
Mo-ly, jeune garçon curieux et taciturne, doit passer l’épreuve de l’eau pour devenir le nouveau gardien et protéger son clan des menaces extérieures. Sa soeur jumelle, Al-lya, l’envie. Elle aussi aimerait escalader la falaise surplombant la source et ainsi prouver sa valeur, mais ce rôle est réservé aux mâles de la tribu. Et puis, un matin, la jeune fille disparaît. Sans hésiter, Mo-ly décide de partir à sa recherche. Un chemin semé d’embûches et d’ennemis qui va le mener sur les traces de la perle noire, pierre mystérieuse dont dépend la paix de son monde.
Difficile de classer ce roman. L’histoire se déroule sur une lointaine planète et l’éditeur l’a classé en science-fiction. Pourtant, de nombreux détails dans l’histoire m’accorde à dire qu’il est plus proche de la fantasy. Difficile également de vous parler de ce roman dont je ne sais trop quoi penser. Je n’ai pas aimé la lenteur, je n’ai pas aimé l’utilisation intempestive des paragraphes qui m’a parfois déstabilisée. D’un autre côté, j’ai assez aimé l’histoire et la quête qu’entreprend Mo-ly. Ce long voyage lui fait en effet rencontrer de nombreuses personnes aux personnalités différentes, toutes présentant une facette différente du taoïsme. Cette philosophie et religion chinoise est au centre du gardien de la source : du nom des personnages, en passant par le nom des villes et des lieux, tout y est relié. On trouve d’ailleurs un lexique à la fin de l’ouvrage qui en explique toutes les significations.
Le gardien de la source est finalement une quête initiatique de structure assez banale : un événement grave vient bousculer la petite vie tranquille du clan de Mo-ly, celui-ci est donc dépêché par le sage du village afin de résoudre le problème. En chemin, le jeune Mo-ly rencontre des amis inattendus qui vont l’aider dans sa lourde tâche. Toutefois, l’auteur a créé un monde complexe rythmé par sa propre unité de temps. Le lecteur trouve ainsi des notes et un tableau des correspondances, qui ma fois ne servent pas à grand chose, sauf à ralentir la lecture. Je les ai d’ailleurs allègrement sautés. Je pense que ça part d’une bonne intention de l’auteur afin qu’on comprenne bien son histoire, mais je trouve qu’il a introduit ces éléments de façon assez maladroite. Pour ma part, si je lis un roman imaginaire je suis prête à accepter n’importe quoi et prend tout pour acquis, pas besoin de m’expliquer que tel mot signifie 40 minutes 8 s ou tel autre 2 heures 24 secondes, ça a plutôt tendance a brisé l’atmosphère de l’histoire, surtout quand on a un peu de mal à y entrer.
L’écriture de Bernard de Bone est fluide et agréable, assez poétique même, la plupart du temps. Le début de l’histoire est quelque peu chaotique, particulièrement le premier chapitre qui sert d’introduction, mais une fois qu’on met de côté les unités de temps et les termes spécifiques, le récit est intéressant, même si comme je l’ai dit plus haut, il reste assez banal. Le gardien de la source, c’est une histoire d’amitié et de courage dont j’ai aimé le fond, mais pas la forme. Dommage, mon ressenti reste donc assez mitigé après cette lecture.
Le gardien de la source, Bernard de Bone, éditions Persée, 2011



