Fugue en ogre mineur

fugueenogremineurLes Ogres. Monstres sanguinaires ayant terrorisé des générations d’enfants, les poursuivant jusqu’aux tréfonds de leur rêves, les plongeant dans une angoisse permanente jusqu’au moment fatidique où les pauvres petits se retrouvent dévorer. Mais au fait, où sont-ils passés les ogres ? Ont-ils tous disparu, anéantis par les quêtes poussées par de nobles chevaliers ou ont- ils réussi à se cacher, ne sortant plus que la nuit pour accomplir leurs sombres larcins ? Cinq demoiselles se sont penchées sur le sujet. Peut-être en ont-elles croisé, des ogres, et ayant échappé de justesse à cette angoissante rencontre, elles y ont gagné une histoire, qu’elles nous confient chacune à leur tour dans cette anthologie.
Jeanne-A Debats ouvre le bal de « Fugue en ogre mineur ». Dans l’ ogre de ciment nous découvrons avec stupéfaction que ces créatures n’ont point disparu, qu’elles ont su au contraire parfaitement s’adapter à notre époque et à la nouvelle technologie. Cette nouvelle commence de façon très sombre, puisque nous y retrouvons une jeune fille à peine sortie de l’enfance, une petite Yasmin violentée par les copains de son frère. Seule,  terrifiée, elle erre dans les souterrains se déroulant sous la cité des « Buissons rouges de Montfermeil ». Épuisée, elle perd connaissance pour se réveiller dans un drôle de repère, celui d’un Ogre. Entre l’enfant et le monstre s’instaure un étrange dialogue, oscillant entre le sourire et le grinçage de dents et une étrange complicité va s’installer, aboutissant sur un marché des plus singuliers.
Dans la chasse à l’ogre, Stéphanie Gaillard partage avec nous un récit du Comte d’ Auberoche écrit à l’attention de sa Majesté Louis, Roi de France. Il y met en avant la poursuite, le débusquage et l’ abattage du dernier ogre du royaume.  Puis viennent les questionnement sur ce geste, …
Nous changeons ensuite d’atmosphère avec les ogres font-ils de bons pères ? , question à laquelle tente de répondre Ida Mars. Borgne le Cruel part en chasse afin de retrouver sa fugueuse de fille qui pendant ce temps-là est étendue sur un lit d’ hôpital dans le coma . Mais voilà que grâce aux merveilleux soins apportés par le docteur Joanne, la petite ogresse s’éveille … et là rien ne se passe comme prévu pour le pauvre médecin, qui après avoir dû supporter les bons traitement prodigués par sa patiente, doit ensuite affronter les retrouvailles familiales …
Encore une histoire de père-fille dans la Chair choisie d’ Audrey Alwett. Babau veille fièrement sur son troupeau. Par ennuie, curiosité ou instinct paternel, qui sait , il choisit de garder en vie sa dernière née au lieu de la croquer et la nomme joliment Larve. La petite se révèle d’une lourdeur d’esprit surprenante pour une ogresse et fait des choix de plus en plus surprenants au goût de son cher papa, ce jusqu’à faire un dernier sacrilège, qui décidément est loin de plaire à son paternel !
Cette anthologie se conclue par les autres de Justine Niogret, où, dans un pays anéanti par la guerre, une petite orpheline prend peu à peu consciente de sa véritable nature .
J’ai trouvé « fugue en ogre mineur » d’une très grande richesse dans le choix de ses différents textes: Réalisé sous la direction d’ Anne Fakhouri, il nous plonge dans des nouvelles alternant noirceur, drame et humour, le tout sur un thème que j’ai rarement croisé lors mes lectures, celui des ogres.
Après avoir terminé cette lecture, vous n’aurez plus qu’un conseil à prodiguer : Prenez garde la prochaine fois que vous vous promenez seul(e) dans les bois, car il semblerait que ces grands bâfreurs ne soient jamais loin …

Fugue en ogre mineur, anthologie, éditions actusf les 3 souhaits

Un commentaire

  1. Merci chère Laure d’attirer notre attention sur cette anthologie de cinq récits d’auteures de Fantastique…

    L’imaginaire féminin s’emparant d’un sujet aussi traditionnellement si masculin et « glauque »… ouf, ça va nous changer… Je commanderai l’ouvrage dès mardi…

    De mon côté, le projet 2010 d’auto-édition de mon « gros » récit fantastique « PanGea », pérégrinations de deux enfants télépathes (et d’une petite troupe étrange) jusqu’aux lisières de « Leur » monde…

    Merci encore de tes beaux articles sur « Au Jardin », « Fées, Rêves & Glaces » et « L’été et les ombres »… ainsi que l’interview de notre Amie Isaly… je les ai tous précieusement gardés, bien sûr !!! Vive internet…

    Bises & Amitié à toi…

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