoire croise l’utopie, la fantasy médite en compagnie du fantastique romantique sur la magie et les pactes faustiens. Un arpège délicat se met en œuvre. Une mélodie douce-amère, où les ombres évoluent dans les brumes comme dans les consciences…

Le sentier du lamento vous mènera jusqu’à elles.

En novembre, nous retrouverons Georgia Caldera  et son premier tome des larmes rouges, Réminiscences :

« Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!

Déjà 2012 … En janvier, nous serons invités à aller à la rencontre des Dames de lune et autres fées des brumes:

Une jeune magicienne est désignée pour débarrasser son royaume d’un terrible dragon… Une adolescente insouciante se retrouve transportée dans un monde inquiétant… Une fée est prête à tous les sacrifices pour sauver son prince d’une mort certaine…Un médecin fait une expérience des plus étranges au chevet de sa patiente sur le déclin…

Huit illustrations. Huit contes mêlant magie et amour. Allez à la rencontre de divinités et de créatures démoniaques ou merveilleuses… Découvrez ces histoires au parfum de terribles malédictions, de destins tragiques mais aussi de courage et de nobles sentiments !

En avril, on découvrira le premier tome des Damnés de Dana, la Dame Sombre d’Ambre Dubois :
Au pied d’un cercle de menhirs, une jeune femme aux cheveux et aux yeux couleur corbeau se réveille. Qui est elle? Elle l’ignore. Ou se trouve t’elle? Elle va bientôt le découvrir…
En plein territoire picte, résistant aux envahisseurs romains, une tribu celte recueille la mystérieuse femme. Rapidement, elle va se trouver mêlée au quotidien de ce peuple, à ses légendes, à ses mystères et à ses désespoirs.
Le cercle de pierres sera-t-il la clef qui lui rendra son identité? A moins que ce ne soit le vampire qui la surveille dans l’ombre…
Juillet sera l’occasion de découvrir le premier roman de Cécile Guillot (Là aussi découverte dans l’anthologie Sorcière et Sorcellerie, décidément !): Fille d’Hécate, tome 1 : La Voie de la Sorcière. Le topo ?
« Je croyais n’être qu’une étudiante ordinaire et sans doute trop renfermée. Et puis, il a eu cette expérience étrange, la découverte de mon don… Maintenant je dois apprendre à m’accomplir en tant que sorcière, développer mes pouvoirs et trouver ma place en ce monde. Tout aurait-été parfait s’il n’y avait pas eu ces cauchemars et ces malaises. Quelqu’un cherche à me nuire ! Mais qui pourrait bien me harceler ainsi ?
Et, pour ne rien arranger, j’ai aussi un mémoire à écrire pour valider ma dernière année de psycho. Ma vie n’est vraiment plus de tout repos ! »Maëlys nous ouvre les portes d’un univers étrange et déroutant, celui de la Wicca. La quête spirituelle qui est sienne va l’exposer à des menaces insoupçonnées. Surtout que le destin pourrait bien placer sur son chemin, les clés qui l’aideront à résoudre les mystères d’une existence parsemée d’ombres… Car, une sorcière peut-elle s’épanouir coupée de ses racines, ignorante d’un passé dont pourrait dépendre l’avenir ?
Septembre sera enfin l’occasion de se plonger dans l’Aube de la guerrière de Vanessa Terral (Et oui, là aussi découvert dans une certaine antho ;) )  :
« Marre de jouer les éboueuses ! De ramper dans les divers infra-mondes à traquer les monstres les plus tordus de la Création. Et maintenant, on nous envoie sans équipier, direct au casse-pipes ! Trop de boulot, qu’ils disent. Trop de manifestations. Il paraît que c’est à cause de la fin du monde. Quel monde, déjà, je ne sais pas trop… Mais quelle fin en plus ?! On a déjà eu droit à l’éclipse de 1999, au bug de l’an 2000, à l’ère du Verseau qui s’est glissé quelque part là-dedans et maintenant à décembre 2012 grâce à cette connerie de calendrier maya ! N’importe quoi…Remarquez, je devrais quand même me méfier ; je suis bien placée pour savoir qu’en matière de légendes, il n’y a pas de fumée sans feu. La preuve : moi, ça fait trois semaines que je suis un ange guerrier. »À peine décédée, Solange est envoyée à l’armurerie divine. Le Livre de saint Pierre a parlé : guerrière par prédisposition naturelle, mais ange sans grande valeur, elle ne sera d’aucune utilité dans la guerre qui oppose les siens aux démons. Autant l’utiliser près des Fosses, ces lieux dispersés dans les plans qui ont pour point commun d’abriter des Larves et autres créatures de cauchemar. Lesquelles ont une fâcheuse tendance à fuguer…Un job qui n’a rien de bien intéressant – à part une meilleure connaissance des différents types d’effluves méphitiques – jusqu’à ce qu’elle découvre que les démons aussi envoient des guerriers dératiser les abords des Fosses. Dont Terrence et Aghilas… ce dernier possédant le même Don qu’elle, un pouvoir très rare visiblement : le Feu des Ténèbres.

Évadés de l’Enfer !

Ils sont quatre : Eli, un clochard, a choisi de mettre fin à sa vie, Belle, une prostituée, a été battue à mort par son mac, Matthew, un homosexuel, est mort sur le billard et Seven, un tueur à gages sans pitié, a été abattu par les forces de l’ordre. Quatre être humains que rien ne rapprochent à part d’avoir atterri en Enfer après leur mort. Un Enfer très familier, semblable à un New York détruit, désinfecté, abandonné où l’on survit dans la mort comme l’on a vécut dans la vie. En découvrant ce monde décoloré et maudit, les quatre condamnés n’ont plus qu’une idée en tête: s »évader !

Violent, terriblement décalé, mais diablement efficace, Hal Duncan nous plonge dans un Enfer inédit où la célèbre phrase « l’enfer c’est les autres » trouve toute sa saveur. Ici, point de petits diablotins rouges pour vous piquer les fesses ou de grandes marmites où vous bouillirez jusqu’à la fin des temps. Non, c’est les autres humains qui vous font vivre un enfer !

Tout y est hiérarchisé, programmé: vous commencez en bas de l’échelle en étant battu, insulté, violé. Et si vous vous conduisez bien, que vous ingurgitez toutes ces violences sans broncher, que vous vous laissez être brisé, alors peut-être rejoindrez-vous les tortionnaires et aurez le plaisir de vous divertir auprès des milliers d’âmes pécheresses arrivant par ferries entiers chaque jour. La violence y est omniprésente, elle est partout: tout y est filmé, relayé à la télévision 24h/24 par un présentateur vedette. Son émission est la seule existante et impossible d’y échapper, les téléviseurs restant allumé jours et nuits.

A cette violence physique et mentale, nos quatre amis ont décidé d’y échapper. Oui, mais comment ? Car s’il est si facile d’y entrer, en sortir est une autre paire de manche! Le lecteur est donc appelé à suivre leur quête infernale, une balade jonchée de cadavres et d’explosions à travers les sous-sols de cette ville inconnue, jusqu’à son coeur le plus profond où les quatre âmes perdues trouveront un allier précieux et inattendu.

J’ai été happée par ce combat de chaque instant, par cette course poursuite infernale engagée entre les suppôts du mal et nos résistants. Entre nervosité, ténèbres, excentricité, humour et horreur, l’écriture de Hal Duncan m’a emportée jusqu’à la fin.

Évadés de l’Enfer !, Hal Duncan, éditions Gallimard Folio (SF), 2010

Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Livraddict et  les éditions Folio

Chronique remise à l’honneur pour

 

 

Muséums

Muséum, n.m. Syn. Musée: Lieu où sont rassemblés des objets d’art, de science, en vue de leur conservation et de leur exposition au public.

Un musée, entre vous et moi, tout le monde y a déjà mis les pieds au moins une fois. On en a arpenté les couloirs avec intérêt ou ennuie, le regard parfois attiré par un objet exposé ou une peinture. Mais sait-on déjà demandé ce qui se tramait dans ses galeries une fois le dos tourné, une fois que l’heure de la fermeture a sonné et que le ciel s’est assombri ?

Et si les objets prenaient vie une fois la nuit tombée ? Et si ce n’était pas nous qui observions cette statue, ce squelette, cette créature naturalisée, mais en fait elle qui nous examinait sous tous les angles. Et puis si le musée était hanté ou s’il recelait les pires créatures méphistophéliques que le monde n’ait jamais connu ?

Le visiteur est invité à payer son ticket d’entrée et à pénétrer dans les couloirs sombres du muséum à travers une trentaine de nouvelles aux accents de fantastique, surnaturel, science-fiction ou horreur. D’une grande diversité, vous y croiserez conservateurs, gardiens, étudiants ou simple visiteurs, tous ayant en commun de dénicher ou de protéger une vérité incroyable nichée au coeur du musée.

Entrés avec une idée derrière la tête ou tout à fait par hasard, les protagonistes ont pour commun de vivre une expérience surnaturelle, qui pour une poignée d’entre eux se termine de façon malheureuse. Cabinet de curiosité, musée d’Histoire Naturel, musée d’Art ou d’Antiquité, musée reconnu ou totalement imaginaire, les lieux évoqués sont multiples et rendent mille et une atmosphères: salubre, poussiéreuse et inquiétante, lumineuse et accueillante.

J’ai beaucoup aimé ce recueil, même si le nombre important de nouvelles qu’il contient fait que toutes ne m’ont pas marquée. Toutefois, l’originalité est là, et même si le thème est le même pour toutes les nouvelles, chaque auteur a su y apporter sa patte, son atmosphère, rendant cette visite dans le muséum unique et très variée.

Nouvelles de : Nico Bally, Emmanuelle Cart-Tanneur, Olivier Caruso, Nelly Chadour, Romain Champion, Cédric Citharel, Fabien Clavel, Julie Conseil, Robert Darvel, Romain d’Huissier, Franck Ferric, François Fierobe, Anne Goulard, Gudule, Julien Heylbroeck, Jess Kaan, A. Kowski, Léo Lallot, Loïc Lendemaine, Bernard Léonetti, Aurélie Ligier, Jean-François Lubin, Irène Maubreuil, David Miserque, Terry Montcalm, Mathias Moucha, Georges Mugand, Régine Philippe, Véronique Pingault, Pascal Sacré, Ludmila Safyane, Blanche Saint-Roch, Jean-François Seignol, Bernard Weiss.

Muséums, Anthologie dirigée par Christophe Thill, éditions Malpertuis, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Malpertuis.

Curiosity Shop, tome 1 : 1914 – Le réveil

La jeune Maxima rentre chez elle après trois ans passés en pension chez les soeurs, heureuse à l’idée de retrouver enfin son père. Toutefois, une fois arrivée, c’est le drame: elle découvre que son père s’est suicidé. Refusant l’idée que son père se soit ôté la vie, Maxima va enquêter sur son passé et découvrir que cet homme, qu’elle pensait si bien connaître, cachait en fait une double vie: contrebandier d’antiquités à Madrid. Sa mort serait liée à une étrange machine capable de traduire un langage secret vieux de 1500 ans et évidemment convoité par les divers services secrets européens. Maxima décide donc de se rendre à Madrid au Curiosity Shop, lieu qui servait de repère à son père afin d’en apprendre plus.

Maxima est une adolescente rebelle, têtue et forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les pieds: chez les soeurs, elle enchaîne les punitions pour refus d’autorité, après la mort de son père, elle s’enfuit pour échapper à tyrannie de son tuteur. Seule dans une ville inconnue, elle n’hésite pas à s’infiltrer dans les groupuscules de Madrid et à se mettre du sang sur les mains pour arriver à ses fins. L’intrigue repose entièrement sur ses épaules et c’est grâce à ses découvertes que le lecteur découvre ce qu’est la mystérieuse machine. Néanmoins charmante et vulnérable, c’est une héroïne attachante qui apporte une certaine légèreté à l’histoire.

L’intrigue imaginée par Teresa Valero est intéressante et originale, mais toutefois parfois un peu confuse : les évènements se succèdent vraiment très vite, trop vite parfois à tel point que j’ai parfois eu du mal à mettre un nom sur certains protagonistes. Les dessins de Montse Martin sont quant à eux magnifiques. J’avais déjà eu l’occasion de les admirer dans la série Talisman et j’ai été donc contente de les retrouver ici.

J’ai toutefois un bilan un peu mitigé de cette lecture: j’aime énormément la couverture que je trouve magnifique (c’est la couverture qui m’a attirée en fait ;)), j’ai aimé les réactions de l’héroïne au caractère bien trempé, j’ai aimé l’atmosphère très particulière due à l’époque et au contexte choisi: l’Espagne, à l’aube de 1914 et la façon dont l’Histoire a été mêlé à l’intrigue. J’ai toutefois trouvé que le déroulement de l’histoire était parfois un peu fouillis et rapide… Dommage, car il y a vraiment de très bonnes choses dans ce premier tome !

Curiosity Shop, tome 1, Teresa Valero, Montse Martin, éditions Glénat, 2011

Cette lecture a été réalisée dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com et en partenariat avec les éditions Glénat.

Le bureau des chats

Au coeur de la voie lactée, deux enfants sont chargés d’accompagner à la flûte la Ronde des Etoiles. Toutefois, un matin un conflit éclate entre le Corbeau et le Scorpion, qui ne se supportent guère… L’Araignée, la Limace et le Blaireau ne se supportent pas non plus, et entre eux se déroule une étrange compétition … Au bureau des chats, l’entente n’est pas non plus des plus cordiales et c’est un pauvre matou bistre qui en fait les frais … A l’ombre des ruines d’un château une histoire d’amour naît entre une vigne sauvage et un arc- en -ciel … Sujet des moqueries des autres oiseaux, un faucon de nuit rêve de devenir une étoile …

Le bureau des chats est un recueil de contes inédits par l’une des grandes figures littéraires du Japon, Miyazawa Kenji. Sous couvert d’une naïveté touchante, il aborde des thèmes tels que le bien et le mal, la discrimination. En effet, les héros de ses contes sont toujours des êtres faibles, rejetés ou tourmentés par les autres: enfants, animaux, plantes, la différence tient un rôle important dans ses histoires. La méchanceté, l’envie, l’orgueil, la jalousie sont au coeur des relations qu’entretiennent les protagonistes. Toutefois, ces sentiments sont traités dans les cinq contes avec humour et légèreté, et conduisent immanquablement, non pas à un happy ending pour les bafoués, mais au moins à un châtiment pour les malhonnêtes.

J’ai beaucoup aimé ce recueil. Je me penche rarement sur les contes et légendes asiatiques, mais il s’en dégage, je trouve, un onirisme, une philosophie, une poésie, une fraîcheur et une atmosphère très particulière. Les morales sont troublantes, parfois énigmatiques et beaucoup moins radicales que celles des contes de Grimm ou Perrault: les gentils ne sont pas toujours récompensés, et les méchants pas toujours punis.

Le bureau des chats, Miyazawa Kenji, éditions Philippe Picquier, 1997

Le miroir aux vampires

Une nouvelle année scolaire débute pour Bérénice. Interne au lycée huppé d’Augustin-Thierry, elle doit partager sa chambre avec Nora, une jeune fille des pays de l’est. Mais très vite, des évènements étranges prennent place dans l’établissement: incendie du foyer, élèves qui portent d’étranges marques. La sécurité est renforcée, le règlement intérieur étoffé, le lycée se transforme en prison. Bérénice, quant-à elle,  a l’impression d’être observée, suivie. Il lui semble voir des apparitions, elle a l’impression de changer. Et puis, il y a ce vieux miroir dans la chambre d’internat, …

De Fabien Clavel, j’ai lu il y a quelques mois le premier tome de l’apprenti de Merlin, que j’avais beaucoup aimé. Je réitère donc mon aventure avec ce jeune auteur français en m’aventurant du côté de Compiègne où débute l’histoire de notre héroïne.

Bérénice est en terminale. Bonne élève, elle est toutefois assez solitaire et se lie difficilement. Ses parents se sont récemment séparés et son père l’a envoyée en internat. La jeune fille décide alors de correspondre avec sa grande soeur à travers un cahier où elle va reporter sa petite vie monotone, jour après jour. Monotone, vraiment ? Pas tant que ça puisqu’un mystère plane au dessus du lycée. Des rumeurs de vampirisme se propagent, Bérénice se sent traquée, surveillée, où qu’elle aille. Elle est même attaquée à plusieurs reprises. A côté de ça, l’adolescente doit préparer son bac, vivre une vie de lycéenne normale, se présenter à l’élection des délégués, supporter les moqueries de ses camarades et surtout tenir tête à Cerise, la peste prétentieuse richissime du coin.

A sa narration s’ajoutent deux voix : celle de Cerise, tout d’abord, qui à travers son blog donne sa vision des évènements. Et puis il y a les lettres, missives toujours signées de la même façon: Lutte et Obéissance. Correspondant inconnu qui semble mettre en place une invasion de notre monde par d’obscures forces méphistophéliques.

Avec le miroir aux vampires, Fabien Clavel renoue avec une créature mythologique aux dents longues. Toutefois pas de chauve-souris à l’horizon, l’auteur dépoussière le folklore en y ajoutant sa patte et en créant des vampires assez particuliers. J’ai aimé l’originalité de ce roman, son univers, même si parfois certaines scènes sont un brin longuettes. Bérénice est une héroïne à qui l’on mettrait bien des baffes parfois (promenons nous dans les bois, de nuit toute seule de préférence en espérant que les vampires n’y sont pas !), mais qui reste toutefois relativement intéressante dans ses recherches et ses réactions face au danger imminent. Un roman assez attrayant dans son ensemble (et il y a même une partie qui se passe à Camelot Pierrefonds !) qui m’a donné envie de poursuivre l’aventure !

Le miroir aux vampires, Fabien Clavel, éditions J’ai lu (Baam !), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Baam et Bibliofolie.

Le dernier jour de ma vie

Un coup de frein, de la fumée, puis l’obscurité. Lorsque Samantha se réveille le lendemain matin, elle imagine d’abord que ce n’est qu’un rêve. Cette journée du 14 février se passe comme toutes les autres, ou presque. Elle rejoint son petit ami et ses amies au lycée, reçoit des dizaines de roses et termine ce jour sur une soirée bien arrosée. Et ensuite ? L’accident. Tout devient sombre encore une fois et Samantha se réveille une fois de plus dans son lit. La forte impression de déjà-vu laisse rapidement place à une prise de conscience: cette journée, l’adolescente est réellement en train de la revivre encore et encore …

J’avais vraiment beaucoup aimé Delirium de Lauren Oliver. Avec le dernier jour de ma vie, nous retrouvons  une thématique semblable: une adolescente en quête d’ identité et de réponses. Lauren n’a aucun mal à nous faire entrer dans son histoire difficile et oppressante.

Samantha Kingstone est une fille ultra populaire. Elle sort avec l’un des mecs les plus mignons du lycée, ne quitte jamais ses trois best friends for ever. Parfois égoïste, souvent superficielle et sans gêne, elle n’a pas conscience du mal que sa conduite peut faire aux autres. Et puis arrive le drame. En comprenant qu’elle va revivre encore et encore cette fameuse journée, la jeune fille passe par tous les stades: incompréhension, colère, résignation … Elle essaie de changer son destin en changeant un détail par ci par là, en recommençant cette journée du 14 février de manière totalement différente. Elle pète les plombs, envoie valser tout le monde  … Mais rien n’y fait. Et puis, l’adolescente va peu à peu découvrir des vérités cachées qu’elle n’avait jamais voulu voir, se rendre compte que son super petit copain n’est peut-être pas si super que ça, que les élèves qu’elle méprisait jusqu’alors sont en fait sympathiques et méritent d’être écoutés. Sa vision du monde et des personnes qui l’entourent va radicalement changer.

Avec le dernier jour de ma vie, Lauren Oliver signe une histoire touchante qui met le doigt sur le mal être que vivent certains adolescents et le danger de n’avoir aucune limite: alcool, drogue, sexe; les adolescents peuplant l’histoire, et plus particulièrement l’héroïne, mènent une vie dangereuse, mais réaliste, sans penser au lendemain et aux conséquences de leurs actes.

On ne peut s’empêcher de détester Samantha et ses amies, de cracher sur ses réactions, sur ses paroles. Et puis, on la voit évoluer, se transformer, changer et notre regard change également. L’histoire de Lauren Oliver est très bien construite, car bien que se soit la même journée qui soit jouée encore et encore, on ne s’en rend pas compte. Nos sentiments envers Samantha évoluent en même temps que l’héroïne elle-même. Ses choix nous révulsent, nous surprennent: cette histoire ne laisse certainement pas le lecteur de marbre.

La page Lecture Academy du dernier jour de ma vie.

Le dernier jour de ma vie, Lauren Oliver, éditions Hachette Jeunesse (Blackmoon), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Hachette Jeunesse.