Aujourd’hui Samuel, 11 ans a fait preuve d’initiative. Armé de son drap troué au niveau des yeux, il va sonner de porte en porte trois jours avant Halloween, histoire de rafler tous les bonbons avant les petits copains. Malheureusement son plan génial n’est pas du goût des voisins qui lui claquent la porte au nez. A défaut de sucreries, se sont des ennuies que le garçonnet va s’attirer, vu qu’il va surprendre ses voisins ne faisant rien de plus qu’ouvrir les portes de l’Enfer! Dés cet instant il va s’attirer les foudres d’ un puissant démon, prêt à tout pour faire disparaître ce témoin gênant, quitte à lui envoyer la moitié des habitants de l’Enfer pour l’éliminer.
J’avais A.D.O.R.E le livre des choses perdues, que j’ai d’ailleurs fait entrer de suite après lecture dans mon top 5 de livres à emmener sur une île déserte (on sait jamais, ça peut arriver, j’ai une vie tellement trépidante :p). J’avais donc vraiment hâte de découvrir le nouveau roman de John Connolly. L’auteur nous embarque dans un délire drôlissime à souhait. Sous couvert de données scientifiques irréfutables, il nous plonge dans une incroyable atmosphère où il est question de naissance de l’univers, d’accélérateur de particules, d’anges dansant (ou pas ?) sur une tête d’épingle, de morts revenant d’entre les morts, de démons semant la pagaille, de guimauves colorées et d’un petit garçon avec son chien.
Ce garçon, parlant-en d’ailleurs. Samuel, du haut de ses onze ans est un enfant intrépide, sur qui repose la lourde tâche d’empêcher les portes de l’Enfer de s’ouvrir. Normal, personne ne veut le croire (du moins au début, une fois que les démons se baladent dans la nature, c’est une autre paire de manche). Moins solitaire que le jeune héros du livre des choses perdues, il est entouré d’une fine équipe: son chien Boswell, allié incomparable quand il est question de niaquer les cuisses de démons, Tom qui manie la batte avec précision quand il est question d’assommer les méchants, Maria, petit génie adepte de trous de ver et de trous noirs et Nouillh, le Fléau des Cinq Démons, adepte de voitures et de gyrophares rouges… les démons n’ont qu’à bien se tenir !
Et tant qu’on en est à parler de monstruosités démoniaques, sachez qu’ils sont dirigés par un chef, le Mal Suprême, qui comme son nom l’indique est très très méchant (on le connaît aussi sous d’autres petits noms comme Satan, le Diable, Lucifer ou Méphistophélès). C’est lui qui est à l’origine de l’ouverture des portes, car voyez-vous il déteste ( et encore le mot est faible) les humains et veut tous les anéantir. Ses vassaux, bien que très méchants aussi, ne sont souvent pas très débrouillards, voir ridicules. En même temps, quand on est affûté de noms comme Töng, le Démon des Chaussures Inconfortables ou Figoluk, le Démon des Biscuits Rassis, il ne faut s’étonner de rien.
Au delà de l’histoire fort originale, j’ai également beaucoup aimé les notes de bas-de-page laissées par John Connolly. Celles-ci prolongent son délire et son humour, nous apprenant quelques notions fort utiles sur le Big Bang, la Divine Comédie ou le sobriquet des rois … de quoi briller en société (si vous n’êtes pas mort de rire avant) … J’ai une fois de plus beaucoup aimé l’univers de John Connolly oscillant entre enfance et monde des adultes. La fin du roman présage une suite, VIVEMENT !
Les portes, John Connolly, éditions l’Archipel, 2010
Note: Ce livre est également disponible en format adulte chez les éditions l’Archipel (2010) et en format poche chez J’ai lu (2011).



