Métamorphose en bord de ciel

Tom Cloudman est cascadeur. Attention, quand je dis cascadeur, n’allez pas imaginez l’homme mystérieux et fier qui va traverser les flammes ou se jeter d’un avion en plein ciel … Non, Tom Cloudman est sans conteste le plus mauvais cascadeur du monde: ses performances se terminent toujours en voltiges involontairement comiques qui lui attirent néanmoins les applaudissements et la sympathie de la foule. Toutefois celles-ci le blessent et fatiguent son corps, le conduisant inexorablement dans une chambre d’hôpital. C’est là qu’une doctoresse décèle chez lui une maladie incurable, « la betterave », comme la surnomme Tom. L’homme a un rêve, celui de voler. Nuit après nuit, il visite les chambres afin de prélever les plumes des oreillers et ainsi se construire des ailes et s’évader. Ses déambulations nocturnes lui font croiser une étrange créature mi-femme, mi-oiseau, qui lui propose un pacte surprenant: celui de le métamorphoser en oiseau et faire disparaître la maladie en échange d’une union charnelle et de la conception d’un enfant.

Dés l’instant où Benjamin Lacombe en a parlé sur son blog le mois dernier, j’ai pré-commandé l’édition de luxe, histoire d’être certaine d’avoir le précieux. Celle-ci regroupe une cinquantaine d’illustrations, images qui ont donné lieu à une exposition visible du mercredi 16 mars au dimanche 1er mai 2011 à la galerie l’Art de Rien à Paris. Croyez-moi, le précieux vaut bien son surnom: couverture rigide, titre en bas-relief sur la tranche et illustrations en pleine page accompagnant le très beau texte de Mathias Malzieu.

Métamorphose en bord de Ciel est un conte sensible, poétique et doux-amer nous plongeant dans les affres de la maladie et de la souffrance, mais surtout dans la volonté de vivre et de rêver. Tom Cloudman, que son nom prédestiné déjà à traverser les nuages, est un héros sensible et attachant. J’ai été émue par sa volonté de se battre, de ne pas rester encagé dans sa chambre, cloué au lit à mourir à petits feux. Les plumes si légères lui permettent de s’évader, de s’envoler, mais même ça on veut lui enlever. Et puis arrive cette rencontre magique, extraordinaire, ce tête-à-tête improbable entre cette femme-oiseau, cette beauté volatile aux plumes vermeilles et l’homme nuage aux ailes brisées. Dés lors, le lecteur est invité à traverser le miroir et à assister à cette histoire d’amour condamnée d’avance qui va pourtant entraîner Tom vers le ciel, comme il en a toujours rêvé.

Métamorphose en bord de Ciel (édition Deluxe), Mathias Malzieu, éditions Flammarion, 2011

Image© Benjamin Lacombe / Flammarion

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À propos de Laure

Bibliothécaire passionnée par les beaux livres et les belles images. Adepte des littératures de l'imaginaire et de la littérature jeunesse. Signe particulier ? Possède un chat garou et est secrètement amoureuse du Docteur et de Neil Gaiman.

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12 réponses à Métamorphose en bord de ciel

  1. Ahlàlà ! J’l'veuuuux :)
    J’ai pu voir quelques illustrations (en suivant le blog desdits auteurs) ^^

  2. Ohlalala ! J’ai très envie de me le procurer.
    J’ai lu La Mécanique du Coeur, j’ai adoré.

  3. J’ai résisté hier!! mais je sens que je vais craquer!! Très belle chronique. En plus l’association Benjamin Lacombe à l’illustration et Mathias Malzieu en texte est juste phénoménale!!

  4. Je n’ai pas eu l’occasion de le croiser en librairie (je les ai quelque peu désertées! si si) mais je pense que c’est bon pour la prochaine fois… =)
    Merci pour ton très joli avis!

  5. Je suis tombée dessus y’a pas longtemps, j’avais moyennement aimé la Mécanique du coeur, mais lui m’emballe vraiment. Du coup je pense qu’un jour je me laisserais tenter.
    Bon dimanche. Florel

  6. J’avais sauté sur « La Mécanique du coeur » quand il est sorti. Les illustrations sont tellement poétiques et le synopsis vraiment attrayant. Et puis j’aime bien Dionysos. Ce bouquin tranchait vraiment avec ce qu’on a l’habitude de trouver en librairie. Et puis je suis une grande rêveuse….
    Et finalement, j’ai été un peu déçue à la lecture. Trop de métaphores, trop de poésie, j’en ai fait une overdose. Et puis je ne suis pas particulièrement attirée par le thème de la mort…
    Du coup je me tâte pour celui-là et en même temps j’ai super envie de le lire et de l’avoir, ne serait-ce que pour la magnifique couverture. Mais j’hésite, peur d’être déçue…
    En même temps, c’est en tapant le titre dans Google que je suis tombée sur ton article, c’est que je ne suis pas loin de craquer !
    @ pluche !

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