Les 100 portes secrètes

« Promets-moi que, quoi qu’il arrive, si désespéré que tu sois, quelle que soit la personne qui te le demande, tu ne liras jamais, jamais, au grand jamais ce livre. »

Peter vit avec son grand-père et sa maman dans un musée. Pour l’enfant, cet endroit est une cours de récréation géante, il en connaît en effet les moindres recoins, explorant sans cesse les mille et une salles de ce lieu extraordinaire. Un jour, le petit garçon rencontre une étrange vieille dame dans une pièce secrète. Celle-ci lui confie un livre intitulé Comment vivre sans fin en lui faisant promettre de ne jamais le lire quoi qu’il advienne. Mais bien évidemment, le garçonnet ne peut s’empêcher de jeter un coup d’oeil … il se retrouve alors dans un autre monde en tous points semblables à celui qu’il vient de quitter … à quelques détails prêts !

Peter, le jeune héros de cette histoire est un petit garçon attendrissant, vivant dans la bulle qu’il s’est créé dans le musée. Il trouve l’école inintéressante, et n’a pas d’ami. Il n’est heureux qu’une fois rentré chez lui, au musée. Son grand-père y travaille comme gardien, aussi partagent-ils un petit appartement caché au fond d’un couloir, invisible aux yeux des visiteurs. C’est donc ici que Peter a grandit avec sa maman, son papa ayant disparu mystérieusement peu après sa naissance.

Son meilleur ami est un chat, Archimède. C’est à ses côtés qu’il passe de longues heures à observer les moindres recoins du musée, profitant des heures suivant la fermeture pour y déambuler seul, profitant de son domaine secret. En suivant le félin, il découvre une pièce secrète jusqu’ici insoupçonnée et surprise, une très vieille dame y réside, paraît-il depuis des siècles ! Celle-ci lui dévoile la malédiction qui pèse sur ses épaules: elle a lu le livre Comment vivre sans fin voilà bien des années et ne peut pas mourir. Elle reste là, inchangée, de décennie en décennie. Peter serait le seul à pouvoir mettre fin à son calvaire. Il doit pour cela amener le livre au seul être capable de lever les malheurs qu’il provoque: l’Enfant Éternel. Seulement voilà, Peter n’a pas idée où se trouve l’enfant … et ouvrir ce livre est tellement tentant !

En découvrant le synopsis de cette histoire, j’ai d’abord craint un remake de l’histoire sans fin, de Coeur d’Encre ou encore du film de la Nuit au Musée. Et bien pas du tout ! Avec 100 portes secrètes, Colin Thompson signe une oeuvre magnifique, délicate, poétique et surtout très visuelle, partageant avec le lecteur son immense amour des livres. Ses descriptions de la bibliothèque du musée sont splendides, et nous immergent, comme Peter, dans l’étrange monde qu’il a imaginé.

Les 100 portes secrètes, Colin Thompson, éditions Albin Michel (Wiz), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Albin Michel.

Concours Zaloo Créations

*Le concours est terminé *

Concours exceptionnel aujourd’hui, les filles vous allez être contentes *allez, toutes en mode pie !*

De l’autre côté du miroir en partenariat avec Zaloo Créations vous propose de participer à un concours pour gagner un Z’hybride au choix à choisir par le gagnant.

Comment ? C’est très simple : toujours point de question cette fois-ci, je vais vous demander de faire marcher vos méninges et votre imagination, oui je sais je suis définitivement passée en mode sadique * mouahhahahahaha rire machiavélique*

Vous allez vous rendre sur le site de Zaloo Créations, choisir votre bijou préféré (en faite, c’est ça la partie la plus difficile :P) et me raconter en quelques lignes l’histoire de l’elfe ou de la fée qui l’a porté en n’ oubliant pas d’indiquer le petit nom du bijou qui vous a inspiré (ou un lien vers le bijou au choix).

Après avoir posté en commentaire sur le blog votre trouvaille, envoyez-moi un petit message via le formulaire de contact afin de me transmettre vos coordonnées postales (si vous avez déjà participé à un concours ici, mentionnez-le moi simplement je retrouverai votre adresse si vous me l’avez déjà transmise).

Vous avez jusqu’au 1er mai 2011 20 heures pour participer. Attention seules les personnes résidant en France métropolitaine peuvent tenter leur chance.

Le résultat sera rendu public sur ce post dans la semaine suivant la date de fin du concours et un mail sera envoyé au gagnant qui sera désigné grâce à un tirage au sort informatique généré parmi les réponses envoyées . (Pour les questions relatives à cette opération, contactez-moi via le formulaire de contact ).

Voilà, le concours est terminé ! Je vous remercie vraiment tous et toutes de vos réponses, toutes aussi féeriques les unes que les autres !

Comme d’habitude, vous avez chacun eu droit à un petit numéro :

1 Aurélie 8 Olya
2 Célie 9 Claire
3 Acr0 10 bibietgigi
4 Solen 11 Bavouzet Ingrid
5 Amethyst 12 kalita
6 Akajou 13 Cécile
7 Rikoet 14 iwona46

Et le tirage au sort :

Et la gagnante est … Akajou !

Sachez que pour toutes vous remercier de votre participation, Zaloo Créations offrira un cadeau surprise pour toute commande. Pour cela, ajoutez le code  »De l’autre coté du miroir » dans l’espace Instructions à l’attention du marchand.

A très vite pour un prochain concours !

 

La légende des Dames de Brocéliande

La légende des Dames de Brocéliande ou le Petit Caillou… titre intriguant non ? Une vieille femme trouve un petit caillou sur un chemin forestier et le ramasse. Ce geste simple marque le début d’une quête, d’un voyage dans les souvenirs afin de retrouver sa véritable identité, oubliée depuis des années. En chemin, elle va croiser d’incroyables créatures: gardienne des roches, ondine, dryade, fée et salamandre. Êtres féeriques qui vont lui conter légendes et histoires des plus grandes Dames et Fées. Le lecteur va ainsi (re)découvrir les destins beaux et tragiques d’Iseult, Dahut ou Mélusine, autant de plongées mythiques qui vont déverrouiller les portes de la mémoire de la vieille Ada.

Avec la légende des Dames de Brocéliande, Sandrine Gestin nous ouvre une fois de plus les portes de Faerie. Une promenade belle et émouvante dont on ne ressort pas insensible. Entre poésie et délicatesse, le lecteur est invité à entreprendre un très beau voyage tissé par les mots de Dame Gestin. En chemin, vous allez sans doute vous égarer, absorbé par l’élégance et la pureté de ses illustrations, mais n’ayez crainte vous retrouverez toujours votre chemin, les fées y veillent !

Pour ne rien gâcher, le livre en lui-même est un objet travaillé et agréable: effet manuscrit et enluminures, pages de garde que l’on examine avec délectation. Après Sous le signe des Fées ou les clefs du Zodiaque, Le temps des féesLa Petite Faiseuse ou L’étonnant Voyage d’une Fée Carnet de croquis ou Lily et la clef des songes et Rêveries de fées, Sandrine Gestin nous offre une fois de plus une lecture dont on sort totalement conquis et enchanté, une pure délectation !

La légende des Dames de Brocéliande, Sandrine Gestin, éditions Au bord des continents, 2011

© Toutes les images Copyright Sandrine Gestin/ éditions Au bord des continents

Le grand livre de Mars

Moi j’aime pas la SF ! *dixit une fille qui vénère un mec qui se balade à travers le temps et l’espace à bord d’une boîte bleue* Et là on m’a proposé de lire le Grand Livre de Mars. J’ai accepté et grand bien m’en a pris car je serai sans doute passée à côté de cette oeuvre profonde et poétique qui mène le lecteur sur les traces de la planète rouge.

Réunissant trois romans (l’épée de Rhiannon, le secret de Sinharat et le Peuple du talisman) et un recueil de nouvelles (Les Terriens arrivent), le grand livre de Mars nous transporte à des millions de kilomètres de notre petite planète bleue à une époque lointaine où les humains explorent et colonisent l’espace et les planètes du système solaire dont Mars, planète riche d’une histoire extraordinaire longue de plusieurs millions d’années, planète dont les colons humains méprisent et sous-estiment les natifs … pour leur plus grande perte.

Tout commence avec Matt Carse, aventurier un peu brigand qui dévalise les tombes de leurs plus précieux trésors. Accosté par un inconnu, il se retrouve sur les traces du tombeau de Rhiannon, divinité maléfique ayant été emprisonné voilà plusieurs milliers d’années. Puis c’est au tour d’Erik Stark, agent terrien infiltré chez des mercenaires, de faire son entrée en territoire martien. Le point commun de ces deux hommes ? Tous les deux vont découvrir d’anciens secrets oubliés de tous, découvrir que les légendes et les croyances considérées comme primitives et barbares sont en fait bien réelles.

Leigh Brackett, qui n’est autre que la scénariste de l’Empire contre-attaque, signe ici une oeuvre magistrale mettant en relief la difficulté de co-habitation entre deux races : l’une ancienne et sur le déclin, l’autre jeune et conquérante. Ils se méprisent et doivent pourtant apprendre à vivre ensemble sur Mars.

C’est très bien écrit, très prenant, ça se lit vraiment avec beaucoup de plaisir. Les histoires sont très rythmées, alternant batailles féroces, amours infinis et quêtes éternelles… à lire, même si vous n’aimez pas la SF (comme moi :D) !

Le grand livre de Mars I, Le grand livre de Mars II, Leigh Brackett, éditions Pocket, 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec éditions Pocket.

Coeur empoisonné

Benjamin Smith aime Emilie. Savant un peu fou, il est un jour tombé amoureux de cette belle jeune fille solitaire qui chantonnait assise sur une balançoire. Depuis ce jour, ils se rencontrent chaque soir … jusqu’à la fatale soirée où Emilie reste introuvable ! Anéanti, Benjamin se lance à sa recherche; une quête qui va le mener jusqu’aux portes de la mort.

Bloody Countess signe avec Coeur empoisonné un conte macabre et poétique où un jeune homme mène une quête désespérée pour retrouver l’élue de son coeur. La Comtesse, beauté froide et maléfique jalouse de la beauté d’Emilie, a offert à celle-ci une pomme empoisonnée et l’a ensuite laissée pour morte dans une bulle de verre. Benjamin est le seul espoir qui lui reste.

Bloody Countess nous étonne tout d’abord par la simplicité des traits de ses personnages enfantins et innocents. Mais le lecteur se rend rapidement compte que ce n’est qu’une façade, un masque dissimulant un univers complexe et recherché. Ce monde fait penser à celui de Tim Burton, allusions et inspirations y foisonnent en effet. Et puis on y retrouve des évocations de Blanche Neige, du chat noir de Poe. L’histoire, narrée sous forme de textes poétiques est accompagnée de vingt-quatre illustrations en couleur et noir et blanc.

J’avoue que la forme choisie pour la narration m’a d’abord un peu rebutée, mais très vite je me suis laissée prendre par cette histoire d’amour sombre et sensible. Coeur empoisonné est un conte beau et tragique où l’espoir plane jusqu’à la fin, où un jeune homme est prêt à affronter tous les périls, à surmonter tous les obstacles pour sauver celle qu’il aime, où la lumière et l’ombre se mêlent jusqu’à ne faire plus qu’un.

Le blog du livre : coeurempoisonne.blogspot.com

Coeur empoisonné, Bloody Countess, éditions du Riez, 2011

© Toutes les images Copyright Bloody Countess/ éditions du Riez

How to see Faeries

Ce livre aurait été soufflé par les fées elles-même, murmuré à l’oreille de Brian Froud et de John Matthews. Unissant leurs talents respectifs -peinture pour l’un, écriture pour l’autre- ces deux grands monsieurs se sont plongés dans la confection de cet ouvrage, un passage, une porte ouverte sur le monde des fées.

Tout commence par une spirale étrange, qui suivant l’angle d’inclinaison du livre laisse apparaître un visage singulier et envoûteur. Ce jeu de transformation est l’un des thèmes récurant de ce livre: fées qui se transforment et se déforment, forme que l’on croit apercevoir ou ombres insaisissables. Les belles demoiselles nous prodiguent conseils et secrets, nous murmurent histoires et poésies. Le lecteur est baladé, transporté, semé. Perdu ? Pas vraiment. Les fées savent en effet se faire guides de valeur quand il est question de nous faire parcourir leur royaume.

Les illustrations de Brian Froud sont comme d’habitude ensorcelantes et accompagnent avec beauté les mots poétiques et pleins d’humour de John Matthews. Ce livre est un plaisir pour les yeux … mais pour les mains également, car il faut également toucher, tâter et chercher pour découvrir les mystères des fées : effets pop-up, transparents ou rabats ponctuent ainsi ce très beau voyage.

How to see Faeries, Brian Froud, John Matthews, éditions Abrams, 2011

 

© Toutes les images Copyright Brian Froud /John Matthews/ éditions Abrams

Apolline et le fantôme de l’école

La petite fille conceptrice de plans habiles est de retour. Après avoir déjoué les plans du machiavélique chat masqué, revoilà notre petite Apolline prête à en découdre avec un nouveau mystère. En compagnie de son fidèle ami, monsieur Munroe, la fillette va faire sa première rentrée scolaire à l’école Alice B. Dupont pour aider chacun à découvrir son don spécial. Ici, point de cours de maths ou de français. Non, ici on s’entraîne à la posture assise, au pliage de papier ou on apprend à déguster son thé correctement, sans oublier l’acquisition de compétences utiles et inutiles.

Enfant jusqu’ici assez solitaire, Apolline va se faire de nombreux nouveaux amis, en particulier Cécilie Forbes-Laurence, ce qui va attiser la jalousie de Monsieur Munroe. Toutefois un mystère extrêmement étrange plane sur l’établissement : le cheval des Hammerstein, créature fantomatique hanterait les lieux. Apolline se lance donc dans l’aventure tout en essayant de découvrir son don spécial !

Chris Riddell signe une fois de plus une aventure déjantée et originale de la petite Apolline. Mêlant habilement dessins et textes, les deux se complétant à merveille, il nous offre une fresque humoristique où le lecteur est invité à suivre la vie tout sauf monotone d’une petite fille. On se laisse prendre au jeu de cette ambiance unique, on se perd avec délice dans les couloirs sombres de cette école perchée en haut d’une colline où de gentils fantômes jouent à cache-cache dans les tableaux. Une pure réussite !

Apolline et le fantôme de l’école, Chris Riddell, éditions Milan Jeunesse, 2009

© Toutes les images Copyright Chris Riddell

Belle

Il était une fois une jeune fille pas particulièrement belle, mais douce et aimante. Depuis sa plus tendre enfance, sa famille la surnommait Belle. Entourée par l’amour de son père et de ses deux soeurs, la petite orpheline de mère s’est épanouie dans un milieu aisé et n’a jamais manqué de rien. Un jour pourtant, son père se retrouve ruiné et la famille est obligée de quitter la ville pour s’installer dans une petite maison située en bordure d’un bois; bois que l’on dit enchanté et qui abriterait une étrange bête. Par une nuit sombre d’hiver, le père de Belle s’y égare et atterrit dans un mystérieux château que nul ne semble habiter. Le mobilier s’y déplace comme par magie, les choses y apparaissent et disparaissent sous les yeux ébahis du visiteur. Mal à l’aise, celui-ci s’empresse de quitter les lieux au levé du jour, mais s’arrête dans les jardin pour cueillir une rose qu’il souhaite offrir à sa fille, Belle. Horrifié, il se retrouve soudain nez-à-nez avec une horrible créature. Celle-ci lui propose de lui laisser la vie sauve en échange de la promesse de revenir au château avec l’une de ses filles.

Avec Belle, Robin Mc Kinley signe une adaptation douce et poétique du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. C’est la même histoire, mais pourtant si différente. La magie s’insinue entre les lignes, entre les pages. Comme Belle, le lecteur est émerveillé par la beauté des lieux, par ces roses qui semblent fleurir éternellement. L’ambiance si particulière qui s’en dégage fait penser à la version de Cocteau… objets vivants, souffles bienveillants et accueillants, serviteurs invisibles, le château semble n’être habité que de la Bête et pourtant mille formes de vie s’y révèlent.

Point de méchant dans la vision de Mc Kinley: ici, même les deux soeurs sont adorables, prêtes à tout pour protéger leur cadette. C’est une famille heureuse et unie dont fait connaissance le lecteur, une famille frappée par le destin mais qui cherche à rester debout malgré tout. Et puis arrive le monstre, l’Ogre, la Bête. Celui que Belle va rejoindre de son plein grès, au grand désespoir de sa famille. Mais même ici, la jeune fille comprend vite que cette monstruosité n’est qu’un masque, une façade, qui cache un homme qu’elle va peu à peu découvrir.

Pas de surprise dans ce roman, Robin Mc Kinley suit en effet exactement la trame du conte. Toutefois, c’est une redécouverte de la Belle et la Bête qu’elle nous offre en plongeant le lecteur dans un univers travaillé extrêmement riche : personnages approfondis et délicats, féerie omniprésente et descriptions oniriques; le tout desservi par une écriture fluide et envoûtante.

Belle, Robin Mc Kinley, éditions Mnémos (Dédales), 2011

Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Mnémos.