A quelques mois de l’assassinat de Kennedy, le destin de Chandler Forrestal prend une tournure des plus inhabituelles lorsque celui-ci est utilisé comme cobaye dans une expérience lancée par la C.I.A : une belle brune lui offre un verre dans un bar, verre contenant une dose massive de LSD. La C.I.A souhaite en effet tester les effets de cette drogue sur l’esprit humain et Chandler se retrouve doté de pouvoirs psychiques extraordinaires ! Le jeune homme va se trouver pris au coeur d’un complot et convoité par les différences forces gouvernementales.
Tim Kring est le créateur de la série Heroes, et moi, la série Heroes j’aime bien (enfin jusqu’à ce que je l’abandonne en cours de route au début de la saison 3). Alors est-ce qu’un scénariste d’une bonne série est forcément un bon auteur de livre, là est la question…
Avec la Porte d’Orphée, nous faisons un plongeon dans les années 60 dans une ambiance géopolitique pas glop: la guerre froide entre les deux superpuissances de l’époque rythme en effet sans cesse le récit. Tim Kring s’est effectivement largement appuyé sur l’atmosphère de l’époque pour expliquer les tensions et les différents choix de ses personnages. Mon manque de connaissance historique m’a sans doute fait manquer quelques allusions et de ce fait il m’a parfois été difficile de déceler les faits réels des éléments fictifs imaginés par l’auteur (mais rassurez-vous l’histoire est tout de même compréhensible).
Le lecteur est baladé entre différents protagonistes, a tel point qu’il est parfois difficile de suivre le déroulement de l’intrigue: C.I.A, K.G.B, Rois Mages, Chandler, Naz, Song, … Surtout que l’auteur a le chic pour inventer un perso ou le faire disparaître quand bon lui semble, à les faire se retrouver en l’espace de quelques heures alors que c’est physiquement impossible (ils ont tous le don de téléportation, quelle chance!). J’ai trouvé que la plupart d’entre eux n’étaient pas assez voir pas du tout développés, ce qui fait qu’on a un peu de mal à s’intéresser à leurs péripéties. Chandler m’a semblé terriblement fade pour un héros, Naz pratiquement inexistante (alors qu’elle est tout de même la carotte qui fait avancer Chandler tout au long de l’intrigue!). Finalement, un seul personnage a retenu mon attention de par son humour bizarre et ses ambitions louches: Melchior, un agent de terrain qui se la joue perso.
L’idée était pourtant bonne : la revisitation des évènements qui ont entouré l’assassinat de J.F.K sur fond de roman d’espionnage et de roman fantastique. Oui, ça pourrait être un bon roman, mais il y a malheureusement beaucoup de « mais » qui entrent dans l’ équation, laissant un goût d’inachevé à la lecture.
La Porte d’Orphée, Tim Kring, éditions Michel lafon, 2011



