Nell est un ange de mai, une enfant conçue pendant la fête de Beltaine. Elle possède le don de voir les créature invisibles du Petit Peuple, pouvoir qu’elle partage avec sa grand-mère guérisseuse. Nous sommes en Angleterre en l’an de grâce 1645 et des rumeurs de sorcellerie se colportent de village en village, répandues par les chasseurs de sorcières, les terribles membres de l’inquisition. Quelques mauvaises langues suffisent pour que les soupçons se portent sur Nell et sa grand-mère, calomnies qui vont faire de sa vie un enfer.
Julie Hearn nous transporte dans la vie quotidienne d’une apprentie-guérisseuse du temps de Cromwell. Nous suivons son dure apprentissage du métier, longuement développé dans le roman. Nous observons le changement de regard, de comportement des habitants vis-à vis des deux femmes: d’abord respectueux de leur savoir et de leur don, le doute, puis le rejet et la peur succèdent vite aux bon sentiments.
Nell est présentée comme l’innocence même, parfaite bouc-émissaire de la colère ambulante. Elle ne comprend pas que ses dons, servant à guérir et aider les autres, puissent attiser tant de rancœurs. Elle partage sans cesse avec le lecteur son incompréhension, ses doutes face aux réactions humaines.
Bien que l’idée de départ soit assez bonne, j’ai trouvé que l’écriture de Julie Hearn était assez fouillis et parfois difficile à suivre. Toutefois, j’ai trouvé intéressant le choix d’alterner les points de vue, de passer des sentiments de Nell à ceux des filles du pasteur. Les événements sont parfois surprenants et les enchaînements assez bizarres. J’avais repéré ce livre depuis pas mal de temps et ai été au final assez déçue par sa lecture … dommage.
L’ange de mai, Julie Hearn, éditions Hachette Le Livre de Poche Jeunesse, 2009



