Even dead things feel your love

Si tu aimes les histoires d’amour guimauve passe ton chemin. Even dead things feel your love est une histoire d’amour, certes, mais une histoire cruelle, violente et sombre. Peu de bonheur en effet dans ce roman, mais une succession de non-dits, de souffrance et de solitude.

Josiah Scarcewillow est un vampire. Lord anglais, il a abandonné toute humanité pour vivre une vie rythmée par le sang et la luxure. Délaissant du jour au lendemain le faste de la vie londonienne, il rejoint la demeure familiale. Il y croise Abigale, innocente voisine  dont il tombe amoureux. Seulement, le destin va s’acharner sur le couple : Abigale est tuée durant sa métamorphose en créature de la nuit et emporte avec elle les derniers fragments d’humanités qui subsistaient en Josiah. Le vampire n’a plus qu’une idée en tête, la revoir, et ce à n’importe quel prix.

Mathieu Guibé dont j’ai découvert la plume l’année dernière avec Quintessence hiémale, contes d’hiver signe un roman vampirique à l’ambiance gothique original et diablement bien écrit. On y croise un héros torturé et misérable, un monstre prêt à tout pour arriver à ses fins. Il est aisé de détester ce meurtrier, cet être sanguinaire qui sème cadavres sur cadavres sur son chemin. Mathieu Guibé parvient toutefois a nous faire apprécier ce sombre personnage, voir de le faire plaindre par nos soins. Blasé par la vie qui lui a tout pris, nous suivons ses errances à travers le XIX ème, puis le XXème siècle. Pérégrinations qui n’ont qu’un but, revoir, serait-ce qu’un instant sa bien-aimée.

Ce que je retiens de cette lecture, c’est la profonde mélancolie qui se dégage des pages. Even dead things feel your love, « même les choses mortes peuvent ressentir ton amour », est une phrase qui va lier deux âmes pour l’éternité. Toutefois nous sommes bien loin du « ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ». L’immortalité n’est ici qu’une barrière qui empêche le couple maudit de se retrouver. Josiah Scarcewillow court derrière une ombre, une obsession, qui va rythmer l’ensemble du roman. Mathieu Guibé dépeint avec finesse les différentes phases par lesquelles passe le héros. Séducteur au début du roman, nous assistons à la déchéance de la créature que l’on retrouve dans les bas-fonds de la capitale anglaise.

Avec Even dead things feel your love, l’amour devient une maladie, une souffrance obsessionnelle dont même les enfants de la nuit peuvent souffrir. Mathieu Guibé signe un très bon roman à l’ambiance parfois malsaine, souvent poignante. Bête et belle, lion et agneau, obscurité et lumière : l’amour impossible entre Josiah et Abigale emporte le lecteur du début à la fin. Attention toutefois à ne pas le mettre entre toutes les mains car la violence est omniprésente dans ce roman.

Even dead things feel your love, Mathieu Guibé, éditions du Chat Noir, 2013

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À propos de Laure

Bibliothécaire passionnée par les beaux livres et les belles images. Adepte des littératures de l'imaginaire et de la littérature jeunesse. Signe particulier ? Possède un chat garou et est secrètement amoureuse du Docteur et de Neil Gaiman.

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2 réponses à Even dead things feel your love

  1. Bonjour Laure!

    Je suis tombée sur ton blog pendant ma quête d’idées de lectures bit-lit/vampiresques, et je crois avoir trouvé mon bonheur ici, surtout avec ce Even Dead… qui devrait me plaire.
    Et coïncidence, je suis aussi en pleine lecture de Je suis Rage :)

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