Sous la ville de Lille se cache un monde insoupçonné. Créatures monstrueuses y pullulent, monstres nés des entrailles des ténèbres, les Daedalos. Certaines d’entre elles montent à la surface et s’attaquent aux êtres humains, semant la mort sur leur passage. Pourtant, les humains les ignorent, car ces êtres surnaturels restent invisibles à leurs yeux. Sont-ils pourtant totalement sans défense contre ce danger omniprésent ? Pas tout à fait. Certains d’entre eux sont doués de la Vue, on les appelle les Eveillés. Seul rempart contre l’espèce féerique, ils mènent une guerre millénaire prenant ses racines dans l’âge de fer.
Waouh ! Belle claque que Âmes de verre. Anthelme Hauchecorne nous offre un univers extrêmement riche, foisonnant de créatures issues des légendes celtiques et de la mythologie féerique. Toutefois, point de paillettes, ni de marraine la fée dans ce premier opus : nous pénétrons de plain-pied dans un macrocosme glauque et violent où la mort règne en maîtresse absolue.
Ce monde, nous le découvrons principalement à travers les yeux de deux Eveillés, deux humains qui ont reçu le don de la Vue, à leur grand désespoir : Camille est une jeune femme paumée. Recueillie par la Vigie, communauté d’Eveillés œuvrant pour la protection des humains, elle cherche à retrouver ce que les Daedalos lui ont volée, son enfant nouveau-né. Vincent est enseignant. Sa femme et sa fille ont été massacrées par les Daedalos. Dirigé par une vengeance aveuglante, il est prêt à tout pour retrouver et détruire le coupable, même pactiser avec l’ennemi. Le destin va évidemment réunir les deux anti-héros, lancés sur les traces d’une oeuvre musicale méphistophélique, le Requiem du Dehors.
Âmes de verre est également un voyage initiatique pour le lecteur : entre deux mésaventures de Camille et Vincent, le bibliophage avisé parcourt le Codex Metropolis, oeuvre majeure des Éveillés les plus érudits, les Pilliers. Fondateurs de la Vigie, ils promulguent conseils et mises en garde contre les Daedalos, ou les Streums comme certains les surnomment. Deux tendances se dégagent : celle des Intellos, Eveillés animés d’une curiosité insatiable face aux créatures surnaturelles et les Cogneurs, qui comme leur surnom l’indique, fonce dans le tas et pose les questions ensuite.
En lisant Âmes de verre, je me suis immergée dans un folklore riche et passionnant, proche de la mythologie celtique. Si vous avez aimé des romans comme Faërie de Feist ou Roi du matin, Reine du jour de McDonald, foncez !
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Âmes de verre, Anthelme Hauchecorne, éditions Midgard, 2013