Graal Noir, Tome 1 : Le fils du diable

A Caer Lûdd, le château du roi Uther, la populace accourt de tout le pays pour assister à la prochaine exécution par les flammes du fils du diable. Au moment où le dit-renégat est présenté au souverain, un étrange jeune homme pénètre dans la salle du trône et met en doute l’identité du prisonnier, se présentant comme étant lui-même Merlin. Afin de prouver ses dires, celui-ci explique que la tour en construction au Val Vert ne cesse de s’effondrer à cause de deux dragons prisonniers d’un lac souterrain sous le site. Cette annonce est accompagnée d’ une prédiction qui décidera du destin du roi Uther.

Ce premier tome de la série Graal Noir signée Christian De Montella nous initie à la jeunesse d’un personnage de légendaire connu de tous, Merlin.  Il est vrai que quand on parle de ce grand magicien, on a tendance la plupart du temps à s’imaginer un vieillard détenteur d’un grand savoir et d’un grand pouvoir. Aussi l’imaginer jeune reste une création vierge, une image totalement libre où l’on peut s’adonner un peu à tout et n’ importe quoi.

Quand on me dit jeunesse de Merlin, j’ai en tête le personnage créé par la BBC pour sa série du même nom : un personnage gentillet, un peu nigaud, ayant un grand coeur et toujours près à protéger son prochain et qui découvre peu à peu l’étendu de ses pouvoirs. Et bien le personnage imaginé par Christian De Montella est tout autre : notre héros est arrogant, un brin détestable, sûr de lui. Il est décrit comme très attiré par la gente féminine, ce qui va lui jouer des tours au cours de ce premier tome. Ayant pleinement conscience de ses capacités, il fait un peu ce qu’il veut quand il veut, bref, c’est un peu une image d’anti-héros que nous décrit l’auteur. Son caractère d’enfant gâté aurait même tendance à faire grincer les dents et à en agacer plus d’un.

On ressent pourtant un immense attachement pour ce personnage, d’une part parce qu’on sait qui Merlin va devenir et ce qu’il va faire, mais également car Merlin est un personnage marqué par la fatalité : il fait ce qu’il fait car il doit le faire et qu’il sait que personne d’autre ne peut le faire à sa place. Il tire ses pouvoirs de ses origines démoniaques, mais choisi d’écouter son côté humain pour sauver le roi Uther et réaliser la prophétie du Graal. Il est d’une grande complexité et très ambiguë.

Merlin n’est jamais seul dans sa mission : il est accompagné dans son périple par Frère Blaise, religieux qui chronique ses aventures pour la postérité et qui le guide et le conseille parfois. Frère Blaise est une sorte d’ intermédiaire entre le lecteur et Merlin : il est le témoin, celui qui est là pour nous conter la conception, la naissance et l’enfance de Merlin, mais aussi pour poser les questions au magicien et nous aider à mieux comprendre les choix de celui-ci. Accessoirement, j’ai eu l’impression qu’il servait également parfois de « faire-valoir » à l’enchanteur.

Le Roi Uther quand à lui est l’antithèse parfaite du souverain : il est rustre, bestial, maladroit, guerrier, mesquin, ne respecte ni son peuple, ni ses alliés . On dirait que l’auteur l’a doté de tous les défauts possibles et inimaginables pour mettre en relief la difficulté de la mission de Merlin, nous faire pointer du doigt sa noirceur pour peut-être mieux  glorifier Arthur dans quelques tomes.

J’ai vraiment  aimé ce premier tome, la surprise venant de l’image inédite donnée au personnage de Merlin. On retrouve les « événements clés » du mythe original ( la tour du Val Vert, la manière dont Arthur est conçu) entrelacés dans une trame imaginée par Christian De Montella … J’ai hâte de lire la suite :)))

Graal Noir, Tome 1 : Le fils du diable, Christian De Montella, édition Flammarion, 2009

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À propos de Laure

Bibliothécaire passionnée par les beaux livres et les belles images. Adepte des littératures de l'imaginaire et de la littérature jeunesse. Signe particulier ? Possède un chat garou et est secrètement amoureuse du Docteur et de Neil Gaiman.

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6 réponses à Graal Noir, Tome 1 : Le fils du diable

  1. J’ai lu le premier tome de Graal (Le Chevalier sans nom), du même auteur, relatant l’histoire de Lancelot. J’avais trouvé ça très simpliste et vraiment tourné vers les jeunes lecteurs.
    Je suis toujours partante pour découvrir de nouvelles réécritures du mythe, mais la jeunesse de Merlin, je l’ai déjà lu chez Barjavel, Lawhead, Fetjaine,… j’ai peur qu’il y ait du déjà lu… Enfin, à l’occasion, pourquoi pas ! ^^

    Meli

  2. Ping : Graal Noir, tome 2 et tome 3 | De l'autre côté du miroir

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