
J’ai bien aimé Petits arrangements intra-galactiques de Sylvie Lainé, nouvelle issue de l’anthologie Contrepoint. Du coup, je me suis dis qu’il était peut-être temps de sortir son recueil de nouvelles des tréfonds de la Pal. Le Miroir aux éperluettes y dormait depuis au moins trois ans, facile.
De ce recueil, je n’ai pas tout aimé. Je suis passée de l’ennui le plus profond à la petite étincelle du « qu’est-ce qui se passe ensuite ? ». C’est très inégal, même si les textes sont vraiment bien écrits. Beaucoup de faits scientifiques, beaucoup de poésie. Pratiquement tous les textes touchent à la mémoire, au rapport à l’autre. Se sont des histoires de rencontres, de séparations et d’oubli ; le tout sur fond de SF et de fantastique.
Tout débute avec La Bulle d’Euze, une obscure histoire de mélange parfait et de regard. Puis viennent La Mirotte et Thérapie douce, deux nouvelles tournant autour d’ expériences scientifiques et de souvenirs. Si je n’ai pas trop accroché à la première, la seconde m’a plu par sa conclusion assez expéditive. Avec Question de mode et un Rêve d’herbe, le lecteur s’éloigne de l’aspect scientifique récurant du recueil : Question de mode malmène l’aspect physique et le jugement des autres, tandis qu’un Rêve d’herbe touche à l’amour et à la nature sur fonds d’onirisme et de poésie. Le recueil se conclue avec un Signe de Setty, nouvelle qui a obtenu le Prix Rosny aîné en 2003. Chef d’oeuvre du recueil, cette histoire alterne virtuel et réel, atmosphère étrange et amitié improbable.
Étranges, mais néanmoins poétiques, les nouvelles de Sylvie Lainé nous plongent dans des histoires scientifiques teintées de mélancolie et de souvenirs. On accroche, ou pas.
Le Miroir aux éperluettes, Sylvie Lainé, éditions ActuSF (les 3 souhaits), 2008



