Les chroniques d’Oakwood, Dans l’ombre de la Demoiselle

Il se passe d’étranges phénomènes dans la petite communauté d’Oakwood. Il paraît que le Diable a élu domicile dans la ville et que ses servantes ensorcellent les habitants. Les prêtres se succèdent, envoient au bûcher coupables et innocents, mais nul ne semble être capable d’ éradiquer le Mal. Lorsque la nuit tombe, les créatures des ténèbres arpentent librement les rues de la ville et les sentiers du cimetière, lieu de désolation où les âmes condamnées errent sans fin. Pourtant, les apparences peuvent être trompeuses et le Mal ne se cache pas forcement là où on le pense.

J’avais découvert l’univers d’Oakwood il y a quelques années avec la Demoiselle d’Oakwood, nouvelle présente dans l’anthologie Sorcières et Sortilèges. Cette nouvelle, nous la retrouvons dans le présent recueil avec huit autres. Leur point commun ? Toutes abordent le fléau d’Oakwood, la sorcellerie.

Les neuf nouvelles se succèdent sans chronologie (1590, 1597, 1608, 1607, 1608, 1620,1607, 1609, 1624), mais conservent le même contexte. A travers ces neuf « extraits de vie » de la ville d’Oakwood, nous découvrons le quotidien des habitants et d’une mystérieuse jeune femme en particulier, la demoiselle d’Oakwood. Gamine martyrisée par son père, elle se découvre sorcière. Obligée de se cacher, elle aide les âmes damnées par l’église à trouver la paix grâce à son don. Loin d’être présentées comme des créatures diaboliques, les sorcières de Marianne Stern sont des femmes incomprises et redoutées. Dans un monde puritain où la différence est pointée du doigt et punie, elles sont la cause de tous les maux, de toutes les souffrances. Il en résulte des punitions et des morts injustes. Jalousie  ou vengeance sont très souvent les seules responsable de la mort d’une innocente sur le bûcher : dans les nouvelles de ce recueil, l’être le plus condamnable est celui qui se cache derrière la croix et se dit détenteur de la parole divine.

L’écriture de Marianne Stern est très visuelle. On imagine sans grand mal les chemins tortueux du cimetière, l’arbre aux pendus ou les bordures du lac où trouvent refuge les âmes déchues. J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de ce roman, à la fois sombre et mystérieuse. On prend plaisir à chercher les liens entre les nouvelles (lieu, personnages) et à découvrir la communauté Oakwood. Si vous aimez les histoires de sorcières sortant un peu des sentiers battus, n’hésitez pas. Les chroniques d’Oakwood, Dans l’ombre de la Demoiselle est un très bon recueil.

Les chroniques d’Oakwood, Dans l’ombre de la Demoiselle, Marianne Stern, éditions du Chat Noir, 2013

7/24

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À propos de Laure

Passionnée par la Faërie et les légendes. Adepte des littératures de l'imaginaire.

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