Le blog de la Belle

New York. Belle, jeune fille riche s’ennuie très fort. Malgré le fait que sa vie ressemble à un conte de fée, elle se sent différente de ses deux soeurs, qu’elle juge superficielle et dépensière. Elle, elle préfère passer des heures à la bibliothèque plutôt que dans les magasins et les salons de beauté. Alors Belle tient un blog où elle étale ses états d’âme, espérant trouver des oreilles attentives à son malheur. Entraînée à une soirée au club Cocteau, elle fait la connaissance de Beaumont, le propriétaire du lieu, homme étrange dissimulé derrière un masque argenté. Dés lors, sa vie monotone va prendre une tournure inattendue et inexpliquée: son blog va devenir le seule moyen de communiquer au monde son étonnante histoire.

Mary Temple signe ici une relecture contemporaine de la Belle et la Bête: Belle est une jeune fille moderne, adepte du blogging et des réseaux sociaux. Son père est un trader réputé, sa mère est partie vivre sur la côte ouest avec un mec bossant dans le cinéma, ses deux soeurs ne voient la vie qu’à travers les marques de luxe et ses trois frères sont inscrits dans les meilleures facs du pays. Belle nous la joue donc dés le début pauvre petite fille riche incomprise par sa famille. Heureusement, cette facette tombe rapidement, mais n’empêche, je l’ai trouvée tout de même assez fade cette demoiselle.

Loin d’apporter quelque chose de plus à l’histoire, j’ai eu l’impression que la présentation façon blog n’était qu’un prétexte pour voguer sur une mode, chose que j’ai également regretté à la lecture d’un blog trop mortel, que je n ‘ai pas encore chroniqué. J’ai trouvé les commentaires tout à fait horripilants, et quitte à raconter l’histoire à la première personne, peut-être aurait-il mieux fallu adopter le bon vieux format journal intime.

Difficile pour moi de me faire une idée globale de l’histoire étant donné que je n’ai reçu que les épreuves où ne figurent que les 100 premières pages. J’ai trouvé le début assez lent à se mettre en place et ça ne commence à bouger que vers les 3/4 de l’extrait. Si ça se trouve c’est super bien ensuite, mystère et boule de gomme. C’est ici que le personnage de Beaumont commence à prendre de l’importance; par son mystère et ses apparitions, je n’ai pu m’empêcher de le rapprocher du personnage d’Angel dans la série Buffy. On ne sait pas grand chose de lui, à part qu’il est hyper nébuleux, qu’il est accompagné d’une demoiselle prénommée Fay qui semble posséder des pouvoirs magiques et qu’il se bat contre un ennemi invisible maître des rats.

Cette appropriation du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont devrait parler aux ados par ses nombreuses références culturelles actuelles. Belle leur ressemble, à tel point que ça en est même parfois cliché. J’ai parfois eu l’impression que Mary Temple avait fait une liste des trucs cools du moment pour les réintroduire dans son livre (Belle parle de Facebook, de Wikipédia, de Streetview, de Gossip Girl, d’Hunger Games, etc …). Toutefois, ça se lit vite et facilement et semble devenir intéressant par la suite, avis donc à ceux qui tenteront l’aventure, vous me direz la fin ;)

Edit du 9 Août 2011 : Ayant reçu l’intégral du livre, je peux maintenant compléter ma chronique ;) Mary Temple explique de façon originale l’origine des contes. J’ai trouvé son idée plutôt bien trouvé et aimé la façon singulière d’aborder le conte de la Belle et la Bête: la trame principale reste présente (une jeune fille tombant peu à peu amoureuse d’une étrange créature), mais elle y a greffé une lutte entre le Bien et le Mal trouvant ses sources dans l’histoire de l’humanité.

J’ai râlé quelques lignes plus haut sur le format adopté. Je n’aime toujours pas ça, mais Mary Temple a toutefois justifié son utilisation au cours du roman en intégrant au récit les commentateurs du blog de Belle, chose qui n’aurait pas été possible avec un format journal classique. Ces nouveaux personnages prennent une part active dans l’histoire de la demoiselle et l’aident dans sa dangereuse mission: seconder la Bête dans la destruction du Mal absolu avant qu’il ne se répande sur le monde.

Je reste sur ma position que cette relecture du conte devrait avant tout plaire aux ados: comme dit précédemment, Belle utilise le même vocabulaire, écoute les mêmes musiques, lit les mêmes livres. Elle a des problèmes avec ses parents, ne s’entend pas bien avec ses soeurs et connaît en cours de route son premier amour. Ça se lit vite et facilement, on passe un bon moment, mais sans plus …

Le blog de la Belle, Mary Temple, éditions Mango, à paraître le 19 août 2011

Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Mango.

Damnés, tome 2: Vertige

On prend les mêmes et on recommence … c’est un peu l’impression que j’ai eu lorsque j’ai entamé la suite de Damnés. Luce, notre jeune héroïne aux multiples vies antérieures se retrouve de nouveau coincé dans un lycée contre son grès, à la différence prés que celui-ci est nettement plus accueillant que le précédent et que surtout elle a le droit d’y utiliser son téléphone portable … et ça, ça change tout!

Heureusement, il y a Daniel. Même si la demoiselle découvre, au comble du désespoir, que celui-ci doit la quitter dix-huit jours pour aller bouter les Bannis hors du territoire terrestre. Bon dix-huit jours, ça, c’est ce que l’ange raconte. Parce qu’en fait, il lui rend finalement visite tous les jours, ce qui donne l’occasion de nombreuses prises de bec. On découvre une Luce beaucoup plus fade que dans le premier tome. Cette lecture m’a donné l’impression qu’elle n’existait que pour être avec Daniel et sa fanatitude absolue s’est parfois révélée très très lourde, donnant lieu à des descriptions frôlant parfois le ridicule.

HEUREUSEMENT, et je l’écris en majuscule, parce que c’est ce qui sauve quand même le livre, l’action se réveille aux 2/3 du livre. L’intrigue se ranime à coups de bastons angéliques, de mystères qui planent et Luce nous prouve qu’elle peut faire preuve d’initiatives et de caractère et ne pas suivre les ordres d’un ange mythomane.

Au final, ce second tome ne se révèle pas si mauvais que ça. On passe plutôt un bon moment, même si on grince beaucoup des dents en lisant les interminables déclarations d’amour de Luce pour son cher et tendre. Évidement, si vous n’êtes pas en mode fleur bleue et rose bonbon, je vous conseille de passer votre chemin, car vous risquez très fortement de vous ennuyer, voir d’abandonner votre lecture. Les autres, allez-y, ça devrait vous plaire et vous donner envie de lire la suite (même moi j’en ai envie dis-donc, je dois être définitivement passée du côté rose de la force !)

Le site du livre : http://www.damnes-lelivre.fr

Vertige, Lauren Kate, éditions Bayard jeunesse, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Bayard Jeunesse.

Wicked

Et si L.Frank Baum ne nous avait pas tout raconté dans son Magicien d’Oz ? Et si la Sorcière de l’Ouest, loin d’être une adepte de l’Orangina rouge était en fait simplement une gentille mal comprise et manipulée par le Destin? Et si c’était elle, la véritable héroïne du monde d’Oz et Dorothy une simple crâneuse ?

Vous l’avez compris, avec Wicked, Gregory Maguire prend totalement le contre-pied de la version originale. Il nous conte l’histoire extraordinaire d’Elphaba, femme étrange née avec un handicape: la peau verte-émeraude. De son enfance passée auprès d’un père religieux et moralisateur à son adolescence rebelle, Gregory Maguire dépeint une femme forte et courageuse, prête à tout pour défendre ses convictions et ses croyances, quitte à se mettre le gouvernement et le puissant Magicien d’Oz à dos.

Loin d’être destinée à un public jeunesse, cette version évoque, sur fond de guerre entre le Bien et le Mal, les dangers de la propagande, de la montée du racisme et de l’injustice. Ici, nul personnage n’est totalement blanc comme neige ou noir comme suie: ils évoluent tout au long de l’histoire rejoignant l’un ou l’autre côté suivant leurs opinions et les pouvoirs qu’ils convoitent.

Avec Wicked, le lecteur découvre en effet un groupe de personnages à plusieurs moments clés de leur vie: petit groupe d’amis pleins d’illusions et de bonnes intentions à l’adolescence, leurs chemins se séparent à la fin de leurs études. On les retrouve ensuite quelques années plus tard où chacun a évolué dans la société suivant son rang et ses origines. Elphaba, l’étrange femme à la peau verdâtre, est le point central de l’histoire et c’est à travers ses yeux que se font toutes ces rencontres.

J’ai trouvé le roman très bien écrit: Gregory Maguire développe l’univers d’Oz, lui imaginant une Histoire et un background non présents dans le conte de L.Frank Baum. Il en résulte un récit complexe et très riche, intéressant à lire même si vous ne connaissez pas le Magicien d’Oz.

Wicked, Gregory Maguire, éditions Bragelonne, 2011

Cette lecture a été réalisée en partenariat avec Livraddict et les éditions Bragelonne.

Les îles au nord du monde

Tir na Nog, Avallon, Ultima Thulé … rivages féeriques et légendaires que bons nombres d’aventuriers ont tenté d’atteindre à travers les siècles. Certains récits, comme celui de Bran, sont restés dans les mémoires, d’autres sont tombés dans l’oubli: inconnus partis à la découvertes des côtes irlandaises, islandaises et perdus à jamais dans l’Outre-monde.

Avec les îles au nord du monde, Marc Nagels nous offre une revisitation de la mythologie celtique et nordique. Géants, Elfes ou Dieux puissants accompagnent le lecteur sur les traces des tout premiers hommes, des navigateurs s’aventurant dans des contrées inexplorées, des aventuriers tentant de percer les mystères des pôles.

C’est un voyage tout autant textuel que visuel qu’entreprend le lecteur en ouvrant ce livre. Les huit récits sont en effet accompagnés de photographies de Vincent Munier et Hervé Glot et d’illustrations de Didier Graffet, Juliette Pinoteau et Yoann Lossel. Teintées de mystère et de magie, elles nous ouvrent les portes de paysages étranges et envoûtants; déserts blancs et glacials côtoyant immensités grouillantes de vie.

Les îles au nord du monde, Marc Nagels, Didier Graffet, Vincent Munier, Yoann Lossel, Juliette Pinoteau, Hervé Glot éditions Siloë, éditions Artus, 2011

A noter: Marc Nagels, Didier Graffet, Juliette Pinoteau et Yoann Lossel dédicaceront ensemble Les Îles au Nord du monde aux Rencontres de l’Imaginaire.

© Toutes les images Copyright Marc Nagels/ Didier Graffet/Vincent Munier/Yoann Lossel/ éditions Siloë/éditions Artus

Pendant ce temps à Comper # 9 : Rencontres de l’Imaginaire 2011

Le week end du 23 et 24 juillet se dérouleront les 7èmes Rencontres de l’Imaginaire au Château de Comper-en-Brocéliande à Concoret. Une fois de plus, j’y serai cette année, n’hésitez donc pas à venir me faire un petit kikou en passant ^^

Les invités d’honneur cette année sont … tain tain tain …

René Hausman et Pierre Dubois

Les visiteurs auront le plaisir d’ être invités à explorer l’univers de René Hausman grâce aux oeuvres exposées au château de Comper, du 1er juillet au 30 août 2011.
Cette rétrospective est accompagnée des oeuvres d’autres artistes: Erlé Ferronière, Pascal Ferry, Vincent Joubert, Virginia Lee, Juliette Pinoteau, Fred Spirin et Tiffany Uldry.

Ils seront de plus en dédicaces le samedi 23 Juillet de 15 heures à 18 heures et le dimanche 24 juillet de 11 heures à 18 heures. Seront également présents en dédicaces Brucéro, Pierre Dubois, Didier Graffet, Hervé Gourdet, Syveline Lemaire, Yoann Lossel, Marc Nagels, Séverine Pineaux, Erwan Seure Le Bihan, Yannick Thiel et David Thiérrée.

Le programme complet :

Toutes les infos :