Une mare, un nénuphar, des bulles … C’est autour de ces trois mots que gravite tout un monde, que survivent de minuscules créatures, les Fedeylins. Hauts de quelques centimètres, ces petites créatures ailées mènent une vie calme et paisible, rythmée par l’acceptation de la mort. L’ombre de la grande faucheuse est en effet partout, et ce dés l’ éclosion des petits qui doivent atteindre seuls les rives de la mare. Peu d’entre eux survivent à cette épreuve difficile, et ceux qui y arrivent sont loin d’être tirés d’affaire: la maladie, les prédateurs et les dangereux gorderives sont en effet autant d’obstacles qui empêchent bon nombre de Fedeylins d’atteindre un âge avancé.
Cahyl est l’un de ces petits êtres. Nous faisons sa connaissance bien avant son éclosion, alors qu’il est encore bien au chaud dans sa bulle. A travers ses perceptions, nous découvrons son monde et son peuple, les Pères Fondateurs enseignant aux petits les notions fondamentales pour survivre bien avant leur naissance. Et puis vient le grand jour. De la rive, les mères inquiètes prient pour que leurs petits survivent à cette épreuve, car fait cruel, elles n’ont pas le droit d’intervenir si ceux-ci se noient sous leur yeux. Il en faut de peu pour que Cahyl ne parvienne pas à rejoindre la sécurité de la terre ferme, mais il reçoit l’aide d’un allier inattendu.
Chaque petit est marqué lors de son sommeil dans la bulle, recevant par cette trace un destin tout tracé; de cette marque dépendra la caste auquel il appartiendra une fois éclos : bâtisseur, transmetteur, créateur, récolteur ou prieur. Cahyl n’est pas ordinaire, puisque ce petit naît sans marque, ce qui fait de lui un monstre aux yeux de son Peuple. Le lecteur va suivre son combat de tous les jours pour cacher sa différence, la quête de son Destin qui est loin d’être tracé. Cette différence va l’amener à se poser de nombreuses questions sur le mode de vie de ses semblables, remettant en question la doctrine principale de son peuple : « Etre Fedeylins, c’est accepter ».
Au vu des nombreuses chroniques positives qui ont fleuri sur le net, je ne vais pas paraître originale en vous écrivant que ce premier tome est un véritable bijou, une aventure sensible, poétique et délicate ayant pour fond le microcosme d’une simple mare avec ses nombreux dangers insignifiants à nos yeux (des poissons, des grenouilles, un chat, …), mais qui se révèlent mortels pour de nombreux Fedeylins. Le rythme du livre est celui du jour et de la nuit, du passage des saisons. Nous suivons le développement de notre jeune narrateur, Cahyl, ses questionnements et ses doutes, et on ne peut s’empêcher de s’attacher à lui, de suivre avec émerveillement sa petite vie si simple et si compliquée à la fois. C’est onirique et aérien, c’est doux et paisible, un véritable enchantement !
Fedeylins, tome 1 : Les Rives du monde, Nadia Coste, éditions Gründ, à paraître le 10 mars 2011
Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Gründ.




