La Mélodie des tuyaux est une oeuvre unique … Non content de nous plonger dans son univers visuel d’exception, Benjamin Lacombe nous fait vivre une expérience singulière et bouleversante.
Guidé par la voix envoûtante d’Olivia Ruiz, nous partageons l’émouvante histoire du jeune Alexandre. Destiné à travailler à l’usine comme ses parents, son chemin croise celui d’une troupe d’artistes gitans. A leur contact, il va se découvrir un don insoupçonné pour la musique .
On plonge avec délice dans cette belle histoire où mots et musique s’entremêlent. Tel Alexandre devant les musiciens gitans, j’étais hypnotisée, fascinée devant les illustrations et les mots de Benjamin, pénétrant dans l’univers inconnu, mais terriblement attirant des cirques de monstres du XIX ème siècle et découvrant avec curiosité femme à barbe ou autre homme chien .
Ne pas avoir à lire le texte, mais avoir simplement à écouter donne une dimension totalement nouvelle à l’histoire : en effet contrairement à d’habitude où l’on lit puis regarde les images, on n’a qu’une chose à faire, se laisser porter et pénétrer dans les illustrations, nous arrêter sur chaque détail, apprécier le choix des couleurs et des textures, tout en savourant les mots et les magnifiques musiques tziganes contenus dans le cd. J’ai remarqué entre autres les différences de tons entre le monde gris et triste d’Alexandre et celui coloré, vivant et musical d’Elena, choix qui m’a fait penser aux différents univers de Tim Burton dans « The Corpse Bride ».
Benjamin signe une histoire poignante où l’amitié et la tolérance prennent le dessus sur la peur, la haine et le rejet de la différence et qui montre que la musique reste une langue universelle qui peut renverser bien des barrières.
Un très beau livre objet à regarder, à lire et à écouter où l’on croise quelques visages connus si comme moi vous êtes un adepte des livres de Benjamin : Virgile bien sûr, mais également les soeurs siamoises Mary et Anny ou la petite Félicie.





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