Muséums

Muséum, n.m. Syn. Musée: Lieu où sont rassemblés des objets d’art, de science, en vue de leur conservation et de leur exposition au public.

Un musée, entre vous et moi, tout le monde y a déjà mis les pieds au moins une fois. On en a arpenté les couloirs avec intérêt ou ennuie, le regard parfois attiré par un objet exposé ou une peinture. Mais sait-on déjà demandé ce qui se tramait dans ses galeries une fois le dos tourné, une fois que l’heure de la fermeture a sonné et que le ciel s’est assombri ?

Et si les objets prenaient vie une fois la nuit tombée ? Et si ce n’était pas nous qui observions cette statue, ce squelette, cette créature naturalisée, mais en fait elle qui nous examinait sous tous les angles. Et puis si le musée était hanté ou s’il recelait les pires créatures méphistophéliques que le monde n’ait jamais connu ?

Le visiteur est invité à payer son ticket d’entrée et à pénétrer dans les couloirs sombres du muséum à travers une trentaine de nouvelles aux accents de fantastique, surnaturel, science-fiction ou horreur. D’une grande diversité, vous y croiserez conservateurs, gardiens, étudiants ou simple visiteurs, tous ayant en commun de dénicher ou de protéger une vérité incroyable nichée au coeur du musée.

Entrés avec une idée derrière la tête ou tout à fait par hasard, les protagonistes ont pour commun de vivre une expérience surnaturelle, qui pour une poignée d’entre eux se termine de façon malheureuse. Cabinet de curiosité, musée d’Histoire Naturel, musée d’Art ou d’Antiquité, musée reconnu ou totalement imaginaire, les lieux évoqués sont multiples et rendent mille et une atmosphères: salubre, poussiéreuse et inquiétante, lumineuse et accueillante.

J’ai beaucoup aimé ce recueil, même si le nombre important de nouvelles qu’il contient fait que toutes ne m’ont pas marquée. Toutefois, l’originalité est là, et même si le thème est le même pour toutes les nouvelles, chaque auteur a su y apporter sa patte, son atmosphère, rendant cette visite dans le muséum unique et très variée.

Nouvelles de : Nico Bally, Emmanuelle Cart-Tanneur, Olivier Caruso, Nelly Chadour, Romain Champion, Cédric Citharel, Fabien Clavel, Julie Conseil, Robert Darvel, Romain d’Huissier, Franck Ferric, François Fierobe, Anne Goulard, Gudule, Julien Heylbroeck, Jess Kaan, A. Kowski, Léo Lallot, Loïc Lendemaine, Bernard Léonetti, Aurélie Ligier, Jean-François Lubin, Irène Maubreuil, David Miserque, Terry Montcalm, Mathias Moucha, Georges Mugand, Régine Philippe, Véronique Pingault, Pascal Sacré, Ludmila Safyane, Blanche Saint-Roch, Jean-François Seignol, Bernard Weiss.

Muséums, Anthologie dirigée par Christophe Thill, éditions Malpertuis, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Malpertuis.

Curiosity Shop, tome 1 : 1914 – Le réveil

La jeune Maxima rentre chez elle après trois ans passés en pension chez les soeurs, heureuse à l’idée de retrouver enfin son père. Toutefois, une fois arrivée, c’est le drame: elle découvre que son père s’est suicidé. Refusant l’idée que son père se soit ôté la vie, Maxima va enquêter sur son passé et découvrir que cet homme, qu’elle pensait si bien connaître, cachait en fait une double vie: contrebandier d’antiquités à Madrid. Sa mort serait liée à une étrange machine capable de traduire un langage secret vieux de 1500 ans et évidemment convoité par les divers services secrets européens. Maxima décide donc de se rendre à Madrid au Curiosity Shop, lieu qui servait de repère à son père afin d’en apprendre plus.

Maxima est une adolescente rebelle, têtue et forte tête qui ne se laisse pas marcher sur les pieds: chez les soeurs, elle enchaîne les punitions pour refus d’autorité, après la mort de son père, elle s’enfuit pour échapper à tyrannie de son tuteur. Seule dans une ville inconnue, elle n’hésite pas à s’infiltrer dans les groupuscules de Madrid et à se mettre du sang sur les mains pour arriver à ses fins. L’intrigue repose entièrement sur ses épaules et c’est grâce à ses découvertes que le lecteur découvre ce qu’est la mystérieuse machine. Néanmoins charmante et vulnérable, c’est une héroïne attachante qui apporte une certaine légèreté à l’histoire.

L’intrigue imaginée par Teresa Valero est intéressante et originale, mais toutefois parfois un peu confuse : les évènements se succèdent vraiment très vite, trop vite parfois à tel point que j’ai parfois eu du mal à mettre un nom sur certains protagonistes. Les dessins de Montse Martin sont quant à eux magnifiques. J’avais déjà eu l’occasion de les admirer dans la série Talisman et j’ai été donc contente de les retrouver ici.

J’ai toutefois un bilan un peu mitigé de cette lecture: j’aime énormément la couverture que je trouve magnifique (c’est la couverture qui m’a attirée en fait ;)), j’ai aimé les réactions de l’héroïne au caractère bien trempé, j’ai aimé l’atmosphère très particulière due à l’époque et au contexte choisi: l’Espagne, à l’aube de 1914 et la façon dont l’Histoire a été mêlé à l’intrigue. J’ai toutefois trouvé que le déroulement de l’histoire était parfois un peu fouillis et rapide… Dommage, car il y a vraiment de très bonnes choses dans ce premier tome !

Curiosity Shop, tome 1, Teresa Valero, Montse Martin, éditions Glénat, 2011

Cette lecture a été réalisée dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com et en partenariat avec les éditions Glénat.

Le bureau des chats

Au coeur de la voie lactée, deux enfants sont chargés d’accompagner à la flûte la Ronde des Etoiles. Toutefois, un matin un conflit éclate entre le Corbeau et le Scorpion, qui ne se supportent guère… L’Araignée, la Limace et le Blaireau ne se supportent pas non plus, et entre eux se déroule une étrange compétition … Au bureau des chats, l’entente n’est pas non plus des plus cordiales et c’est un pauvre matou bistre qui en fait les frais … A l’ombre des ruines d’un château une histoire d’amour naît entre une vigne sauvage et un arc- en -ciel … Sujet des moqueries des autres oiseaux, un faucon de nuit rêve de devenir une étoile …

Le bureau des chats est un recueil de contes inédits par l’une des grandes figures littéraires du Japon, Miyazawa Kenji. Sous couvert d’une naïveté touchante, il aborde des thèmes tels que le bien et le mal, la discrimination. En effet, les héros de ses contes sont toujours des êtres faibles, rejetés ou tourmentés par les autres: enfants, animaux, plantes, la différence tient un rôle important dans ses histoires. La méchanceté, l’envie, l’orgueil, la jalousie sont au coeur des relations qu’entretiennent les protagonistes. Toutefois, ces sentiments sont traités dans les cinq contes avec humour et légèreté, et conduisent immanquablement, non pas à un happy ending pour les bafoués, mais au moins à un châtiment pour les malhonnêtes.

J’ai beaucoup aimé ce recueil. Je me penche rarement sur les contes et légendes asiatiques, mais il s’en dégage, je trouve, un onirisme, une philosophie, une poésie, une fraîcheur et une atmosphère très particulière. Les morales sont troublantes, parfois énigmatiques et beaucoup moins radicales que celles des contes de Grimm ou Perrault: les gentils ne sont pas toujours récompensés, et les méchants pas toujours punis.

Le bureau des chats, Miyazawa Kenji, éditions Philippe Picquier, 1997

Le miroir aux vampires

Une nouvelle année scolaire débute pour Bérénice. Interne au lycée huppé d’Augustin-Thierry, elle doit partager sa chambre avec Nora, une jeune fille des pays de l’est. Mais très vite, des évènements étranges prennent place dans l’établissement: incendie du foyer, élèves qui portent d’étranges marques. La sécurité est renforcée, le règlement intérieur étoffé, le lycée se transforme en prison. Bérénice, quant-à elle,  a l’impression d’être observée, suivie. Il lui semble voir des apparitions, elle a l’impression de changer. Et puis, il y a ce vieux miroir dans la chambre d’internat, …

De Fabien Clavel, j’ai lu il y a quelques mois le premier tome de l’apprenti de Merlin, que j’avais beaucoup aimé. Je réitère donc mon aventure avec ce jeune auteur français en m’aventurant du côté de Compiègne où débute l’histoire de notre héroïne.

Bérénice est en terminale. Bonne élève, elle est toutefois assez solitaire et se lie difficilement. Ses parents se sont récemment séparés et son père l’a envoyée en internat. La jeune fille décide alors de correspondre avec sa grande soeur à travers un cahier où elle va reporter sa petite vie monotone, jour après jour. Monotone, vraiment ? Pas tant que ça puisqu’un mystère plane au dessus du lycée. Des rumeurs de vampirisme se propagent, Bérénice se sent traquée, surveillée, où qu’elle aille. Elle est même attaquée à plusieurs reprises. A côté de ça, l’adolescente doit préparer son bac, vivre une vie de lycéenne normale, se présenter à l’élection des délégués, supporter les moqueries de ses camarades et surtout tenir tête à Cerise, la peste prétentieuse richissime du coin.

A sa narration s’ajoutent deux voix : celle de Cerise, tout d’abord, qui à travers son blog donne sa vision des évènements. Et puis il y a les lettres, missives toujours signées de la même façon: Lutte et Obéissance. Correspondant inconnu qui semble mettre en place une invasion de notre monde par d’obscures forces méphistophéliques.

Avec le miroir aux vampires, Fabien Clavel renoue avec une créature mythologique aux dents longues. Toutefois pas de chauve-souris à l’horizon, l’auteur dépoussière le folklore en y ajoutant sa patte et en créant des vampires assez particuliers. J’ai aimé l’originalité de ce roman, son univers, même si parfois certaines scènes sont un brin longuettes. Bérénice est une héroïne à qui l’on mettrait bien des baffes parfois (promenons nous dans les bois, de nuit toute seule de préférence en espérant que les vampires n’y sont pas !), mais qui reste toutefois relativement intéressante dans ses recherches et ses réactions face au danger imminent. Un roman assez attrayant dans son ensemble (et il y a même une partie qui se passe à Camelot Pierrefonds !) qui m’a donné envie de poursuivre l’aventure !

Le miroir aux vampires, Fabien Clavel, éditions J’ai lu (Baam !), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Baam et Bibliofolie.

Le dernier jour de ma vie

Un coup de frein, de la fumée, puis l’obscurité. Lorsque Samantha se réveille le lendemain matin, elle imagine d’abord que ce n’est qu’un rêve. Cette journée du 14 février se passe comme toutes les autres, ou presque. Elle rejoint son petit ami et ses amies au lycée, reçoit des dizaines de roses et termine ce jour sur une soirée bien arrosée. Et ensuite ? L’accident. Tout devient sombre encore une fois et Samantha se réveille une fois de plus dans son lit. La forte impression de déjà-vu laisse rapidement place à une prise de conscience: cette journée, l’adolescente est réellement en train de la revivre encore et encore …

J’avais vraiment beaucoup aimé Delirium de Lauren Oliver. Avec le dernier jour de ma vie, nous retrouvons  une thématique semblable: une adolescente en quête d’ identité et de réponses. Lauren n’a aucun mal à nous faire entrer dans son histoire difficile et oppressante.

Samantha Kingstone est une fille ultra populaire. Elle sort avec l’un des mecs les plus mignons du lycée, ne quitte jamais ses trois best friends for ever. Parfois égoïste, souvent superficielle et sans gêne, elle n’a pas conscience du mal que sa conduite peut faire aux autres. Et puis arrive le drame. En comprenant qu’elle va revivre encore et encore cette fameuse journée, la jeune fille passe par tous les stades: incompréhension, colère, résignation … Elle essaie de changer son destin en changeant un détail par ci par là, en recommençant cette journée du 14 février de manière totalement différente. Elle pète les plombs, envoie valser tout le monde  … Mais rien n’y fait. Et puis, l’adolescente va peu à peu découvrir des vérités cachées qu’elle n’avait jamais voulu voir, se rendre compte que son super petit copain n’est peut-être pas si super que ça, que les élèves qu’elle méprisait jusqu’alors sont en fait sympathiques et méritent d’être écoutés. Sa vision du monde et des personnes qui l’entourent va radicalement changer.

Avec le dernier jour de ma vie, Lauren Oliver signe une histoire touchante qui met le doigt sur le mal être que vivent certains adolescents et le danger de n’avoir aucune limite: alcool, drogue, sexe; les adolescents peuplant l’histoire, et plus particulièrement l’héroïne, mènent une vie dangereuse, mais réaliste, sans penser au lendemain et aux conséquences de leurs actes.

On ne peut s’empêcher de détester Samantha et ses amies, de cracher sur ses réactions, sur ses paroles. Et puis, on la voit évoluer, se transformer, changer et notre regard change également. L’histoire de Lauren Oliver est très bien construite, car bien que se soit la même journée qui soit jouée encore et encore, on ne s’en rend pas compte. Nos sentiments envers Samantha évoluent en même temps que l’héroïne elle-même. Ses choix nous révulsent, nous surprennent: cette histoire ne laisse certainement pas le lecteur de marbre.

La page Lecture Academy du dernier jour de ma vie.

Le dernier jour de ma vie, Lauren Oliver, éditions Hachette Jeunesse (Blackmoon), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Hachette Jeunesse.