Bal de givre à New York

Une jeune fille revient à elle. Allongée au milieu de la route, elle vient de se faire renverser par une blanche limousine. Gros soucis, elle ne se souvient de rien, ou presque. Heureusement Wynter, le riche et beau héritier du coin et là pour la secourir et Anna se retrouve invité au grandiose bal de givre, la fête où tout le monde veut aller mais ne le peut point, parce qu’il faut montrer patte blanche à l’entrée.

Bal de givre à New York commence comme une banale histoire d’amour très romantique: il est beau, elle est belle, ils sont riches, ils tombent amoureux, et tout et tout. Ça se passe dans une ville de New York enneigée, un New York City moderne et vieux à la fois où des tours de verre jaillissent vers le ciel, où tout n’est que transparence et lumière, où la pluie joue de la musique lorsqu’elle tombe et où la beauté des paysages sous la poudreuse plonge le lecteur dans une douce torpeur poétique et romanesque. On se laisse charmer, emporter par la valse, c’est un conte de fée que vit la jeune  Anna Claramond.

A trop écouter les murmures de Cupidon, Anna en oublie que la neige c’est beau, mais que c’est froid également, et le froid ça peut être douloureux, et très dangereux aussi. Le rêve éveillé tourne au cauchemar, et le prince charmant ne semble pas être si charmant que ça finalement. Et puis, il y a le Masque, créature mystérieuse dont personne ne connaît le visage, être camouflé qui enlève certains habitants de la Grosse Pomme dont on ne retrouve plus jamais trace. Et évidement il semble particulièrement intéressé par Miss Claramond.

Fabrice Colin signe ici un roman palpitant débutant dans une douce légèreté floconneuse et plongeant peu à peu le lecteur dans une ambiance dure et malsaine où ce qui semble être la vérité n’est que tromperie, mensonge et manipulation. Ici, tous les personnages avancent masqué et il n’y a finalement que le Masque qui se montre toujours sous son véritable jour. Anna est une héroïne perdue, hésitante quant-aux décisions à prendre et surtout terriblement solitaire. Elle ignore ce que sont devenus ses parents, se rappelle à peine leurs visages, et c’est également dans une course aux souvenirs qu’est lancé le lecteur à ses côtés.

Fabrice Colin nous transporte une fois de plus dans un récit prenant, un livre que l’on dévore d’une traite, incapable de le poser avant d’avoir lu le dernier mot. Bal de givre à New York est une chevauchée effrénée au coeur de l’hiver, une saison belle et enivrante, mais nous emportant également dans un tourbillon glacial qui peut s’avérer mortel si on n’y prend pas garde.

Bal de givre à New York, Fabrice Colin, éditions Albin Michel (Wiz), à paraître le 5 janvier 2011

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À propos de Laure

Passionnée par la Faërie et les légendes. Adepte des littératures de l'imaginaire.

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18 réponses à Bal de givre à New York

  1. j’ai découvert Colin avec « La vie extraordinaire… » que j’ai a-do-ré!!
    j’ai très envie de découvrir d’autres de ses titres, et notamment celui là!! :D

  2. Oh la chance de l’avoir lu en avant première ! je n’en avais pas entendu parler mais il me tente beaucoup, en plus la couverture est magnifique !

  3. L’ambiance a l’air super sympa. J’aime bien la plume de Colin jusqu’ici, j’aimerais pouvoir mieux découvrir ses oeuvres jeunesse :)

  4. Ping : Bilan, bilan, vous avez dit bilan ? | De l'autre côté du miroir

  5. J’avais déjà très envie de lire ce livre et ce commentaire finit de me convaincre. Je vais me laisser tenté.

  6. Jolie chronique ^^
    Je viens juste de l’achever pour ma part, j’ai été surtout transportée par la plume très poétique de Colin, décidément cet auteur me séduit de plus en plus :)

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