Zoe est comme ses condisciples, pucée. Cloîtrée dans un monde souterrain afin de se protéger de la dangerosité de la surface, elle répète jours après jours les mêmes gestes, sans émotion. La puce la protège des émotions, choses dangereuses qui ont mené les humains du passé à leur perte. Et puis, un beau jour, celle-ci se met à glitcher. La jeune fille découvre des émotions insoupçonnées et s’aperçoit qu’elle n’est pas la seule à subir cette défaillance.
Bateau, l’histoire ? Heu, oui. Et si je vous dis qu’il y a aussi un triangle amoureux, des pouvoirs façon X-men et que la belle va s’engager dans la résistance afin de bouter les méchants dirigeants en place, je crois qu’on a fait le tour du roman.
Pas vraiment d’originalité dans la dystopie, on retrouve les rouages déjà utilisés des multitudes de fois dans d’autres romans. La puce, seul élément original de l’histoire, n’est pas bien exploitée : l’idée qu’on ait affublé chaque humain d’un port usb afin de contrôler leurs faits et gestes est bonne, bien qu’un peu trop « matrixienne ». J’ai trouvé magnifique la scène où Zoe est sur le quai de métro à regarder la fillette danser. On ressent à la fois la peur de l’adolescente, son désespoir. C’est le seul moment du roman où j’ai vraiment senti l’enjeu et les conséquences du port de la puce, un manque flagrant de liberté et surtout l’atrocité de supprimer les sentiments. Malheureusement, Heather Anastasiu ne fait que survoler cette société, ses habitants. Le peu d’éléments sur l’histoire de cette société, son passé accentue les lacunes dans le scénario. Par conséquent, la société dystopique est peu intéressante et la part réservée à la romance dans le roman paraît disproportionnée.
Celle-ci est omniprésente, étouffante. Zoe découvre l’amour. Zoe est innocente limite cruche. On grince des dents devant ses réactions. On soupire en se disant qu’il faut bien que jeunesse se passe, que c’est juste le début, qu’elle vient juste de découvrir les émotions, que son personnage va forcément évoluer et prendre du poil de la bête. Sauf que non. L’adolescente reste mièvre et incolore. Quant aux garçons, nous avons le choix entre Max, l’adolescent aux hormones bouillonnantes, véritable caricature du mâle qui saute sur tout ce qui bouge et Adrien, l’adolescent mystérieux et ténébreux qui va initier Zoe aux secrets de la résistance.
Aussitôt lu, aussitôt oublié. C’est certainement le défaut majeur de ce roman. Son manque d’originalité, son cadre dystopique peu exploité et ses personnages peu charismatiques en font une simple histoire d’amour lassante.
Glitch, tome 1, Heather Anastasiu, Robert Laffont (R), 2012



