A l’aube de leur trente-et-unième année, quatre inconnus sont victimes d’une terrible malédiction: Cythèle, prêtresse du dieu des morts, Eringvard, changelin nordhommois, Brytomarte, officière dans l’armée de la République et Syrmaïl, mage de l’académie de Vilanöé n’ont plus que quelques mois à vivre et n’ont qu’un seul indice pour percer la cause de leur tourments, Corollis, mot apparu durant une vision et désignant une petite bourgade perdue au milieu des Effrois, montagnes cauchemardesques où pullulent de terrifiantes créatures .
Le monde imaginé par Nicolas Cluzeau est un univers violent et dangereux, sombre, complexe et angoissant où Dieux et Démons décident de la destinée des hommes. Les uns, manipulant les âmes immortelles afin d’arriver à leurs fins, les autres prenant un malin plaisir à torturer et tuer en infligeant le plus de destructions et de souffrances possibles. Nicolas Cluzeau n’épargne aucun détail au lecteur: chaque blessure affligée, chaque meurtre perpétué est décrit dans ses moindres détails, à tel point que ça en est parfois dérangeant. Combats réels et oniriques se succèdent à tel point qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux, de séparer ce qui arrive réellement aux héros de ce qu’ils imaginent dans le monde des rêves dans lequel ils sont enfermés.
Les personnages de Cythèle, Eringvard, Brytomarte et Syrmaïl sont très travaillés.L’auteur distille les informations les concernant au fur et à mesure de leur quête. Tous ont un lourd passé, tous ont connu la souffrance et la peur. Chacun a évolué dans un milieu différent, développant un don qui lui est propre: Cythèle est une puissante prêtresse adepte des magies de la mort, Eringvard est à moitié humain et à moitié fé et est proche de la nature, Brytomarte est une guerrière accomplie et Syrmaïl un mage maîtrisant les sorts les plus complexes.
J’avoue que j’ai eu un peu de mal à m’imprégner de l’intrigue durant les premières pages: le style de l’auteur m’a d’abord paru compliqué, il y a de nombreux termes relatifs à cet étrange univers qui ont été inventé par Nicolas Cluzeau. Puis je me suis prise au jeu de cette quête, cherchant à percer le mystère reliant les quatre compagnons. Une fois réussie à y entrer, je n’en suis plus sortie: les aventures de Cythèle, Eringvard, Brytomarte et Syrmaïl sont haletantes, captivantes et je me suis finalement laissée porter par l’histoire, enchaînant les chapitres sans m’en rendre compte. Le Dit de Cythèle est une quadrilogie, mais ce premier tome, la Ronde des Vies Eternelles, se suffit à lui-même, sauf si comme moi une fois sa lecture terminée vous avez une folle envie de connaître la suite des aventures de Cythèle !
Le Dit de Cythèle, tome 1 : La Ronde des Vies Eternelles, Nicolas Cluzeau, éditions Blackbook, 2010



