Au coeur de la voie lactée, deux enfants sont chargés d’accompagner à la flûte la Ronde des Etoiles. Toutefois, un matin un conflit éclate entre le Corbeau et le Scorpion, qui ne se supportent guère… L’Araignée, la Limace et le Blaireau ne se supportent pas non plus, et entre eux se déroule une étrange compétition … Au bureau des chats, l’entente n’est pas non plus des plus cordiales et c’est un pauvre matou bistre qui en fait les frais … A l’ombre des ruines d’un château une histoire d’amour naît entre une vigne sauvage et un arc- en -ciel … Sujet des moqueries des autres oiseaux, un faucon de nuit rêve de devenir une étoile …
Le bureau des chats est un recueil de contes inédits par l’une des grandes figures littéraires du Japon, Miyazawa Kenji. Sous couvert d’une naïveté touchante, il aborde des thèmes tels que le bien et le mal, la discrimination. En effet, les héros de ses contes sont toujours des êtres faibles, rejetés ou tourmentés par les autres: enfants, animaux, plantes, la différence tient un rôle important dans ses histoires. La méchanceté, l’envie, l’orgueil, la jalousie sont au coeur des relations qu’entretiennent les protagonistes. Toutefois, ces sentiments sont traités dans les cinq contes avec humour et légèreté, et conduisent immanquablement, non pas à un happy ending pour les bafoués, mais au moins à un châtiment pour les malhonnêtes.
J’ai beaucoup aimé ce recueil. Je me penche rarement sur les contes et légendes asiatiques, mais il s’en dégage, je trouve, un onirisme, une philosophie, une poésie, une fraîcheur et une atmosphère très particulière. Les morales sont troublantes, parfois énigmatiques et beaucoup moins radicales que celles des contes de Grimm ou Perrault: les gentils ne sont pas toujours récompensés, et les méchants pas toujours punis.
Le bureau des chats, Miyazawa Kenji, éditions Philippe Picquier, 1997



