Sur les traces de la Faërie française #1

Après une absence de plusieurs mois du net pour raisons personnelles, je me suis penchée sérieusement sur le devenir de De l’autre côté du miroir. Avais-je réellement envie de le reprendre ? Que m’apportait-il aujourd’hui ? Je me suis rendue compte que sept ans après sa création, le blog avait évolué, et pas forcément de la façon dont je le souhaitais. Il est devenu un fourre-tout de chroniques allant des littératures de l’imaginaire à la jeunesse en passant par la bande dessinée. Il est loin le temps où j’avais imaginé un espace de partages où les Belles Dames et le Petit Peuple auraient la part belle. Ils sont encore là bien sur, cachés entre les pages, mais bien moins présents qu’avant. Et c’est bien ça le problème. J’ai oublié en chemin mes vraies motivations et pourquoi j’avais créé De l’autre côté du miroir. Oui, je reprends le blog. Non, je ne vais pas l’abandonner, c’est mon bébé après tout. Mais je vais revenir à mes premiers amours et partager avec vous des romans qui m’ont réellement touchée, des images qui m’ont fait rêver et plus le dernier roman jeunesse à la mode. Parce que je veux que ce blog reflète réellement ce que je suis, je vais ressortir mes livres féeriques qui prennent la poussière et mes éditions de l’Oxymore qui dorment depuis bien trop longtemps sur mes étagères. N’attendez pas de chroniques régulières. On verra bien quand l’envie me prend.

Pour cette renaissance, j’ai eu envie de retourner sur les traces des artistes français et internationaux qui m’ont guidée vers les portes de l’Outre – Monde. Ceux qui m’ont fait rêver, m’émerveiller. Le nombre est conséquent et je continue à en découvrir tous les jours au grès de mes pérégrinations netsiennes.

Quand je pense Faërie française, beaucoup de noms me viennent à la bouche. Depuis 2007, j’en ai vu passer des créatures ailées, monstres gentils et autres êtres mythologiques. Je crois toutefois que l’une des premières personnes qui me vient en tête est Amandine Labarre. Je ne me rappelle plus très bien comment je suis tombée sur son univers. Je crois que j’ai croisé les Arcanes féeriques au grès de mes vagabondages.

La simplicité des illustrations d’Amandine parle directement au coeur. Pas de chichis, mais des traits simples et poétiques qui donnent vie à la nature et aux créatures naturelles et surnaturelles qui la peuplent.

Ses sites : http://amandinelabarre.blogspot.fr et http://amandine.labarre.free.fr

Ses livres :

Herbier féerique : Le Grand Grimoire des Plantes Magiques et Esprits des Bois (AK Editions,2004)
Arcanes féeriques avec Mathieu Gaborit (Tournon, 2005)
Précis de cuisine féerique (AK Editions, 2006)
Faery City avec Mathieu Gaborit (Tournon, 2007)
Féerie Art peindre le monde des fées (Fleurus, 2008)
Eglantine avec Nicolas Labarre (Carabas Jeunesse, 2009)
La forêt évanouie avec Nicolas Labarre (Carabas Jeunesse, 2010)

 

Un intérêt particulier pour les morts

L’histoire

Londres, 1864. Lizzie Martin accepte un emploi auprès d’une riche veuve dont la précédente dame de compagnie s’est enfuie avec un inconnu. Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvé dans le chantier de la gare St Pancras, Lizzie décide de mener sa propre enquête. Elle pourra compter sur l’aide d’un ami d’enfance devenu inspecteur, Benjamin Ross, pour découvrir la vérité sur la mort de cette femme… dont le sort semble étroitement lié au sien.

Un peu de blabla

Je n’aime généralement pas les romans policiers et ils ne m’attirent guère. Mais celui-ci a une jolie couverture et se situe à l’époque victorienne, raisons suffisantes pour l’attraper au passage dans la pile des nouveautés de la bibliothèque où je travaille. La trame est relativement simple : une jeune femme décide d’élucider un meurtre dans le Londres victorien.

La jeune femme en question, c’est Lizzie Martin, jeune campagnarde sans le sous depuis le décès de son père médecin. Celle-ci accepte l’offre d’emploi d’une riche parente éloignée et se retrouve pour la première fois de sa vie dans la capitale londonienne. Seulement, au pays des bonnes manières victoriennes, quelque chose de shocking est arrivé : la précédente gouvernante s’est entichée d’un inconnu et est partie le retrouver en secret quelques mois plus tôt. Evidemment, le jour de l’arrivée de Lizzie, le corps est retrouvé. La jeune femme, d’un naturel curieux, se lance sur les traces de celle qui l’a précédée comme gouvernante.

Lizzie Martin est une jeune femme loin de l’image de la parfaite lady victorienne : fille de médecin, elle se passionne pour les sciences. A 29 ans, elle est encore vieille fille, ce qui ne lui pose aucun problème. Elle a également un sens aigu de la répartie et un sens moral aiguisé, tous deux frôlant parfois l’impertinence . C’est un personnage attachant qui contribue grandement à l’intérêt de ce roman. Toutefois, elle est également douée pour se mettre dans des situations saugrenues courues d’avance, dont se perdre dans le brouillard londonien et tomber sur des hommes peu recommandables ou être prise pour cible par le tueur n’en sont que quelques exemples.

Je regrette le parti pris par Ann  Granger : pour mettre en lumière son héroïne, elle fait parfois passer les hommes de Scotland Yard pour des incapables. Cette étrange relation permet de tisser des liens entre la jeune femme et l’inspecteur Benjamin Ross, connaissance que la jeune femme avait croisé enfant. Gamin destiné à travailler dans les mines de charbon, il a été sauvé par le père de Lizzie qui lui a offert une éducation scolaire.

Un intérêt particulier pour les morts est un roman sympathique, sans être d’une grande originalité. J’ai aimé découvrir le Londres victorien à travers les yeux d’une jeune provinciale et parcourir les grands chantiers de l’époque. Un intérêt particulier pour les morts est le premier tome des séries Inspector Benjamin Ross et Lizzie Martin Mysteries (le titre de la série dépend des éditeurs) qui comptent à ce jour quatre tomes en vo.

Un intérêt particulier pour les morts, Ann  Granger, éditions 10/18 (Grands détectives), 2013

Lectures de Janvier 2/2

Un peu de blabla

Deuxième partie des lectures de janvier. Beaucoup de coups de coeur en bd ce mois-ci, comme the Arrival de Shaun Tan, le Temps des mitaines de Loïc Clément et Anne Montel ou les Ignorants d’Etienne Davodeau.

En janvier, 4142 pages auront été dévorées, dont 2161 pages de bds !

Côté albums

Une petite fille … à croquer de Christine Frasseto : Inspiré d’un conte libanais, cette histoire narre la rencontre entre Wardé et une terrible ogresse. L’enfant va devoir trouver moultes subterfuges pour ne pas devenir son casse-croûte. 

Attention au crocodile ! de Lisa Moroni : Une fillette et son papa partent en randonnée dans la forêt. Seulement, ils n’ont pas du tout la même vision de l’aventure ! Un album amusant aux superbes illustrations. 

L’arbre rouge de Shaun Tan : A travers une quinzaine d’illustrations, l’auteur-illustrateur dépeint les sentiments contradictoires qui accompagnent le mal-être. Magnifique ! 

Côté BDs

The arrival de Shaun Tan : Véritable ovni, cette bd/beau livre/roman graphique sans texte aux illustrations magnifiques en marron et blanc nous plonge dans le quotidien d’un immigrant nouvellement arrivé. Publié sous le titre Là où vont nos pères en France, elle a reçu le prix du meilleur album au Festival d’Angoulême 2008. Un énorme coup de coeur

Un drôle de père de Yumi Unita (tomes 1 à 5) : Un trentenaire célibataire prend sous son aile la fille cachée de son grand-père après la mort de celui-ci. Des situations cocasses, des bon sentiments. Une histoire adorable en 10 tomes. 

Wake up America 1940-1960 de John Lewis, Andrew Aydin et Nate Powell : La mise en image d’une période poignante de l’histoire américaine. Un rappel des difficiles conditions de vie des noirs américains au XXème siècle. Une lecture insdispensable.  

Sorcières sorcières de Joris Chamblain et Lucile Thibaudier (tome 1) : Une petite sorcière joue les détectives pour découvrir qui s’amuse à jeter des sorts sur la population. Un univers magique adorable, des personnages attachants. 

Le Soufflevent de Andoryss et Xavier Collette (tome 1) : Une lutte acharnée autour d’un objet révolutionnaire, des illustrations magnifiques, une ambiance steampunk. Je vous en parlerai plus longuement ;) 

Quatre soeurs de Cati Baur d’après Malika Ferdjoukh (tome 2) : Suite des aventures des quatre frangines Verdelaine, cette fois vue à travers les yeux de l’avant-dernière. Toujours aussi délicat et touchant. 

La propritété de Rutu Modan : Une grand-mère juive et sa petite fille se rendent à Varsovie à la recherche d’une propriété familiale spoliée pendant la seconde guerre mondiale. Un secret de famille, une histoire d’amour inavouée. Cette bd a reçu le prix spécial du Jury 2014 à Angoulême. 

Nocturno de Tony Sandoval (tomes 1 et 2) : J’aime beaucoup l’univers de Tony Sandoval, mais je n’ai pas trop accroché à cette bd. Étrange, déroutante, nous y suivons la quête de Seck, orphelin parti sur les traces du fantôme de son père.  

Le temps des mitaines de Loïc Clément et Anne Montel : Après Shä et Salomé, le duo Clément-Montel revient avec une bd jeunesse absolument adorable ! Des enfants disparaissent dans la petite communauté de Mitaines. Arthur et ses amis décident de mener l’enquête. 

Les ignorants d’ Etienne Davodeau : Un auteur de bd dans les vignes et un vigneron dans l’univers de la bd. Les Ignorants, c’est la découverte de deux univers à première vue très différents. C’est un partage d’expériences entre deux ignorants. Une très belle aventure par l’auteur de Lulu femme nue

Les 100, tome 1

L’histoire

Depuis qu’une guerre nucléaire a ravagé la planète, l’humanité s’est réfugiée dans des stations spatiales en orbite à des milliers de kilomètres de sa surface radioactive. Aujourd’hui, cent jeunes criminels sont envoyés en mission périlleuse : recoloniser la Terre. Cela peut leur donner une chance de repartir de zéro… ou de mourir dès leur arrivée.

Clarke a été arrêtée pour trahison, mais son véritable crime continue de la hanter au quotidien. Wells, le fils du Chancelier, est venu sur Terre pour ne pas être séparé d’elle, cette fille qu’il aime plus que tout. Mais saura-t-elle un jour pardonner son parjure aux conséquences fatales ? Bellamy, au tempérament de feu, a tout risqué pour rejoindre Octavia à bord de la navette : tous deux sont les seuls frères et sœurs que compte encore le genre humain. Glass, elle, a accompli la manœuvre inverse et est parvenue à rester à bord de la station. Elle va vite comprendre que les dangers qui la guettent sont au moins aussi nombreux que sur Terre.

Face à un monde hostile ou chacun reste rongé par la culpabilité, les 100 vont devoir se battre pour survivre. Ils n’ont rien de héros, et pourtant, ils pourraient bien être le dernier espoir de l’humanité.

Un peu de blabla

Page turner à quatre voix, les 100 propulse le lecteur dans un futur post-apocalyptique où l’humanité a pratiquement disparue. Réfugiée sur une station spatiale depuis des siècles, celle-ci n’a aucune idée de se qui se trame sur Terre. La solution ? Envoyer une centaine d’ados en excursion sur la terre ferme. Et qui mieux que les jeunes criminels pour remplir cette tâche ?

La narration se partage entre quatre voix et deux mondes : trois ados envoyés sur Terre à la découverte de la planète inhospitalière et une jeune fille qui a réussi à s’échapper et à rester à l’intérieur de la station spatiale. Ainsi, le lecteur appréhende les événements dans leur globalité : la Terre se révèle être un lieu moins hostile que prévu et la station spatiale un piège mortel pour certains de ses habitants.

Tandis que dans l’espace, les denrées essentielles se font rares et que des mesures drastiques doivent être prises, sur Terre les adolescents doivent apprendre à se débrouiller par eux-même. Tandis que certains souhaitent mettre en place un semblant de gouvernement, d’autres préfèrent écouter la raison du plus fort à l’instar des adolescents de Sa majesté des mouches. Pour ces jeunes ayant toujours connu la sécurité de la station, la Terre se révèle un lieu à la fois merveilleux et terrifiant où tout est permis, même tuer son prochain pour une broutille.

Comme dans la grande majorité des romans R, la romance tient une place importante dans le récit. Dans les 100, se sont deux histoires d’amour qui se croisent, l’une prenant place sur Terre, et l’autre dans l’espace. Toutefois, mensonges, manipulations et remords sont au cœur de celles-ci. Ces sentiments contradictoires permettent de découvrir le passé des personnages et ce qui a mené à leur incarcération et leur envoi sur Terre.

Ce premier tome sert à mettre en place l’intrigue et à nous présenter les protagonistes. Sympathique dans l’ensemble, il donne envie de poursuivre l’aventure aux côtés des 100. La série télévisée inspirée du livre sera diffusée à partir du 19 mars aux Etats-Unis. Je pense que je vais me laisser tenter.

Les 100, tome 1, Kass Morgan, éditions Robert Laffont (R), 2014

La maîtresse de guerre

L’histoire

Fille de maître d’armes, Kaelyn rêve de reprendre le flambeau paternel, tandis que les autres filles de son âge rêvent d’un beau mariage. Elle a le talent, l’instinct, la volonté. Mais cela ne suffit pas : c’est un monde dur, un monde d’hommes, où la place d’une femme est auprès de son mari, de ses enfants, de ses casseroles. Il va falloir lutter. Alors elle s’engage dans la grande armée qui recrute des volontaires pour aller se battre au bout du monde. Des milliers de soldats partis « libérer » le lointain sultanat d’Azman, plaque tournante de l’esclavage, terre barbare où règnent les cannibales. Dans la violence de la guerre, elle veut acquérir seule ce que personne n’a voulu lui enseigner. Mais le grand sud, plongé dans le chaos de l’invasion, va bouleverser son destin bien au-delà de ses attentes…

Un peu de blabla

Après l’extraordinaire Puits des Mémoires, j’attendais avec impatience de découvrir le nouveau roman de Gabriel Katz. Celui-ci prend place dans un univers semblable à celui de la trilogie, nous plongeant dans une contrée dévastée par la guerre. Deux camps s’affrontent : les vilains méchants barbares cannibales du Sultanat d’Azman et les gentils libérateurs. Kaelyn, forte et courageuse jeune femme rêve de prouver sa valeur. Elle rejoint donc le camp des gentils. Manque de chance, elle est faite prisonnière dès sa première mission. Loin du monde sauvage et cruel qu’elle s’était imaginée, la jeune femme découvre une cité puissante aux coutumes ancestrales.

La guerre est la véritable héroïne de ce roman : celle-ci est omniprésente, tant dans le background que dans les sentiments des personnages : conflit entre deux mondes, querelle entre un homme et une femme. Gabriel Katz décrit très peu le terrain de bataille, plongeant le lecteur dans l’univers des stratèges, tant du côté des conquérants que dans celui des oppressés. En découvrant le Sultanat d’Azman à travers les yeux de l’héroïne, nous découvrons un pays loin du monde décrit par les « sauveurs ». Les motivations de ceux-ci nous apparaissent rapidement comme totalement absurdes, tant leurs réactions sont proches de celles des « barbares » qu’ils souhaitent à tout prix détruire.

Avec le puits des mémoires, nous suivions un trio en quête d’identité. Ici, Gabriel Katz prend le parti d’adopter le point de vu d’une héroïne en quête de reconnaissance dans une société dirigée par des hommes. Kaelyn est une jeune femme intrépide qui rêve de maîtriser l’art de la guerre. Sous-estimée par beaucoup à cause de son sexe, elle est prête à beaucoup de sacrifices pour montrer ses capacités. Hadrian, le maître de guerre qui l’a asservie est un homme froid, manipulateur et mystérieux. Ses motivations sont parfois impossible à cerner, ce qui en fait un personnage trouble et intéressant.

La maîtresse de guerre est un roman prenant aux personnages travaillés, tant principaux que secondaires. Malheureusement moins aboutie et originale que la trilogie précédente, l’intrigue de ce one shot reste simple et sans réelle surprise. Ce livre est toutefois un très bon roman de fantasy qui nous fait passer un bon moment.

La maîtresse de guerre, Gabriel Katz, éditions Scrinéo, 2014

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