Kalix est une pauvre petite loup-garou solitaire. Non par contrainte, mais par choix. C’est simple, tout le monde lui en veut et personne ne l’aime! Bon , elle l’a un peu cherchée aussi : elle a attaqué son père qui n’est autre que le grand Thane, le chef des loups-garous d’Ecosse et du coup elle est légèrement haïe par toute la meute, une si mignonne créature quelle ignominie ! Ajouté à ça qu’une sanglante bataille de succession gronde, que son grand frère souhaite la voir plus morte que vive, que sa soeur est plus intéressée par les défilés de mode que par le devenir de sa soeurette, que son autre frère, transformiste à ses heures perdues, souhaite aussi sa mort et que ses cousines, rock stars en devenir, elles, s’en tapent complètement. Et cerise sur le gâteau, deux stupides humains la prennent en pitié et souhaitent l’aider à ne plus être solitaire, si ça c’est pas le pompon !
Après les petites fées de New York, Martin Millar nous offre les aventures d’une loup-garou aussi déjantées que celles de ses cousines féeriques. Whisky (écossais, ça va de soit) et drogue coulent à flot dans les rues de Londres, ville hantée par des hordes de lycanthropes suivies de près par des groupes de chasseurs plus ou moins expérimentés armés de mortelles balles en argent. C’est dans ce terrain hostile que nous rencontrons la charmante Kalix, princesse loup-garou échappant à tous les stéréotypes que l’on pourrait avoir en tête. Adepte de la solitude profonde, ses activités préférées sont le drogage à la chaîne et le rejet de nourriture, mais sa petite vie tranquille touche à sa fin le jour où elle devient l’enjeu de l’élection du nouveau Thane, du nouveau chef des loups-garous d’Ecosse. En gros, celui qui rapportera son coeur ou la traînera de force au grand conseil gagnera le gros lot. Kalix, elle s’en fou de mourir, d’une manière ou d’une autre, ça finira bien par arriver, mais ce qu’elle ne veut pas c’est être tuée par un membre de sa famille, et retourner en Ecosse aussi, parce que le château familial, il craint !
Bien que ce roman porte le nom de Kalix, ce n’est pas seulement son histoire que le lecteur suit entre les lignes, mais celle d’une multitude de personnages dont les destins sont liés et finissent par se croiser. Au rythme des chapitres, nous suivons ainsi les péripéties des membres de la famille de l’adolescente, catastrophes et coups de théâtre s’enchaînant à une vitesse folle. Ce que j’ai trouvé formidable, c’est que tous les personnages ont beau être affûtés des pires tares, des pires imperfections, on ne peut s’empêcher de les trouver attachants à leur manière, de par leurs défauts, les relations qu’ils entretiennent les uns avec les autres et leurs volontés de réussir dans ce qu’ils entreprennent.
Martin Millar signe une fois de plus un excellent roman, un roman surprenant qu’on a du mal à lâcher avant d’avoir atteint la fin ! Neil Gaiman est fan de son travail et moi aussi (et ce n’est pas parce que je vénère Neil Gaiman que je pense comme lui, hein bande de mauvaises langues !!). Kalix, la loup-garou solitaire est un roman prenant dont je n’ai fait qu’une bouchée malgré ses 528 pages, un récit qui nous plonge au coeur d’une conspiration politique sur fond de meurtres, de traîtrises, de mode, de tartes toastées bizarres et même que je n’ai aucune idée de ce que c’est, de magie, de fleurs bleues et de guimauve … un mélange surprenant que j’ai adoré !
Kalix, la loup-garou solitaire, Martin Millar, éditions Intervalles, 2010
Chronique remise à l’honneur pour




