Après la mort de son aimée, Elric de Melniboné, Prince déchu de son état, a juré de ne plus jamais se servir de Stormbringer, épée maudite buveuse d’âmes qui confère à son porteur puissance et vitalité. Abattu et mourant, il se lance sur les traces de l’Anémone Noire, plante magique, qui d’après les légendes, ne fleurirait qu’une fois par siècle et aurait le pouvoir de donner une immense force à celui qui s’en emparerait durant ce laps de temps. Problème: l’Anémone Noire se trouve au coeur d’une jungle imprenable infestée de créatures maléfiques et d’hommes cannibales.
Attention sous la huée et le bouhage général, je vais vous avouer que je n’avais jusqu’ici jamais lu un seul Elric, et pire encore, n’en avais même jamais entendu parler avant de recevoir le livre. Qu’à cela ne tienne, si vous êtes dans le même cas que moi, vous pouvez lire ce livre sans crainte d’être perdu ou dépassé par les évènements, car la trame est tout à fait compréhensible, même pour un néophyte qui viendrait juste d’apprendre que Stormbringer est une épée à ne pas mettre entre toutes les mains.
Elric, le personnage principal est un jeune homme torturé et pour cause: il a assassiné sa promise et son pays a été rayé de la carte par sa faute. Du coup, il a décidé de ne plus jamais utiliser celle qui est la cause de tous ses maux, Stormbringer. L’ épée est en effet une entité vivante, assoiffée de violence, d’âmes et de sang qui confère à son porteur un pouvoir immense et terrifiant. Elric est donc prêt à tout pour ne plus jamais avoir à la brandir, même à se laisser mourir, faute de ne plus absorber la force vitale de ses ennemis, même à s’enfoncer dans les ruines de Soom à la recherche d’une fleur qui n’existe peut-être même pas.
Elric est un roman sombre, parfois violent. Non, vous n’allez pas pouffer en lisant ce livre, vous risquez même de sombrer dans une profonde dépression si vous vous entichez du héros. Toutefois, croyez-moi, on ne le lâche pas facilement, à croire que j’aime les héros torturés qui se lancent dans des quêtes impossibles où ils manquent mourir toutes les dix pages. Oh et puis c’est écrit par Colin, donc voilà quoi. Et puis il y a des vilains pas beaux, des gentils pas beaux aussi et des princesses en danger. Des coups-bas, des renversements de situation inattendus, des plans diaboliques préparés à l’avance et d’autres lancés sous des impulsions subites et inattendues. Croyez-moi, on ne s’ennuie pas un instant en lisant ce livre, et peut-être même que je me lancerai un de ces quatre dans les autres tomes. Tout ça donc pour dire qu’Elric c’est bon, mangez-en !
Elric, les buveurs d’âmes, Fabrice Colin, Michael Moorcock, éditions Fleuve Noir, 2011
Cette lecture a été réalisée en partenariat avec les éditions Fleuve Noir.




