Aristide broie du noir

Aristide est un petit garçon bien étrange : ses fréquentes insomnies lui donnent un teint livide, l’oeil hagard et l’air absent, et c’est sans parler de sa plus-que certaine névrose, de ses rides et de ses quelques cheveux blancs, tout cela alors qu’il a à peine dix ans ! A l’ école, c’est un brillant élève, qui surpasse même la maîtresse, aussi n’est-il pas aimé de celle-ci et n’a-t-il aucun petit camarade de jeux.
Mais le véritable cauchemar commence pour Aristide à la nuit tombée. Là, une fois dans son lit, seul. Là, les ombres se réunissent, elles l’encerclent, le menacent, dangereuses créatures fulminant dans l’obscurité, se cachant le jour pour mieux l’attaquer la nuit. Résultat, Aristide il ne dort pas, il ne ferme pas l’oeil, jamais, nada.
Un jour toutefois, l’enfant en a assez de cette fatalité: il conçoit une machine, un artifice capable de broyer les ombres !
Séverine Gauthier signe une histoire très originale où un petit garçon est prêt à tout pour vaincre sa plus terrible peur, celle du noir. Les pensées, les émotions d’ Aristide nous sont transmises par un narrateur, spectateur invisible des mésaventures de l’enfant. Il en ressort un récit dynamique, qui se lit vite et avec beaucoup de plaisirs.
Les illustrations sont elles signées du pinceau de Jérémie Almanza. J’ai découvert le travail de Jérémie dans le magnifique Eco édité par Soleil dans la collection Métamorphose. Sorti un an avant Eco, Aristide n’a rien à envier à sa petite soeur: le graphisme, les couleurs sont magnifiques, elles nous plongent dans un doux onirisme aux tons verdâtres et violacés.
Aristide broie du noir est un très beau conte nous démontrant que les choses les plus effrayantes ne sont pas forcément les plus dangereuses.

Aristide broie du noir, Séverine Gauthier, Jérémie Almanza, éditions Delcourt Jeunesse, 2008

Toutes les images ©Copyright Séverine Gauthier/ Jérémie Almanza/ éditions Delcourt Jeunesse

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À propos de Laure

Passionnée par la Faërie et les légendes. Adepte des littératures de l'imaginaire.

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6 réponses à Aristide broie du noir

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  2. Une de mes BD préférées. Je l’ai déjà offerte une ou deux fois. J’adore ce conte, super mignon et plein d’espoir malgré cette thématique sombre.

    (ça fait peur aux parents en librairie, quand on leur disait « c’est un petit garçon qui a peur du noir et… » « ah non non, je préfère pas, c’est un peureux » et même quand on expliquait comment c’était fait, on avait du mal à convaincre, tsss)

    J’ai découvert les deux auteurs avec ce titre et depuis j’ai lu Eco pour Jérémie et aussi Mon Arbre pour Séverine et j’ai aimé les deux :)

  3. je l’avais déjà chroniqué! j’ai trouvé cette BD fortement originale!!!

  4. J’aime cette histoire de l’invention d’une machine à broyer les ombres…

    Le graphisme évoque à la fois les cauchemars noir-et-blanc du bédéiste Foerster (auteur « Fluide Glacial ») avec ce côté onirique, si original et franchement « joli » du « Little Nemo in SlumberLand » de Winsor McKay…

    « … un très beau conte nous démontrant que les choses les plus effrayantes ne sont pas forcément les plus dangereuses.  »

    Euh, sans vouloir attirer trop l’attention sur mon propre conte, je crois que c’est tout à fait l’ « esprit » de mon « PanGea » (tout comme celui d’ « Au Jardin », que tu avais lu et apprécié, et présenté chez toi ici… encore merci !)

    Merci de cette découverte, Laure, et à très bientôt !

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