Bishopthorpe, une bourgade tranquille ? Les habitants de cette charmante ville anglaise ne pourraient que répondre favorablement à cette question. Qui se douterait en effet que parmi ses voisins se cache une famille de vampires ? Les Radley se comportent en effet en parfait citoyens et nul n’imaginerait leur fort attrait pour l’hémoglobine. Pour parfaire leur image, ils ont décidé de se désintoxiquer et de renoncer au liquide vermeil depuis une vingtaine d’années, mais les bonnes résolutions flanchent le jour où les ados de la famille découvrent leur véritable nature.
Située dans une ville à mi-chemin entre Wisteria Lane et la banlieue d’Edward aux mains d’argent, l’intrigue des Radley nous fait assister à la déchéance d’une famille qui se veut parfaitement intégrée et normale. Avec un chef de famille médecin et une mère au foyer ayant tout de la parfaite Bree Van de Kamp, les enfants Radley sont la seule ombre au tableau – avec l’autre problème bénin d’être une famille de suceurs de sang. Rowan, l’aîné, est le souffre douleur du lycée et sa soeur Clara est une gamine mal dans sa peau qui a décidé de dire adieu à la viande. Les parents ont cru bon de cacher les antécédents familiaux à leur progéniture, mais tout dérape le soir où Clara craque et vide un camarade de classe de son sang. De ce meurtre découle l’hécatombe qui va s’abattre sur la famille.
Roman fantastique, roman policier, roman social. Matt Haig mélange allègrement les genres dans Les Radley. Le vampirisme n’est qu’un prétexte pour nous faire suivre les fresques familiales : problèmes de couple, relations parents – enfants et problèmes rencontrés par les deux adolescents Radley. Voyeur, le lecteur assiste à la destruction du cocon familial, à la destruction des valeurs des membres de la famille. La gamine végétarienne ne peut plus se passer de sang, l’ado non violent devient une boule de nerfs, le couple uni se désintègre … et ce n’est certainement pas la venue salvatrice de l’oncle des enfants qui arrange les choses. On lave le linge sale en famille, lecteur inclus.
Les Radley, Matt Haig, Le Livre de Poche, 2012



