J’ai découvert l’écriture de Beth Fantaskey il y a quelques mois avec son excellent comment se débarrasser d’un vampire amoureux. Alchimie, du même auteur, à paraître début septembre dans la collection MsK des éditions du Masque est un roman de la même vaine, sauf que contrairement à son prédécesseur à longues dents, il n’est point question ici de vampire, mais de la noirceur et des dangers que peuvent receler une âme humaine.
Jill Jekel, c’est la jeune fille que personne ne remarque jamais. Excellente élève atteinte d’une grande timidité, c’est l’amie bouche-trou, celle dont on aime profiter et se moquer et qui ne dit jamais rien pour se défendre. Son chemin croise un jour de classe l’intrigant Tristan Hyde, élève studieux cachant un terrible secret. Et entre eux, ça fait mouche, après tout Jekel et Hyde ça vous rappelle également vaguement quelque chose, non?
Beth Fantaskey vogue sur la vague des amourettes adolescentes sur fond de surnaturel. Pourtant loin d’inspirer un air de déjà-vu, son histoire nous plonge dans une rencontre unique entre la littérature classique et une histoire d’amour moderne. L’auteure s’est en effet très fortement inspirée du célèbre Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson pour concocter son histoire, le présentant comme un roman basé sur une histoire réelle, et qui dit histoire réelle dit également personnages existant réellement. Nos jeunes héros, Jill et Tristan se retrouvent ainsi affublé d’ancêtres peu commodes, adeptes d’ expériences scientifiques terrifiantes et dangereuses ayant des répercussions sur la vie des deux adolescents. Le jeune Hyde a des pertes de mémoire de plus en plus récurrentes et ignore totalement ce que celui qu’il surnomme le monstre fait pendant ce temps. Quand à l’ héritière des Jekel, son père a été retrouvé assassiné dans des circonstances mystérieuses. La solution à ces nombreux mystères se trouve peut-être dans la boîte fermée à double tour se trouvant dans le bureau du père de Jill, une boîte qui contiendrait la formule secrète de la transformation du Dr. Jekyll en son alter ego maléfique, le monstrueux Mr Hyde. Formule, que nos jeunes tourtereaux vont évidemment tenter de reproduire lors d’un concours scientifique, sans se douter une seule seconde que la solution est parfois plus dangereuse que le problème.
L’écriture de Beth Fantaskey est toujours aussi sympathique à parcourir, on se laisse très facilement porter par le récit, même si certaines révélations se font sentir à un kilomètre à la ronde. J’ai trouvé intéressante l’idée de changement de narrateur: nous partageons ainsi tour à tour le point de vu de Jill et Tristan, ce qui rythme agréablement le récit et lui évite la monotonie. Même si j’ai beaucoup moins apprécié Alchimie que son prédécesseur comment se débarrasser d’un vampire amoureux, ce titre est néanmoins une belle découverte qui m’a donné envie de me replonger dans le classique de Stevenson.
Alchimie, Beth Fantaskey, éditions du Masque Msk, à paraître le 8 septembre 2010
Cette lecture a été réalisée en Partenariat avec les éditions Le Masque.




