De l'autre coté du miroir

J'aime prendre un beau livre, le regarder sous tous les angles, m'attarder sur les illustrations et le texte. Ce profond intérêt a donné lieu à une collection, puis plus tard à ce blog.

De l'autre côté du miroir

est un lieu où je partage mes découvertes, où je parle de mes coups de coeur, où j'interviewe des artistes et des auteurs dont j'aime les créations.

Au détour des pages, vous découvrirez des beaux-livres, des romans, des bandes dessinées, le tout portant sur des univers que je chéris : la féerie, la fantasy, le merveilleux et la littérature jeunesse.

Les étranges talents de Flavia de Luce

J’ai d’abord complètement craqué pour la couverture de ce roman : une ambiance un poil burtonesque, une héroïne un peu trop sage avec petites nattes et petite robe noire rappelant Mercredi Adams, chat noir et corbeau pour compléter le tableau … voilà de quoi mettre en appétit livresque ! Mais qui est cette fameuse Flavia de Luce qui semble détenir de si grands talents ?
Détective en herbe, la jeune fille est avant tout une passionnée de sciences : aucun H2 SO4 ni H3PO4 ne lui résistent et la demoiselle aime avant tout faire des expériences sur sa soeur aînée Fély. Un oiseau mort, un timbre percé au travers du bec, la met sur les traces d’un meurtre, ou plutôt de deux, lui permettant de percer en chemin un secret vieux d’une trentaine d’années où il est question d’un timbre très précieux, car oui  amis philatélistes, l’intrigue repose entièrement sur un timbre !
Ce premier tome des étranges talents de Flavia de Luce est un roman diablement envoûtant, une enquête timbrée, où Flavia, jeune héroïne très charismatique à la répartie bigrement efficace se lance sur les traces d’un tueur afin d’innocenter son père, le colonel de Luce. J’ai aimé son côté imprévisible, ses talents d’actrice plus que convaincants, son air légèrement foutiste, son indépendance, son insolence et son humour noir. L’ héroïne d’ Alan Bradley est également une enfant solitaire, orpheline de mère et délaissée par son père, très attachante, confiant ses sentiments au lecteur, confident de ses faiblesses et de ses chagrins d’enfant. Flavia de Luce tient à elle seule sur ses épaules cette histoire, où j’ai suivi impatiemment ses déductions, ses découvertes, me conduisant peu à peu sur les traces du coupable.
J’ai tremblé à ses côtés, apprécié les mauvais coups faits à ses grandes soeurs : ce livre est extrêmement agréable à lire, entre autre grâce à la narration faite par Flavia. L’histoire est originale, audacieuse, excentrique, très bien écrite, drôle et sooooo British et moi qui n’aime pas particulièrement les trucs policiers j’ai adoré ! Une agréable surprise dont j’espère découvrir rapidement les autres épisodes !

Les étranges talents de Flavia de Luce, Alan Bradley, éditions du Masque, collection Msk, 2010
Note: Ce livre est également disponible en format adulte chez les éditions Jean-Claude Lattes, 2010

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Le Masque.

Le Rêve elfique, The art of Jim Colorex

Les peintures de Jim Colorex sont une ouverture vers un autre monde, un passage vers un lieu invisible que seuls quelques chanceux ont le droit de contempler, Jim Colorex est de ceux-là. Ses toiles nous révèlent la beauté unique des Belles Dames, créatures ailées surprises dans leur vie quotidienne, et qui le temps d’une pose se sont offertes aux pinceaux de ce talentueux artiste.
Les demoiselles sont coquettes, preuves les nombreux tatouages, bijoux et fleurs ornant leur corps et leur cheveux, riches parures que ces princesses sauvages dévoilent sous nos yeux ébahies. Car oui, les toiles de Jim débordent d’une immense richesse, celle des détails où le lecteur impatient ne sait où poser les yeux, tant ces images en débordent.
Et puis, il y a la beauté d’un geste, d’un regard – certaines, timides, le détournent pour fixer un point vague dans l’horizon, d’autres, curieuses et rieuses fixent le spectateur, attendant de voir sa réaction.
Dans cet arbook, Jim Colorex partage avec nous sa passion pour la peinture qui dure depuis plus de dix ans. Il nous confie ses débuts difficiles dans la peinture décorative bien avant qu’un de ses pinceaux touche la première toile, et ses techniques aussi où l’acrylique régne en maîtresse incontestée.
Un très beau livre où les reproductions d’excellentes qualités sont présentées en pleine page la plupart du temps, où les couleurs, magnifiques, nous font sombrer dans un rêve éveillé peuplé par les fées.

Le Rêve elfique the art of Jim Colorex, Jim Colorex, préface de Pierre Dubois,  éditions Ogham, 2010

Toutes les images ©Copyright Jim Colorex / éditions Ogham

Dark Divine

Grace, 17 ans, mène une vie douce et tranquille jusqu’à la réapparition de Daniel, son petit ami disparu de manière inquiétante trois années plus tôt. Suivant l’avis de sa famille, elle tente d’abord de le rejeter, mais guidée par ses sentiments, elle délaisse vite ces conseils pour être prêt de lui.
Mais Daniel cache un lourd secret qui va mettre Grace en danger. Depuis son retour, on découvre dans la ville des cadavres d’animaux et d’humains ayant la particularité d’être atrocement déchiquetés et Grace n’imagine pas qu’elle va découvrir à ses côtés une vérité troublante et difficile qui va mettre en danger les personnes chères à son coeur.
Bree Despain signe un roman original et soigné mettant en scène une créature fantastique que l’on retrouve dans les mythologies, légendes et folklores du monde entier (Je ne vous en dis pas plus sur cette créature histoire de vous laisser le plaisir de la découverte ;)). La chose que j’ai trouvé très intéressante est que l’auteure a essayé d’en imaginer la genèse, une conception inédite qui va rythmer le récit, bousculant notre vision de cette créature et de ce fait notre vision du bien et du mal.
Grace, l’héroïne de ce roman, est une jeune fille courageuse, prête à tout pour protéger ceux qu’elle aime, je l’ai trouvée assez charismatique et attachante, partagée entre son amour pour Daniel et son amour pour sa famille. Daniel est l’archétype du garçon sombre et ténébreux, mauvais garçon cachant un lourd secret. Toutefois, loin d’être lassant, j’ ai également découvert un garçon sensible, ayant peur de lui même et prêt à tout pour défendre celle qu’il aime, bref un personnage très attachant également ;)
J’ai trouvé que l’intrigue était bien trouvée, même si certaines révélations n’en était pas vraiment, les ayant devinées au cours du récit. Toutefois les indications temporelles m’ont quelque peu gênée au cours de la lecture : en effet j’ai trouvé que leur omniprésence cassait quelque peu le récit.
L’aspect religion est également très présent : en même temps, avec un père pasteur- Grace est au coeur d’une petite famille qui semble être parfaitement parfaite au premier coup d’oeil- cet aspect semblait difficile à éviter, mais l’auteure a su en tirer parti, l’intégrant parfaitement à l’intrigue, à la genèse et finalement j’ai fini par ne plus y faire attention pour me laisser porter par cette histoire et partir sur les traces du Monstre de Markham Street.
Une chouette lecture au final que je n’ai pas lâché avant d’en atteindre la dernière page où le danger se cache sous chaque mot, la suspicion sous chaque virgule et le suspens sous chaque point.

Le site du livre : http://www.dark-divine.fr/

Dark Divine, Bree Despain, Editions de la Martinière Jeunesse, à paraître le 10 Juin 2010.

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions de la Martinière Jeunesse .

Un monde de bulles Des illustrateurs en folie

Nous partons à la rencontre de talentueux illustrateurs cette semaine dans un monde de bulles : Vincent Dutrait, dont j’avais admiré les créatures fantastiques dans l’univers des dragons, François Moretti et son très beau Alice et surtout Agata Kawa, dont j’admire l’univers à chaque nouvelle parution ( Tigre le DévouéLe carnet rouge).

Le monde des Songes

Tous les lutins doivent vivre une initiation le jour de leur treize ans. Cette année, c’est Odin, Pilgrin et Ysaline qui s’y collent et Aïda, la Druidesse du village leur a préparé quelque chose de très spécial. Malheureusement pour nos trois petits héros, rien ne va se passer comme prévu: la fée Agapande, la créature la plus démoniaque de la forêt choisit justement ce moment pour se venger d’ Aïda et les trois courageux enfants vont devoir affronter bien des obstacles, traverser des mondes situés entre rêve et réalité avant de libérer leur familles et amis.
C’est à travers une quête initiatique de trois enfants que Marie-José Ségura s’attaque au thème éternel de la lutte entre le Bien et le Mal. Un roman d’aventure très original où trois jeunes lutins vont affronter moultes dangers, rencontrer de nombreuses créatures issues du monde féerique (fées, sorcières, géants, monstre marin, dragon …), mais également des animaux doués de paroles qui les aideront à affronter les épreuves les plus difficiles.
La plume de Marie-José est très agréable à lire et regorge de trouvailles (j’ai beaucoup aimé le personnage d’ Armia, jeune elfe changé en champignon par une sorcière). Les personnages sont travaillés et attachants, on découvre que les supposés méchants ne sont finalement pas de vrais méchants et que les gentils peuvent très bien cacher leur jeux.
J’ai beaucoup aimé ce petit voyage en compagnie de nos trois courageux lutins, créatures qui sont, qui plus est, rarement mis en valeur de cette façon ( je n’ai jamais lu encore d’histoire où un lutin est le véritable héros d’un roman, ou alors j’ai raté ça !). Il y a un autre point positif qu’il ne faut pas oublier de signaler, c’est la magnifique couverture signée Xavier Collette qui colle parfaitement au récit. Bref un nouveau titre à découvrir issu du catalogue des éditions Mic Mac, qui décidément continue de me surprendre par la qualité et la beauté de ses titres !

Le blog du livre : http://www.lemondedessonges.fr/

Le monde des Songes, Marie-José Ségura, éditions Mic-Mac, 2010