La couleur de l’âme des Anges

En ce début 2012, Robert Laffont lance une nouvelle collection. « R » se veut adaptée aux jeunes adultes, mêlant pour cela les genres dans un rythme effréné, sans pour autant laisser les questions de société de côté. Léa Lavagen signale également, dans l’article d’Actualitté dédié à cette collection, que les éditeurs ont choisi de mettre les femmes en avant dans ces douze romans à paraître pour le lancement. Parmi ceux-ci, l’un des plus attendu est La couleur de l’âme des Anges, de Sophie Audouin-Mamikonian (célèbre auteur française des Tara Duncan).

La couleur de l’âme des Anges commence avec la décapitation d’un jeune homme, Jérôme Graveaux, 23 ans. Par katana. Bien qu’atterré de se voir mort, la tête séparée du corps, celui-ci se gausse tout de même d’avoir réussi à mourir de manière peu banale. Car oui, on le suit mort. Afin de ne pas perdre les quelques lecteurs qui liront cette chronique, je crois qu’il est nécessaire de décrire le monde des morts que nous a concocté Sophie Audouin-Mamikonian : c’est un monde superposé au nôtre, identique, mais plus lumineux, plus clair. Et tous les morts (humains, parce que les animaux semblent disparaître aussi vite qu’ils apparaissent dans ce monde. Pour vraiment comprendre cette théorie, demandez à Einstein, il s’y connaît mieux que moi) y … vivent, faute de meilleur mot. Imaginez un peu le nombre d’êtres humains qui sont morts depuis la création de notre planète! Ils envahiraient tout et se monteraient sur les pieds! Heureusement (enfin, ça dépend du point de vue), les morts peuvent mourir (une deuxième fois s’entend) s’ils mangent trop, ou pas du tout. Parce qu’ils mangent en plus. Et les sentiments des vivants! Ces sentiments s’échappent du corps des vivants sous forme de brume, dont la couleur varie suivant le sentiment. Voici la liste des couleurs :

« Cristal bleuté pour la loyauté
Blanc pour la satisfaction, le sentiment de plénitude
Gris argent pour la compassion, l’empathie
Bleu clair pour la joie
Bleu turquoise pour le désir sain
Bleu foncé pour l’amour
Violet clair pour le bonheur
Violet foncé pour l’excitation positive
Doré pour la victoire, l’accomplissement parfait

Vert pour la jalousie
Jaune pour l’envie
Rose clair pour l’agacement, le début de la colère ou du désir malsain
Rose foncé pour l’excitation malsaine
Rouge clair pour la colère
Rouge foncé pour la colère malsaine
Orange pour la revanche, la vengeance
Marron clair pour la tristesse, la peur légère et la culpabilité
Marron foncé pour la peur intense et la tristesse profonde
Noir pour le meurtre ou les désirs pervers »

Je ne sais pas si vous avez été, comme moi, attiré par la belle couverture du livre, mais tout de suite on la regarde autrement. Si je traduis : jalousie, envie, vengeance et colère! Quel programme!

Mais passons. Pour revenir à Jérémy, que j’ai laissé en plan, à peine était-il arrivé dans le royaume des morts qu’il rencontre Flint, anciennement appelé Decarus Pomee, passé (puisque c’est le terme consacré pour indiquer sa date de mort) en 451 après J.C., ainsi que Tétishéri (l’une des premières grandes figures féminines de l’histoire, avant Cléopâtre ou Néfertiti) et Albert Einstein (qui n’a rien trouvé de plus amusant que de changer son corps pour reprendre l’apparence qu’il avait à 10 ans!). Ca donne envie de mourir, vous ne trouvez pas? Bref. J’ai encore abandonné Jérémy. Donc après s’être fait quelque peu expliquer les règles de ce nouveau monde, il décide de retrouver son meurtrier, et si possible de se venger. Pour cela, il retrouve la trace du seul témoin de son meurtre, une jeune fille. Et ce qui devait arriver arriva : il en tombe amoureux. Alors qu’il est mort, et elle vivante. De quoi le rendre fou et le transformer en esprit frappeur de l’avis des plus vieux anges (et ne pensez pas à Peeves, dans ce monde, les esprits frappeurs n’ont plus toute leur tête, et ne font aucune farce)! Un amour impossible, quoi, à moins qu’elle ne meure… Mais il ne veut pas qu’elle meure. Il tente même de la protéger de son assassin, revenu pour la tuer elle! Pour connaître tout ce qu’il va entreprendre pour sauver l’amour de sa vie (qui ne le connaît que de nom), tous à vos livres, je n’en dévoilerai pas plus à ce sujet!

De péripéties en péripéties, on regarde le monde qui nous entoure  d’une autre manière : les acouphènes et maux de tête seraient dû à des anges qui hurlent trop dans nos oreilles (pour nous influencer et nous faire avoir tel ou tel sentiment, dont ils se nourrissent), l’idée des anges pourvus d’ailes serait une simple méprise (autrefois, les anges pensaient qu’ils ne pouvaient voler sans aile, alors que ce n’est pas du tout utile. Mais je m’arrête là, parce que je n’ai pas retenu tout ce qu’Einstein a dit à Jérémy à ce sujet), et les vampires ne sont en fait que des chimères, ces anges qui mangent d’autres anges (la chimère étant à l’origine un enfant qui a « avalé », intégré son jumeau en lui avant la naissance, et ça Jérémy le savait sans Einstein!).

Si jamais vous mourez avant de me laisser un message, souvenez-vous de ne pas manger de fumée rouge. Elle vous transformera en ange rouge, c’est-à-dire malfaisant (tandis que la fumée bleue rend les anges bleus, et que les anges bleus sont les gentils). C’est l’un des points qui m’a le plus déplu dans ce livre : son côté manichéen. Les anges sont soit bons (bleus), soit mauvais (rouges). Certains se disent neutres, mais aucun ne l’est vraiment au final. Toutes mes excuses si je choque quelqu’un, mais à quelques mois des présidentielles, je n’ai pu m’empêcher d’y voir pendant un instant un engagement politique! Toujours est-il qu’avec tant de couleurs de sentiments, je m’étonne que les anges ne soient que bleus ou rouges (avec une tâche dorée au niveau du nombril pour quelques rares privilégiés, mais je n’en dirai pas plus, même sous la torture : allez lire si vous voulez savoir!).

Un autre point qui m’a gêné, et pas mal travaillé, lors de ma lecture, est la publicité que se fait Mme Audouin-Mamikonian en citant Tara Duncan comme l’héroïne préférée de la demi-soeur de Jérémy. Un autre nom m’aurait paru normal, mais j’ai trouvé l’emploi de celui-ci maladroit, surtout que, même si Jérémy est français par son père, sa demi-soeur, Angela, est pur jus américain. Donc la littérature française n’est peut-être pas celle qu’elle a le plus entre les mains.

Pour ne pas finir sur cette brume légèrement teintée de marron, je signale à ceux que ce livre intéresse qu’il y aura une suite (un seul tome apparemment), et que vous pourrez retrouver l’univers de La couleur de l’âme des Anges ici.

La couleur de l’âme des Anges, Sophie Audouin-Mamikonian, Robert Laffont (R), 2012

 

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À propos de Alicia

Ceci est un appel à l'aide. Si quelqu'un m'entend/me lit, venez me sortir de là! Je suis une choupette (soit 20 à 25 ans) et j'ai été kidnappée par Laure pour lui écrire des chroniques. Pour l'instant elle est gentille et me laisse faire ce que je veux, mais bientôt, elle m'obligera à lui écrire toutes ses chroniques à sa place (et il y en a beaucoup)! Je suis trop jeune pour mourir, même la plume à la main!

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6 réponses à La couleur de l’âme des Anges

  1. J’ai également trouvé le roman très manichéen, mais je n’avais pas du tout été jusqu’à cette idée de couleur… troublant, en tout cas !

  2. Je viens de le finir, et j’avoue avoir préférer Indiana Teller à celui-ci même si on ne peut pas comparer un loup à un ange, je me suis plus amusée dans l’autre que dans celui-ci, à voir ce qu’il donnera le tome 2 prévu l’année prochaine.

  3. Alicia

    @ L’Irrégulière : j’avoue avoir hésité avant d’être cette histoire de couleur!
    @ Vanessa : Je n’ai pas lu Indianna Teller, ni quoi que ce soit d’autre de Sophie Audouin-Mamikonian. J’ai donc lu ce livre sans aucun a priori, mais ça me fait hésiter pour en lire d’autres… Dommage peut-être.

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