
« Je restais silencieuse pendant tout le chemin du retour,ruminant ma haine des vampires. Ces vampires sans-gêne,briseurs de coeurs,agitateurs d’hormones et mordeurs de cous »
J’avoue que l’ une des raisons qui m’a motivée pour me plonger dans cette lecture est le titre quelque peu aguicheur qui a réveillé mon côté midinette ;). Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais en même temps, j’en avais lu quelques critiques positives, donc bah je me suis lancée…
La première bonne surprise est le style pas trop lourdingue de Beth Fantaskey. J’avais réellement peur de me payer pendant 400 pages une réplique de Bella et son Edward et ses « c’est le plus beau, le plus fort, et d’abord ses cheveux sont magnifiques et surtout c’est un vampire » . Non là c’est plutôt l’effet inverse qui se passe : oui Lucius Vladescu est un vampire, oui, il est beau, ténébreux, fort et tout le pack qui va avec, mais voilà Jessica n’en a un peu rien à faire. Elle, elle a d’autres projets que de se faire courtiser par un vampire, prince de surcroit. En plus le beau gosse vient la voir pour lui annoncer qu’elle est elle aussi une princesse vampire et qu’ils sont fiancés depuis leur plus jeune âge afin de garantir la paix entre leurs deux familles.
La première partie du livre se déroule donc sous forme de cache-cache, tentatives maladroites de Lucius pour se faire accepter par sa promise, sur fond de railleries et d’ironies, le dit-vampire ayant un certain sens de la répartie on ne peut plus appréciable. Bon, ne vous attendez pas à ce que l’auteure ait respecté les moindres codes vampiriques, mais au moins Lucius ne brille pas de mille feux dés que le soleil se lève. D’ailleurs il y a une scène que j’ai particulièrement aimé, c’est celle où Lucius et Jessica discutent des caractéristiques des vampires. Evidemment la choupette se pose des questions, vu qu’aux dernières nouvelles elle serait l’héritière d’une longue lignée de buveurs de sang : « Et pour les miroirs [...] ? » Lucius : « Tu es bien inscrite au cours de physique au lycée, non ? Tu ne connais pas le principe de réflectivité ? » [...] Jessica : « Bon, récapitulons. Vous ne pouvez pas vous transformer en chauve-souris, vous ne vous désintégrez pas sous les rayons du soleil, et vous voyez votre reflet dans les miroirs. Alors que font les vampires de spécial ? [...] Lucius : « Qu’est-ce qu’il y aurait de merveilleux à se désintégrer au soleil ? Ou à ne pas pouvoir se regarder dans une glace ? ».
Le ton du livre change totalement de tournure dans sa deuxième moitié : Lucius réalise qu’il a été manipulé depuis le début par Vasile, l’ un des aïeux de sa famille qui n’a pour autre but de se débarrasser de la jeune princesse une fois le mariage célébré. Notre Dracula en culotte-courte va donc arrêter d’ harceler et révéler son côté sombre, délaissant Jessica, qui bien entendu, maintenant qu’il ne s’occupe plus d’elle se rend compte qu’elle est terriblement amoureuse de son beau ténébreux, typique quoi ;)
Les réels sentiments du jeune Vladescu nous sont transmis à travers les missives qu’il envoie à Virgile tout au long du roman, du coup il y a parfois un décalage entre ce que le jeune vampire montre et se qu’il pense réellement. Jessica, quant à elle, découvre peu à peu sa nature vampire à travers un livre que lui a offert son fiancé « Le guide pratique des relations,de la santé et des sentiments à l’intention des jeunes vampires » . Bref, des trouvailles qui rendent la lecture de ce livre sympathique, moi en tous cas je l’ai lu d’une traite ;)
Comment se débarrasser d’un vampire amoureux, Beth Fantaskey, éditions du Masque (Msk), 2009



